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Trophée Jules Verne

Un samedi orange sur la route du Jules Verne

Deuxième départ pour Peyron et ses hommes

samedi 2 mars 2002

image 300 x 158Départ au petit jour ce matin. Photo : G.Martin-Raget
Bison Futé l’avait prédit : ce samedi 2 mars est classé « Orange », dans le sens des retours, comme dans celui des départs ! Chassé-croisé dans l’Atlantique pour deux « Géants » : retour au port pour l’infortuné Geronimo et nouveau départ ce matin à 8 heures 36 minutes et 21 secondes (heure française) pour Bruno Peyron et son maxi catamaran « Orange ».

Partis de Vannes hier à la nuit tombée, Peyron et ses hommes ont négocié en douceur une délicate sortie du Golfe du Morbihan. Nuit ventée, nuit agitée pour l’équipage affairé à porter la dernière main aux réglages du mât. Et à six heures ce matin, le grand cata orange évoluait sur la ligne de départ au large d’Ouessant. Le vent attendu était bien au rendez vous : 25, voire 30 noeuds de Nord Est qui agitaient méchamment la sortie de la Manche. Sans tergiverser, mais avec précaution, « Orange », sous grand voile 3 ris et rien à l’avant, franchissait la ligne, tribord amure. Premier empannage pour se dégager d’Ouessant, et Bruno Peyron décidait d’envoyer progressivement de la toile ; trinquette tout d’abord, pour passer sans trop taper dans le mauvais clapot face au courant, puis un deuxième ris relâché, avant l’envoi, deux heures plus tard du spi de brise cher à Hervé Jan, voile hybride entre solent et gennaker, redoutablement efficace dans la brise aux allures portantes.

Premiers surfs et premiers plaisirs vers midi, le catamaran naviguant bien au large, sur une mer enfin lissée et propice aux accélérations. « 28/30 noeuds ! mais toujours sans forcer » affirmait Peyron lors de la vacation. 15 jours après son premier départ malheureusement avorté, les mots d’ordre à bord du « géant » sont inchangés : entrer progressivement dans la course, laisser à chacun le temps de prendre son rythme, et monter doucement en puissance. « Nous avons 24 heures 24 heures Record de distance parcourue sur 24 heures difficiles à négocier, avec du vent fort qui va progressivement tourner à l’Est », explique Bruno, « puis une première rotation au large du Portugal, dès lundi probablement. » Orange devrait en effet croiser dès cette nuit au large du Cap Finistère, « un coin que l’on n’aime pas beaucoup, avec du courant et des vents forts qui accélèrent en descendant des montagnes » avoue Bruno.

Le système des trois quarts est déjà en place ; quatre hommes sur le pont, quatre hommes en veille et quatre hommes au repos. Le treizième homme, Bruno Peyron étant hors quart et mobilisé par la stratégie et la météo. « Nous suivons de près l’évolution du système qui nous pousse » explique Peyron, « mais il est déjà important de regarder comment se comportent les alizés au sud de l’Espagne afin d’anticiper si possible en se positionnant sur la route de ces vents portants. »

« Orange » aborde donc ce Trophée Jules Verne sous d’excellents auspices, vent fort annoncé portant jusqu’aux abords du Cap Saint Vincent (Espagne). « Motivé et enthousiaste » aux dires de son skipper, l’équipage est aux petits soins pour le catamaran géant dont le mât fait l’objet d’une observation aussi régulière que sereine. « A plus de vingt noeuds cap au sud, c’est un équipage heureux qui s’installe dans la course » conclue Peyron.

Point météo :

Une zone de haute pression centrée sur la Manche repousse une dépression au large du Portugal. Il en résulte un fort flux de Nord-Est (25 noeuds et plus) qui balaiera le Golfe de Gascogne pendant 48 heures. En s’évacuant vers le sud, la dépression va continuer de générer du Nord-Est jusqu’au large de l’Espagne. Le passage du centre dépressionnaire sera délicat à négocier avant une bascule au Nord-Ouest dans la journée de lundi.

Objectif, revoir Ouessant avant le 12 mai 23h 57mn 29s (heure française) et s’emparer à nouveau du fameux Trophée Jules Verne !

Denis van den Brink / Mer&Media / Orange

Voir la carte du tour du monde : Geronimo vs Orange



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