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Du grand large à la plage : Toute l’actualité des sports de glisse depuis 2000

TROPHEE JULES VERNE

Le XIII d’Orange entre en scène pour le dernier acte

lundi 29 avril 2002

Condescendant, l’anticyclone se déplace vers la Mauritanie au passage du maxi catamaran Orange, ouvrant la route des Açores aux hommes de Peyron. Les alizés qui soufflent depuis Madère et les Canaries ont forci cette nuit et le skipper Marseillais a une nouvelle fois dû composer avec une mer de face. Orange ouvre à présent ses voiles et sur une route encore un peu trop orientée au Nord Ouest, reprend de la vitesse Vitesse #speedsailing . Peyron remonte, vite, et avec chaque mille gagné dans le nord, commence à arrondir sa route. Cap plein nord pour aujourd’hui et une partie de la journée de demain, avec probablement un léger ralentissement à l’approche du centre des masses de haute pression. Dans le Sud Ouest des Açores mercredi ou jeudi, Orange repartira au portant et bâbord amure vers les trains de dépression qui desservent à répétition... les côtes de Bretagne !

Prudent et mesuré comme à l’accoutumé, Bruno Peyron reconnaît toutefois deux gros motifs de satisfaction : la situation météo tout d’abord, avec ce passage cette nuit des vents de Nord Est à l’Est, fraîchissant plus qu’espéré, et qui propulsent le géant sous grand voile arrisée et trinquette droit sur l’archipel des Açores. " Nous maintenons un léger cap au Nord Ouest " explique Bruno car le bateau tape dans la mer de face. Mais les vagues semblent s’allonger en s’aplatissant et nous allons petit à petit orienter nos étraves cap au Nord. " Seconde raison à un optimisme retrouvé, la fameuse réparation en pied de mât bien sûr ; l’extraordinaire cataplasme de carbone confectionné par Yves le Blévec rassure par sa solidité. " Mais depuis que Ronan (le Goff) a pu réparer le système de graissage, la boule ne frotte plus directement sur la coquille de pied de mât, et les frictions causes de la fissure ont pratiquement disparues " renchérit Peyron. La prudence reste cependant de rigueur, et chaque quart consacre un peu de sa vigilance à l’écoute et l’observation de la (trop) fameuse boule. Le contournement de l’anticyclone se révèle donc moins pénalisant que prévu, et Orange, en fonçant plein nord vers les Açores raccourcit encore la route suivie en 97 par Olivier de Kersauson. La bordure nord des hautes pressions annonce, avec la rotation au Sud Ouest, une jolie séance de portant : " Il nous faudra tirer des bords de vent arrière " semble déplorer Gilles Chiorri, navigateur cartésien amateur de trajectoires rectilignes. " Mais les dépressions d’Atlantique Nord sont bien présentes. Elles nous porteront jusqu’à la ligne d’arrivée. " Dans l’attente de cette heure libératrice, Peyron et ses marins s’attachent à ne pas trop faire souffrir le bateau. " Chaque saut de vague nous soulève de 40 centimètres dans nos banettes " raconte Chiorri. " Vous imaginez ce que le mât encaisse au près ! " Bien allégé après 58 jours de mer, le maxi catamaran Orange donne sa pleine mesure. " Son comportement à la barre est devenu très agréable " confirme Peyron. " Orange est très sain. Les relances sont très rapides et le barreur peut véritablement jouer avec les vagues. "

L’intrigue se dénoue, le scénario s’éclaircit. Moral au beau fixe et éclatant de santé, le XIII d’Orange entre en scène pour le dernier acte.

Ils ont dit :

Gilles Chiorri : " Le ciel est bleu. Le vent est rentré fort. Nous marchons constamment entre 20 et 25 noeuds, sur une route encore un peu conservatrice pour ménager le mât. Nous croiserons demain la route de la transat Lorient Lorient L’actualité du port de Lorient et de sa région. -Saint Barth. Le clan des " figaristes " du bord essaiera de joindre les copains pour les saluer. "

Bruno Peyron : " Pas encore de pronostic sur notre arrivée. Il va encore se passer beaucoup de choses. Notre chrono est jusqu’à présent plutôt bon. Mais le bateau exigera notre attention jusqu’au bout. A cet égard, Yann (Eliès) nous faisait part de ses rêves, de ses cauchemars plutôt. Il faut savoir qu’avec nos rythmes de sommeil raccourcis, nos rêves sont à la fois plus violents et plus faciles à se remémorer. Et Yann a rêvé cette nuit que je donnais l’ordre, au grand dam de l’équipage et pour préserver le bateau, de remplacer le mât... par la bôme ! "

Nick Moloney : " Les frenchies se réjouissent à l’approche du continent européen. Pour moi qui suis australien, la maison est encore loin. Mais je garde précisément un souvenir ému de notre passage dans l’océan indien, si proche et si loin à la fois de tous les miens. Cette expérience est fabuleuse. C’est un rêve d’enfant devenu réalité... les albatros, les icebergs, le Sud... "

Denis van den Brink / Mer & Média



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