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Trophée Jules Verne

Bruno Peyron : "Nous allons reconstruire !... et repartir !"

lundi 18 février 2002

image 300 x 158Photo : G.Martin-Raget
Le skipper d’Orange revient sur les faits qui l’ont cloué à terre avec son équipage.

« Difficile de décrire ce qui se passe dans la tête quand autant d’énergie positive d’un groupe explose en une seconde ».

« Un passage de ligne comme on peut en rêver : 25 / 30 noeuds de vent, un angle parfait, un empannage annoncé avec une rotation à l’est programmée dans 6 heures, une glisse facile, en douceur sur la longue houle de Ouessant, une lumière sublime, des manœuvres calmes comme pour savourer l’instant, un équipage serein et prêt pour l’accélération...

Il est 11H 58 et nous venons de couper la ligne du mythique Trophée Jules Verne. Le géant Orange est sous un ris, trinquette, le gennaker médium prêt a l’envoi. Quinze minutes avant, au près du vent dans le chenal de la Hèle, nous hésitions à partir sous grand voile haute et grand gennaker. Nous avons choisi la sécurité : un ris dans la grand voile et gennaker médium, le temps de nous dégager du plateau continental. Nous perdrons peut-être 1 ou 2 milles sur les six heures à venir mais nous savons que cette combinaison va nous propulser a 30 / 33 noeuds sur la route directe...

La manœuvre d’envoi terminée, je ne veux pas encore attaquer avant que les derniers réglages ne soient parfaits. Il reste encore 2-3 bricoles : tension de guindant, rotation de mat à ouvrir au max, traveller à reprendre, check des raguages de voiles, tension des galhaubans sous le vent, rééquilibrage des dérives, déplacement des poids pour une meilleure assiette longitudinale du bateau... Cinq ou six hommes sont encore à l’avant et je veux que tout le monde ait terminé avant de lofer de 10 degrés. Je veux que tous profitent de cet instant symbolique : la première "attaque" en règle du géant Orange. C’est un moment riche. Je sais que tous ont compris, le photographe de l’hélico le sait aussi et se prépare à voir décoller le monstre Orange dans des conditions optimales... Nous sommes prêts à lâcher les chevaux et pourtant, bridés encore, nous sommes déjà à 28 noeuds ! Nous savons que le fenêtre météo est exceptionnelle et nous ne pensons qu’à une seule chose : l’équateur est à cinq jours et demi !

La suite, on la connaît : l’accélération n’aura pas lieu puisque c’est dans ces conditions paisibles que la tête de mat explose ! No comment ! A bord les hommes n’y croient pas. Les yeux sont rouges... l’heure est grave ! 48 heures après ce choc psychologique pour l’équipage, je veux simplement dire quatre choses : Bravo à tout le team du géant Orange pour la formidable réaction d’orgueil et de détermination dont chacun a fait preuve. Bravo au chantier Multiplast d’avoir su se mobiliser immédiatement pour nous apporter leur expertise. Merci à nos partenaires Orange, France Telecom et Marseille pour leur soutien moral pendant ce moment difficile qui je le sais, doit être difficile aussi pour eux.

Pour eux, pour tous ceux qui nous ont soutenu, par respect pour l’énergie dépensée par tous depuis le début de cette campagne, tant qu’il y aura un millimètre de solution possible, nous ne lâcherons rien ! Nous allons reconstruire !... reconstruire notre mât, reconstruire nos têtes, reconstruire l’énergie... et repartir ! L’histoire Histoire #histoire du Team Orange ne fait que commencer ! ».

Information Mer&Media / Orange


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