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Trophée Jules Verne

Conditions humides et changements de voile permanents à bord d’Orange

lundi 4 mars 2002

475 milles au compteur depuis hier midi à 19,82 noeuds : autant dire que le maxi-catamaran Orange continue d’afficher des moyennes plus qu’honorables d’autant que les conditions météorologiques sont loin d’être optimales. Mais tout va bien à bord, les manoeuvres se succedent à un rythme élévé et le bateau pointait à 14h00 à la latitude de Casablanca (Maroc) soità 60 milles dans le nord-ouest de Madère. Le menu du jour et de demain est complexe : progresser dans le sud, ne pas sortir d’un étroit couloir de vent meme si la vitesse Vitesse #speedsailing moyenne doit chuter un peu.

" Vous avez dû le remarquer vous-même, lâche Bruno Peyron à la vacation du jour, mais notre vitesse Vitesse #speedsailing moyenne a souffert un peu et nous sortons juste de trois heures de molles. Nous naviguons actuellement dans un couloir très étroit de vent et nous passons de lignes de grain en lignes de grain. Le vent passe de 6/7 noeuds à 35 noeuds et le ciel qui va avec... ". Des conditions de vent et de navigation musclées puisque le maxi-catamaran Orange se doit de dévoiler toute sa garde-robe pour faire face à la diversité et la complexité des vents rencontrés. " J’ai compté, cela fait 23 changements de voile que nous avons fait depuis 24 heures 24 heures Record de distance parcourue sur 24 heures déclare Bruno. Nous devrions avoir un vent de nord-est de 20 noeuds et là, nous avons 30/35 noeuds. Nous marchons en ce moment entre 27 et 32 noeuds de vitesse Vitesse #speedsailing ... Autant dire qu’en plus d’avoir une situation météo compliquée, c’est très humide !"

Car si l’on regarde les cartes météo que constate-t-on ? Deux centres dépressionnaires canalisent la marche du maxi-catamaran. A gauche, il y en a un sur le sud des Açores et à droite, il y en a un autre sur le sud du Portugal qui empêche l’anticyclone de s’installer correctement. Le but est donc d’éviter les zones de molles présentes en bordure des deux systèmes et d’enchaîner empannages sur empannages pour ne pas sortir de l’étroit couloir de vent. Un couloir de vent qui devrait les emmener jusqu’aux alizés mais qu’ils ne devraient toucher qu’après les Canaries distantes de 260 milles ce midi.

Si le système météo fait tourner la matière grise, les muscles ont aussi été mis à rude épreuve depuis le départ. " Le système de quart fonctionne bien et nous ne sommes pas trop de huit, voire neuf avec moi, sur le pont pour faire les changements de voile déclare Bruno. Nous avons voulu déplacer le reacher tout à l’heure qui devait avoir 150 kilos de flotte dedans. A cinq, il ne bougeait pas, à six non plus, il a fallu être sept pour pouvoir le déplacer ! Mais tout le monde est entré maintenant dans le vif du sujet et on ne s ’est pas trop posé de questions depuis le début. Chacun a trouvé le sommeil à sa manière en laissant aussi petit à petit tous les autres soucis terriens derrière soi. Pour moi, je dors pour l’instant plus en boule au fond du bateau, prêt à donner un coup de main au cas où... "

Conditions humides, changements de voile permanents, suivi météo de tous les instants... Il ne faut pas faire le moindre " faux bord " et veiller à empanner au bon moment pour rester dans cette zone de vent capricieuse. L’Equateur est ce lundi 4 mars à 2 000 milles dans le sud du maxi-catamaran Orange. Mais avant d’y songer il faut continuer de glisser vers le sud, laisser Madère à bâbord, passer les Canaries et toucher les alizés de nord-est salvateurs avant d’aborder le Pot au Noir. Nul doute, le Trophée Jules Verne se mérite...

Ils ont dit :

- Eric Mas (Météo-Consult) : " Il y avait un léger doute sur cette journée. Le but est de ne pas se jeter dans la gueule du loup, soit aller s’enliser dans les calmes. Il faut donc multiplier les empannages vers les Canaries. C’est sûr que cela ne favorisera pas la vitesse pour les moyennes mais il faut gagner dans le sud pour sortir de cette nasse et aller chercher les alizés ! "

- Bruno Peyron : " Le bateau est super clean. Il y a un ministre de l’intérieur qui est Vladimir (Dzalba Lyndis) et je peux vous dire qu’il tient d’une main de fer tout cela. Je suis à la table à cartes et j’ai une enfilade de quinze mètres jusqu’à l’autre bout du bateau et il n’y a rien qui dépasse. C’est nickel ! ".

Pierrick Garenne / Mer&Media / Orange

Voir la carte du tour du monde : Geronimo vs Orange


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