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Volvo Ocean Race

Franck Cammas : "Quand on arrive en tête, on oublie tout"

samedi 10 mars 2012Information Volvo Ocean Race

Tout sourire, Franck Cammas est « super heureux » de cette première victoire sur la Volvo Ocean Race Volvo Ocean Race #VolvoOceanRace . Entre Sanya et Auckland, Groupama sailing team remporte l’étape 4 et savoure sa réussite néo-zélandaise.

« On est super heureux, même si on est très fatigués. »

Cammas a les yeux rougis, mais son sourire est immense. Avec ses 10 hommes d’équipage, il prend 30 points au classement général. C’est aussi une victoire historique : la première française en temps réel à Auckland - en 1977-78, Alain Gabbay avait gagné avec 33 Export en temps compensé.

« On a fait une étape très difficile mais quand on arrive en tête, on oublie tout. On est vraiment contents de la façon dont on a navigué, surtout stratégiquement. On a vraiment fait une belle trace. »

À 10:33:47 UTC (23:33:47 heure locale), leur arrivée est magique. La lune est pleine, une petite dizaine de nœuds souffle dans la Viaduct Harbour et les lumières d’Auckland éclairent la scène.

« Notre première victoire se fait en Nouvelle-Zélande et c’est un super endroit pour les marins, » poursuit Cammas. « C’est gagner dans la Mecque de la voile, c’est une étape qu’on aime remporter. C’est un super moment aujourd’hui et il faut qu’on en profite. »

Encore en mer, leurs concurrents leur rendent hommage. Comme Ken Read, le skipper de PUMA qui pointe en deuxième position à 13h UTC :

« ils ont couru une étape fantastique et peuvent être très fiers. Comme après une bonne élection présidentielle, on concède officiellement l’étape à Groupama. Bien joué les gars. »

Comme Ian Walker, skipper d’Abu Dhabi Ocean Racing, cinquième :

« Bravo à Franck et son équipe pour une étape parfaite sur Groupama. Je suis sûr qu’ils ont eu leurs propres challenges, mais d’où je suis assis ici, ils donnent l’impression d’avoir contrôlé cette étape du début à la fin. »

Les longs moments de reaching de l’étape étaient d’avance favorables à Groupama 4, un plan Juan Kouyoumdjian pensé pour la brise et les angles ouverts.

Les Français ont aussi su se positionner intelligemment, se décalant au vent de la flotte en plein Pacifique nord. Ils cherchaient à éviter une zone de vent très aléatoire qui freinait la flotte et la détournait de la route directe. Cette stratégie les propulse en tête le 26 février à 22h UTC. Ils maintiendront leur avance jusqu’à l’arrivée.

« J’ai deux souvenirs sur cette étape, » confirme Jean-Luc Nélias, le navigateur français, double stratégique de Cammas à bord. « Le premier : la nuit et la journée décisives où on arrive à construire notre victoire - c’était deux jours après Taïwan, il y a une quinzaine de jours. On a alors fait le coup qui nous a permis de gagner cette étape.

« Et puis l’arrivée ici, forcément, parce que c’est la conclusion de 19 jours d’effort dans un environnement Environnement assez hostile ! »

Tellement hostile que l’étrave de Groupama 4 n’a pas résistée. À une centaine de milles de l’arrivée, ce matin, ils ont découvert une voie d’eau, une délamination due aux chocs répétés dans les vagues ces derniers jours. Plus d’une tonne d’eau embarquée dans les compartiments avant. L’équipage exténué a rapidement colmaté la fuite.

Il faudra vite réparer : l’escale est courte, la course In-Port d’Auckland a lieu samedi prochain, le 17 mars, et l’étape 5 part le dimanche 18.



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