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Du grand large à la plage : Toute l’actualité des sports de glisse depuis 2000

TROPHEE JULES VERNE

Orange à 1000 milles de la Bretagne

vendredi 3 mai 2002

" Cela fait du bien quand même de voir le GPS avec trois chiffres maintenant... " lâche Sébastien Josse à la vacation du jour. 960 milles à 8 heures ce matin et cap au 62 soit au nord-est : ça fleure bon la Bretagne ! Le coup de barre vers la maison a été donné hier soir vers 18 heures et l’anticyclone des Açores est maintenant contourné, oublié. Mais l’Atlantique n’a pas dit son dernier mot et l’arrivée sur la ligne imaginaire entre le phare du Créac’h (Ouessant) et le cap Lizard (GB) ne sera pas si rapide que prévue : " Si tout est assez clair jusqu’à samedi soir, les modèles météo font apparaître un possible blocage à 80 milles de l’arrivée... " déclare Bruno Peyron. Le comble ! L’Atlantique n’a donc pas dit son dernier mot et il ne libérerait le géant Marseillais que dimanche midi ou dans la soirée.

L’Atlantique n’en finit pas de glisser ses derniers petits croche-pieds. Et après celui venant hier de derrière, voilà qu’un autre pointe devant.. Pas facile de glisser ces étraves là-dedans ! Car s’il y a quelques jours les modèles météo voyaient un maxi-catamaran Orange surfant sur les dépressions de l’Atlantique Nord et déboulant à pleine vitesse Vitesse #speedsailing sur Ouessant, il n’en est plus rien aujourd’hui. En clair, si le géant Marseillais va profiter pendant les prochaines heures d’un vent portant bien appuyé, il va se heurter à quelques heures de la ligne droite finale à un manque cruel d’air. " Les modèles météo font apparaître un possible blocage à 80 milles de l’arrivée... lâche Bruno ce midi. De ce fait, nous ne savons pas si nous arriverons dimanche midi ou soir. A 80 milles prés, on ne sait pas ! ".

Incroyable mais vrai : alors qu’actuellement le bateau glisse entre 23 et 28 noeuds sous grand voile haute et gennaker médium et qu’il avale les milles avec un appétit digne du Grand Sud (soit plus de 500 milles ces dernières 24 heures 24 heures Record de distance parcourue sur 24 heures  !), le géant devrait se faire scotcher à moins de 200 kilomètres de la " ligne délivrance ". Une délivrance qui n’en est pas vraiment une puisque chacun à bord suit un quotidien établi depuis maintenant deux mois. " Notre rythme de vie reste très régulier, souffle Bruno. Il n’y a aucune hâte, aucune espèce d’impatience. Tout le monde reste très concentré et il y a en même temps comme une espèce de détachement. On peut voir comme un mélange de sérénité et d’envie d’arriver ". Et si les dernières heures et les dernières nuits sont pour aujourd’hui et demain, le mât " épée de Damoclés " reste bien présent dans tous les esprits : " Je touche du bois lâche Gilles Chiorri, mais à la vue de ce qui nous attend, je ne pense pas qu’on devrait pas avoir de problème avec cette rotule endommagée ! ".

Ils ont dit :

Bruno Peyron : " Nous sommes avant tout citoyen et ne l’oublions pas. En tant que marins, amoureux de la nature et de la liberté, on ne peut qu’ajouter un peu de force à ceux qui étaient dans la rue ces derniers jours... D’ailleurs nous faisons tout notre possible pour être à Brest Brest #brest dimanche et pouvoir ainsi aller voter ! ".

Jean-Baptiste Epron : " Ce que j’ai vécu ? C’est comme si j’étais dans la plus grande épicerie fine avec tout ce qu’il faut dans les rayons. J’ai vu toutes les beautés de la mer. Nous avons vécu toutes les saisons, vu tous les océans en très peu de temps finalement ! "

Pierrick Garenne / Mer & Média



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