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Volvo Ocean Race

Seb Josse : "Cela va être dur de retourner en France"

Sidney Gavignet : "Je suis content de partir et que cela soit pour une dernière fois"

jeudi 15 juin 2006Information Volvo Ocean Race

C’est aujourd’hui, jeudi 15 juin, à 13h que le départ de l’ultime étape de l’édition 2005-2006 de la Volvo Ocean Race Volvo Ocean Race #VolvoOceanRace a été donné de Rotterdam, cap sur Göteborg en Suède, où se trouve le siège du constructeur automobile, propriétaire de cette course autour du monde depuis 1997. C’est avec émotion que les deux ABN AMRO ont quitté les Pays Bas, pays dont ils portent les couleurs par le biais de la banque internationale ABN AMRO qui a son siège dans ce pays. Devant les étraves un nouvelle étape de très petit temps.

Pour cette 16e et dernière manche, des vents contraires de 10-20 noeuds sont attendus jusqu’à demain matin, évoluant vers une brise de reaching nettement plus favorable vendredi matin. Le manque de vent devrait à nouveau se faire ressentir à l’approche des côtes danoises et suédoises et ne permettre une arrivée que samedi 17 juin dans l’après-midi. D’où certaines dispositions prises par les organisateurs pour réduire le parcours si besoin était afin de ne pas trop hypothéquer l’agenda des festivités prévues à Göteborg pour célébrer le vainqueur du classement général ABN AMRO ONE, et les autres acteurs et héros de cette édition 2005-2006.


Impressions recueillies juste avant le départ auprès des deux Français engagés dans cette épreuve :

Sébastien Josse - Skipper ABN AMRO TWO

Votre sentiment avant le départ de cette dernière très brève étape ?

- Avec cette dernière étape de 400 milles, cela sent la fin. Le podium est déjà occupé et cela ne pourra pas changer, et le reste du classement est presque figé. De ce côté là, c’est un peu une déception parce que j’aime bien quand cela se dispute jusqu’à la fin, même si nous avons pu constater qu’on n’avait pas l’expérience et le potentiel. Pour moi, c’est sympa quand il y a du match. Sinon, c’est une belle satisfaction de finir un tour du monde. C’est le 3e pour moi, et qui a été complètement différent des deux que j’avais faits avant (NDLR : un Jules Verne et un Vendée Globe). Pour moi, je suis assez content d’être arrivé jusqu’au bout car j’aime bien finir ce que je commence. Et malgré toutes les péripéties qu’on a eues, c’est quand que du positif.

Quel bilan de cette expérience chez ABN AMRO ?
- Forcément c’était une super expérience. Cela va être dur de retourner en France (rires). Cela va être dur ou cela va plutôt me faire des vacances de retourner faire du bateau en France !!! C’est évident, c’est toujours enrichissant de faire partie d’un team comme ABN AMRO avec deux bateaux, deux équipages et un team qui fait 80 personnes. Ici c’est une autre dimension. En France, on fonctionne davantage entre 6 et 10 personnes. Ici, il y a plus de moyens. Mais nous n’avons pas de bateaux aussi gros, sauf avec les multicoques. Mais en fait, je suis assez content de rentrer en France, de reparler en français, de revoir mes amis... et une vie un peu plus quotidienne, entre guillemets « pépère », mais retrouver mes marques car quand on part comme cela pour un an et demi, dans un programme anglo-saxon, on perd pas mal de repères et d’attaches. C’est pour cela que je suis heureux de rentrer à la maison.

Pour cette dernière étape, quelle est la tactique à adopter ?
- En gros, nous avons 400-500 milles nautiques. Pas de vent et donc près de deux jours de mer. Des conditions donc assez légères, au près. Pas plus de 15 nœuds. Pour moi, cette étape aura moins de goût, car les trois premières places sont prises, l’enjeu pour nous c’est la ‘7e ou la 5e place (contre Ericsson). On fera tout pour sauver notre 4e place, mais cela à moins de peps que de se battre pour un podium sur une dernière manche. Tous les teams sont un peu dans cet esprit. Il y en a plein qui commencent à penser à la semaine prochaine. Certains vont partir directement sur la Coupe America, d’autres qui vont rentrer chez eux. La baisse d’intensité est donc très palpable au départ de cette dernière étape, étant donné que le classement est déjà bien figé.

Quels sont vos projets après cette Volvo Ocean Race Volvo Ocean Race #VolvoOceanRace  ?
- En juillet, je vais aller faire un peu de Mumm 30 sur le Tour de France à la Voile, avec l’équipage de Pierre-Loïck Berthet et Philippe Monnet sur Matondo-Congo/Route de l’équateur. Et puis, en août, prendre un peu de vacances. Mais côté ABN AMRO, nous avons encore quelques navigations prévues un peu partout dans le monde. J’irai pour cela à Chicago fin juillet. Août vacances et puis septembre, octobre, on aura encore des régates en Méditerranée pour ABN AMRO, ainsi que la Cowes Week. Mais que 4 à 5 jours par mois. Cela va me laisser du temps pour regarder pour refaire un campagne Vendée Globe... Bref, il y a des projets... des pistes...

Et une prochaine Volvo ?
- S’il y a une prochaine édition de la Volvo Ocean Race Volvo Ocean Race #VolvoOceanRace , et si un sponsor est intéressé d’avoir une nouvelle fois un skipper Français, forcément je serai très intéressé de repartir faire une campagne complète avec le choix du bateau, de l’équipage ... Forcément cela m’intéresserait de faire une campagne un peu plus performante avec un suivi du début jusqu’à la fin. C’est sûr, c’est très intéressant à faire.


Sidney Gavignet - barreur sur ABN AMRO ONE

Au départ de cette dernière étape, quelles sont vos sensations ?
- Je suis content de partir et que cela soit pour une dernière fois. Ce n’est pas contre la course car cela a été une très belle année et demi, pleine de réussites, ... parfaite. Rien à dire, c’était super à tout point de vue. Mais c’est bien que cela s’arrête aussi. Je parle sur le plan personnel. Ce n’est pas une critique, mais c’est juste que j’ai le poids de 7 mois de course sur les épaules et qu’il faut bien que cette fête ait un terme. Donc je suis très content de faire cette dernière étape. Je vais bien l’apprécier pendant les deux jours de course prévus. (Rires) oui deux jours pour 450 milles car il n’y a toujours pas de vent. Encore un petit pied de nez avant la fin. Je vais me régaler sur le bateau pour finir sur un joli geste. Et puis on verra. J’aimerais surtout qu’ABN AMRO TWO fasse une belle course parce que c’est triste pour eux de finir sur de mauvais résultats alors qu’ils peuvent faire mieux. J’espère que la réussite va passer un peu de leur côté. Je vais essayer de profiter au maximum de ces derniers moments avec le bateau, avec l’équipage. Et je pense qu’encore une fois, cela devrait bien se passer.

La perspective de la dispersion des équipes dans quelques jours, est-ce quelque chose de difficile à envisager ?
- En fait, j’ai vécu cela de façon assez forte, sur Assa Abloy, lors de la dernière édition. Parce que la course a été très intense sportivement jusqu’au dernier moment. Mais là, comme nous avons course gagnée depuis Portsmouth, alors nous avons eu le temps pour digérer la course. Même si je suis un peu sentimental, je pense que je serai beaucoup moins touché cette fois-ci. Je suis très content d’arriver au bout, et de finir bien. J’ai le sentiment d’avoir fait le mieux possible et je pars avec une belle image. Mais peut-être aussi ai-je pris un peu de bouteille (rires) ! Disons de l’expérience, pour que cela ne soit pas mal interprété. C’est une belle histoire Histoire #histoire qui va se finir bien. Point.

Et l’accueil en Suède ?
- Cela va être un joli accueil si on se base sur ce qu’on avait vécu il y a quatre ans quand on est arrivé dans cet archipel. En 2002, on était arrivé en pleine nuit, et il y avait tellement de bateaux sur l’eau qu’on pouvait quasiment rejoindre la terre en passant d’un bateau à l’autre. Je pense que cela sera du même style que ce que nous avons eu à Rotterdam. Ce qui est assez étonnant, c’est que la course a duré 7 mois et une fois qu’on arrive en Suède tout s’arrête le lendemain. Il n’y a même pas de phase de « décompression », où le public peut venir voir les bateaux. Le surlendemain, la moitié de la flotte sera parti. C’est sûr que c’est un peu brutal, mais... c’est comme la vie,... je pense.


Voir en ligne : Info Anne Massot / www.abnamro.com/team


Classement général provisoire après 15 manches (sur 16) :

- 1 - ABN AMRO ONE : 94 points 1er au général provisoire
- 2 - Pirates des Caraïbes : 66 2e
- 3 - Brasil 1 : 62 3e
- 4 - ABN AMRO TWO : 52.5 4e
- 5 - Ericsson : 52 5e
- 6 - Movistar : 48 6e
- 7 - Brunel : 11.5 7e



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