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Du grand large à la plage : Toute l’actualité des sports de glisse depuis 2000

TROPHEE JULES VERNE

Orange slalome entre les îles

jeudi 7 mars 2002

Slaloms entre les îles, glisse tout schuss en bordure des hautes pressions... la descente sans faute de l’Atlantique Nord arrive à son terme pour le maxi catamaran Orange en vue du pot au noir. Le vent faiblit, le ciel se voile, le speedomètre rentre dans la norme... c’est le grand péage océanique, le moment où l’on paie pour voir. L’Equateur s’annonce, et pour les treize chasseurs de records, les heures vont s’allonger, à moins que les milles ne soient soudain devenus plus longs...

Comme pour l’archipel des Canaries, Bruno Peyron a choisi de laisser les îles du Cap Vert loin sous son vent. Entre dévents et effets venturi, le skipper d’Orange est resté fidèle à sa stratégie générale et a poursuivi cette nuit une route sud légèrement infléchie vers l’Ouest, sans un regard pour les dernières terres habitées postées sur la route de son catamaran. A peine ralenti en milieu de nuit, Orange maintient la cadence : près de 2 500 milles parcourus depuis Ouessant, à 20,05 noeuds de moyenne. Le record Record #sailingrecord de Peter Blake entre le départ et l’équateur peut trembler. Mais à 700 milles du changement d’hémisphère, Peyron reste prudent. Le pot au noir, zone de convergence inter-tropical se dressera demain devant ses étraves et imposera aux hommes et à leur machine ses légendaires caprices. " Pour l’heure " explique Peyron le pragmatique, " le vent est toujours dans un axe Nord-Nord Est et nous pousse à une quinzaine de nœuds. Nous sommes bien décalés dans l’ouest, beaucoup plus que lors de mon précédent voyage avec Commodore, et selon nos fichiers météos, nous devrions jusqu’au bout bénéficier d’un peu d’air. "

Pour empocher ce très symbolique premier record Record #sailingrecord , Orange devra entrer dans l’hémisphère sud avant samedi 12 heures 36.

Extrêmement technique, cette première partie de course a considérablement sollicité la réactivité de l’équipage. Ainsi que le souligne Yann Eliès, " notre panoplie très complète de voiles d’avant nous permet de nous adapter constamment aux moindres variations du vent en force et en angle. Il en résulte un nombre impressionnant de manœuvres, 38 changements de voiles depuis le départ. "

Après seulement six jours de course, l’équipage d’Orange affiche un état de forme physique insolente : " Les garçons sont prêts pour le grand sud. Ils manœuvrent à la perfection, dorment comme des bébés et dévorent comme des ogres " ajoute Bruno. " Cette navigation compliquée nous a contraint à être chaque jour à 100% d’attention et de réactivité. A ce jour, nous n’avons pas une seule fausse manœuvre à nous reprocher " conclut Peyron.

Ils ont dit :
- Yann Eliès : " Il m’a fallu deux jours pour véritablement couper tous mes repères de terrien. Je suis à présent complètement en phase avec mon quart, celui des bretons Hervé Jan, Sébastien Josse et Yves Le Blévec. Le bateau est super sécurisant et Bruno est le " Boss " du bord. Très discret, il intervient toujours à bon propos pour un changement de cap ou de voiles... "
- Bruno Peyron : " Une première partie de course vraiment technique, où il a fallu anticiper et constamment jouer avec des angles de vent pas toujours favorables. Dans ces conditions, nos " scores " depuis le départ sont très satisfaisants. C’est frustrant, quand on connaît le potentiel d’Orange, de ne pas donner libre cours à la vitesse Vitesse #speedsailing du bateau. Mais il nous faut privilégier les trajectoires pour éviter les pièges. Nous sommes très concentrés sur l’évolution de la météo à 2 ou 3 jours mais on ne peut s’empêcher d’observer l’énorme anticyclone de sainte Hélène immobilisé sur notre route... "

Denis van den Brink / Mer & Media / Orange

Voir la carte du tour du monde : Geronimo vs Orange



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