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Volvo Ocean Race

Première victoire d’étape pour Ken Read 15 minutes devant les Espagnols

vendredi 6 avril 2012Information Volvo Ocean Race

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Enfin ! C’est ce que PUMA Ocean Racing doit se dire après avoir enlevé, après 20 jours de mer, la cinquième étape de la Volvo Ocean Race Volvo Ocean Race #VolvoOceanRace entre Nouvelle-Zélande et Brésil. Ken Read et ses hommes empochent 30 points et cumulent désormais 113 points au général provisoire. Telefonica qui a franchi la ligne en 2e position, avec seulement 12mn et 38s de retard sur les Américians de Puma empoche 25 points et conforte sa domination au classement général provisoire avec 147 points.

Enfin, une victoire d’étape. Et quelle étape, celle du Horn, la plus longue de cette édition avec 6700 milles. Celle qui a mis KO plusieurs concurrents pour cette étape, Team Sanya puis Abu Dhabi (abandons), CAMPER puis Groupama 4 (suspensions).

Enfin, une victoire pour l’équipage de Read. Il a souvent frôlé le succès alors que quatre équipes se sont imposés sur les neuf manches précédentes : Telefónica (trois victoires d’étapes et deux victoires de course In-Port), Groupama sailing team (une victoire d’étape), CAMPER (une victoire de course In-Port) et Abu DhabOcean Racing (deux victoires de course In-Port).

Enfin, la victoire après s’être classé deuxième des trois dernières manches (IP Sanya, E4, IP Auckland).

Belle revanche pour ces Américains, favoris de l’épreuve, qui avaient démâté le 21 novembre dernier au cours de la première étape entre Alicante et Le Cap. Une fortune de mer qui les avait contraints à l’abandon (zéro point acquis sur l’étape) et à mettre le cap sur l’île Tristan da Cunha pour y charger le bateau sur un cargo avant de rejoindre l’Afrique du Sud où l’attendait un nouveau mât.

Après 6700 milles de course entre Auckland et Itajaí, PUMA enlève donc cette étape avec seulement quelques longueurs d’avance sur Telefónica. Les Espagnols sont revenus de manière incroyable, en six jours, après un pit-stop de 17 heures au sud de l’Argentine pour réparer son étrave endommagée.

Deuxièmes, à 12mn 38s, les Espagnols prennent 25 points. Désormais crédités de 147 points, ils confirment leurs ambitions sur la victoire finale de cette 11e édition. Une ambition que Groupama 4 commençait à menacer jusqu’à mercredi dernier, lors de son démâtage.

Avec encore neuf manches à disputer avant le terme de la course à Galway, en Irlande, le 7 juillet prochain, quatre étapes et cinq courses In-Port, la moitié des points reste à prendre. A mi-parcours, la course reste donc encore totalement ouverte.

D’autres arrivées serrées

La course a déjà connu des arrivées serrées sur des distances différentes comme les neuf secondes qui ont séparé, en 2005-06, le bateau espagnol movistar d’ABN AMRO One dans la brève Etape 3 entre Melbourne et Wellington.

Ou dans cette édition actuelle quand, en arrivant aux Maldives, terme de l’acte 1 de l’étape 2, Telefónica a battu CAMPER de 1mn et 57 secondes.

Ou bien encore celle de 2008-09, dans l’étape Qingdao - Rio, longue de 12 300 milles, quand Ericsson 3 a battu Ericsson 4 de 12h et 20mn après 40 jours de mer.

Cette cinquième étape, dixième manche sur 19, n’est pas encore terminée.

Deux concurrents peuvent encore se classer dans cette manche. Groupama qui devrait quitter en début de soirée (HF) Punta del Este avec son gréement de fortune pour rejoindre le point exact d’où il a suspendu sa course. Il repartira en course pour couvrir au plus vite les 600 milles qu’il lui reste à couvrir jusqu’à Itajaí. Si Franck Camas et ses hommes y arrivent, ils empocheront les 20 précieux points qui lui permettront de conserver leur deuxième place au général provisoire.

L’autre concurrent qui refermera sans doute la page de cette étape est CAMPER qui a suspendu sa course le 3 avril dernier à 03h30 (HF). Il vient de faire savoir qu’il est pratiquement prêt à reprendre sa course après ses trois jours d’escale technique à Puerto Mountt.

Il devrait quitter vers minuit (heure locale), 05h (HF), le port chilien, pour se diriger vers le point où ils ont annoncé leur suspension et reprendre leur course vers Itajaí.

CAMPER est le seul concurrent encore en course à ne pas avoir passer le Cap Horn. Il lui reste près de 3000 milles avant d’arriver au Brésil.


Réactions des deux skippers, Ken Read et Iker Martinez et de Tom Addis, navigateur sur PUMA

Ken Read, skipper de PUMA Ocean Racing : « Je n’ai jamais vu autant de personnes à un événement nautique ! Ça me dépasse un peu, en fait. 

« Je peux vous dire qu’il n’y a pas eu beaucoup de sommeil à bord. Je ne me rappelle pas la dernière fois où je me suis allongé - comme la plupart des gars. 



« Ces 10 dernières heures, Telefónica nous a presque passé à deux reprises mais personne n’a lâché sur ce bateau. Il y avait une très bonne atmosphère à bord, tout le monde savait que le vent allait être léger et bizarre. Quelque part, on a vécu le moment. Je suis très fier des garçons pour s’être accrochés.



« Telefónica a juste eu cette incroyable fenêtre météo et n’a cessé de revenir. Ils ont tenté un coup désespéré au large pour trouver quelque chose et, à mi-chemin, on a compris qu’il était temps de sourire un peu. Pas avant, pas avant ces 15 minutes avant que la course ne se termine. Une belle sensation.



« Les constructeurs, les designers et les ingénieurs - en particulier l’équipe technique - sont les héros méconnus. On ne leur rend pas souvent hommage et ils méritent le même crédit que nous, surtout sur une étape comme celle-ci. 



« On a eu de la chance. C’est facile de s’asseoir ici et de se faire mousser sur la manière dont on a navigué, mais si une des vagues nous avait touchés deux secondes plus tard, on aurait pu décoller aussi. C’est impossible de savoir. »



Tom Addis, navigateur de PUMA Ocean Racing : « C’était un finish épique. C’était fantastique. Ça ne s’arrêtait pas. Telefónica a eu une remontée glamour mais c’est vraiment dommage que Groupama n’ait pas fini quelques longueurs derrière nous. Dure avarie pour eux. On a enroulé le Cap Horn et on savait qu’on aurait une remontée difficile le long de la côte, mais Telefónica est arrivé juste derrière nous et c’était vraiment serré à la fin. C’était aussi difficile que ça. 



« C’était une étape complète. Il y a le Grand Sud en mode survie, puis dès que vous tournez, plein de trucs tactiques, de petits airs. C’est pour ça que c’est bon de gagner.



« Il y a beaucoup d’expérience sur ce bateau - des gars comme Brad et Tony le font juste marcher. Savoir quand pousser ou non, c’est important. On était probablement le premier à ralentir et je pense que ça s’est vu. Parfois, vous ne régatez pas à 100% mais c’est OK parce que vous n’êtes pas rapides si vous êtes cassés. »



Iker Martínez, skipper de Team Telefónica : « Il y a quatre jours, on ne pensait pas du tout à ça. C’est assez génial d’avoir réussi à rattraper ces gars. La météo était parfaite pour nous et, de ce point de vue, on a été très chanceux. Tout le monde rêvait d’avoir une chance et on en a finalement eu une. PUMA a fait du très beau boulot et a gagné, bravo à eux. 



« Vous pouvez quand même imaginer qu’on est très contents - ce résultat est très important pour nous, pour la course en général. Je suis super content parce que l’équipe technique a fait un boulot fantastique pour réparer le bateau en très peu de temps. 



« Je suis vraiment désolé pour les gars de Groupama. Démâter, ça ne devrait arriver à personne. J’espère simplement qu’ils vont vite revenir. 



« Maintenant, on doit se reposer et réparer notre bateau. Il a fait un boulot très dur, une très bonne étape et nous a beaucoup aidés. »



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