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Course inshore | Marseille

Snim 2021 : Logel, Rivas, Bordes-Laridan, Mazoyer, Merlier, Perdoux & Grospogeat, et Fettig vainqueurs

lundi 1er novembre 2021Redaction SSS [Source RP]

Il est écrit qu’une Snim sans mistral n’est pas tout à fait une Snim ! Après trois jours sous l’influence d’un courant d’Est soutenu, l’ultime journée de régate au large de Marseille a confirmé l’adage, offrant un final musclé pour cette magnifique 55e édition, disputée lors du long week-end de Toussaint.

Les matinées s’enchainent avec bonheur sous la grande tente de la Société Nautique de Marseille aussi bondée qu’un bus aux heures de pointe. Lors du briefing de 9 heures 30, Corinne Aubert puis Philippe Faure, respectivement à la tête des deux comités de course, distillent brièvement le menu de la journée sous une pluie battante. Seule différence avec les jours précédents : le vent est déjà orienté au Nord dans le vieux port, et devrait chasser les nuages chargés d’eau, avant que le mistral ne se mette en route, aussi subitement que violemment. Les équipages vont pouvoir prolonger le petit déjeuner et refaire le monde de la voile, la direction de course annonçant sagement un retard à terre, avant que le « ventilateur » ne sorte de sa torpeur en ce jour de Toussaint. Puis Antoine Henry, météorologue belge de l’épreuve confirme ce que toutes et tous savent déjà, pour avoir fait « chauffer » dès le saut du lit leurs applications météo via les modèles de prévision Gfs, Arôme, Icon, Nems ou encore Ecmwf. Du creusement et du déplacement de la fameuse dépression sur le golfe de Gênes, et donc du gradient de pression, vont dépendre la force et la direction du vent. Sur un ton très professoral, « Monsieur météo » déroule son bulletin, avant d’être applaudi par les marins.

Les Minots de la Nautique impériaux !

A onze heures, le ciel se déchire par le Nord, et les sept flottes larguent les amarres. A midi pile, en rade Nord et Sud, les départs sont donnés : Parcours construits pour les IRC en rade Nord et les Grand Surprise en rade Sud, côtier de 16 milles pour les Duos et Solos (Vesse, Canoubier, Sourdaras, îles du Frioul, Tiboulen, château d’If…). Le vent grimpe à 25 nœuds et plus, outre des rafales à 35 nœuds. Les figures libres sont au programme. Les figures libres sont au programme. Impressionnant, le jeune équipage « maison » des Minots de la Nautique - 19 ans de moyenne d’âge – mené par Victor Bordes, remporte les deux manches du jour dans un mistral à près de 30 nœuds ayant lavé le ciel en deux temps trois mouvements, et s’impose en IRC 3 en remportant quatre manches sur quatre. Dire que ces « gamins » n’étaient pas nés quand Yves Ginoux (second), a gagné sa première Snim, et qu’il disputait ici sa 40e, dont 10 victorieuses !

Des comités de course réactifs !

Loïc Fournier-Foch est Breton, mais installé à Marseille depuis longtemps. Le mistral donc, il connaît. Il est à la tête de la société Team Winds qui loue depuis vingt ans des Grand Surprise notamment à La Trinité-Sur-Mer et Marseille. Lors de séminaires ou régates, impossibles de manquer ces monotypes aux noms de scène - Arlequin, Tigresse, Vieux farceur, Canaille, Va nu pieds ou Escogriffe… - et leurs spis jaune citron. Régatier réputé, il dispute forcément la Snim avec une bande de copains et la famille Fournier-Foch... et pas que pour participer. « Il y avait du niveau et on s’est bien amusé. Il y avait cette année des équipages qui d’habitude courent en IRC, mais pour X raisons sont venus en Grand Surprise. On a eu de très belles courses grâce à un comité de course vraiment réactif par rapport aux conditions météo. Et puis après le Covid où l’on n’a pu exercer notre métier qui est de louer des bateaux de course, disputer la Snim n’est que du bonheur. Les gens sont heureux de renaviguer. Tout le monde a la banane. Et puis il y a quelque chose qui vraiment est positif, c’est de voir qu’il y a de plus en plus de femmes à venir régater. Nous, on croit beaucoup à cet essor, et d’ailleurs dans la règle de classe des Grand Surprise, on a incité à former des équipages mixtes. La règle est de naviguer à sept, mais si il y a un équipage mixte, ils peuvent être huit – quatre filles et quatre garçons ! » Justement, Flavia Faggiana régate aussi en Grand Surprise. « J’ai l’impression que c’était un peu le début des vacances cette Snim. Je travaille dans la voile, et comme on a eu une grosse saison depuis la fin du confinement, c’était vraiment génial de retrouver les copines et les copains autour des bouées… » Dans cette catégorie, Confluence Arlequin mené par Thomas Fettig, l’emporte après une dernière manche d’anthologie, et un superbe mano a mano avec la famille Pailloux. « C’est ma 15e Snim et ma première victoire, sur un bateau que je ne connaissais quasiment pas, notre GP 42 étant actuellement en chantier suite à une avarie » explique son skipper, licencié à la SNM comme tout son équipage.

Une organisation Organisation #organisation aux petits oignons

On a tendance à oublier que pour quatre jours de compétition, c’est six mois de préparation en amont, près de quarante bénévoles sur l’eau et vingt à terre. Du côté de l’organisation Organisation #organisation , on reconnaît que cette année a été très particulière et pas forcément simple - à l’image de la météo ce week-end - mais pour tous, le plus important, c’est que les équipages puissent être heureux d’être à la Snim et prendre du plaisir à régater. Henri Escojido, le président de la Société Nautique de Marseille, dresse le bilan de cette 55e édition « Malgré la date tardive dans la saison et des conditions météo diverses, nous avons eu un plateau technique de haut vol, des bénévoles toujours aussi efficaces, des régates spectaculaires avec des équipages aguerris dans ces conditions, et peu de casse. On ne peut que se féliciter d’avoir pu rassembler 80 bateaux d’un tel niveau, et conserver et l’esprit et le prestige de la Snim. Rendez-vous dans six mois pour la 56e édition du vendredi 15 au 18 avril 2022 ! »

Enfin, licencié à la Société Nautique de Marseille, Pierre Quiroga, le grand vainqueur de la Solitaire du Figaro Solitaire du Figaro #LaSolitaire en septembre dernier, n’a pas hésité à venir à Marseille – il va prendre le départ de la 15e Transat Jacques Vabre Transat Jacques Vabre #TJV2015 le 7 novembre au Havre en Class 40 sur Endered avec Emmanuel Le Roch – pour la remise des prix. « Je suis à la maison, fier d’être dans mon club, et en plus j’adore ce lieu mythique. La Snim c’est la course de Méditerranée ! C’est celle qu’on a envie de gagner quand on fait de l’IRC. Je ne l’ai fait qu’une ou deux fois avec Jean-Paul Mouren, et j’espère bien venir la refaire l’an prochain, car ces dernières années ce n’était pas très compatible avec mon programme en Figaro. »

Classement général final (sous réserve de réclamations)

  • IRC 0 à 1 :
  • 1er : Arobas/IRC 52 (Gérard Logel), 2e : Tonnerre de Glenn/Ker 46 (Dominique Tian)… 3e : Jaconda 3/Matt 11,80 (Marc Rouanne)…
  • IRC 2 :
  • 1er : Sloughi/First 40 (Paul Rivas), 2e : Adrénaline/Sydney 46 (Michel Gendron), 3e : Vito 2/A 40 RC (Gian Marco Malingri)…
  • IRC 3 :
  • 1er : Les Minots de la Nautique/A 35 (Victor Bordes-Laridan), 2e : Absolutely II/Farr 36 (Yves Ginoux), 3e : Checkmate/Matt 1070 (Jean-Yves Le Gall)…
  • IRC 4 :
  • 1er : Rostanbar 2/JPK 10.10 (Philippe Mazoyer), 2e : Raging Bee/JPK 10.10 (Jean-Luc Hamon), 3e : Blue 007/JPK 10.10 (Dominique d’Andrimont)…
  • Solos :
  • 1er : Télémaque 3/JPK 10.30 (Eric Merlier), 2e : Waili/JPK 10.30 (Richard Delpeut), 3e : Figolo/JPK 10.30 (Michel de Bressy)…
  • Duos :
  • 1er : Ilogan/JPK 10.10 (Pierre Perdoux et Pierre Grospogeat), 2e : Télémaque 2/JPK 10.10 (Sébastien Henry et Maxime Sorel), 3e : Romarin/A 31 (Antoine Bommier et Jean-Philippe Bommier)…
  • Grand Surprise :
  • 1er : Confluence-Arlequin (Thomas Fettig), 2e : Techsud-Tigresse (Marc Avazeri), 3e : Team Winds-Vieux farceur (Loïc Fournier-Foch)…

- Communiqué Maguelonne Turcat / www.lanautique.com



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