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Volvo Ocean Race

Wellington s’offre à movistar pour 9 petites secondes

Seb Josse : "Cette étape de vitesse de 4 jours m’a beaucoup fait pensé à une étape du Figaro"

Thursday 16 February 2006Information Volvo Ocean Race

Coup de canon final à Wellington
Forcément passionnés de voile dans un pays où ce sport est élevé au rang de religion nationale, les innombrables spectateurs sur l’eau comme à terre en sont restés bouche bée avec le sentiment intense d’avoir assisté à un très grand moment de navigation ; presque une leçon, offerte par des ténors de la voile, toutes disciplines confondues. Ce moment d’anthologie n’est pas sans rappeler les « 98 secondes» qui ont départagé à Pointe-à-Pitre, en 1978, un certain petit multicoque jaune d’un autre long cigare noir, à l’arrivée de la première Route du Rhum Route du Rhum #RouteDuRhum .

En 2006, à Wellington, neuf petites secondes ont suffi pour mettre d’accord les deux VO 70 noirs de la flotte après une étape de 1 450 milles entre Melbourne et Wellington. Movistar, mené par Bouwe Bekking, a franchi en tête la ligne d’arrivée à 01h09 (Paris) ce matin, 9 secondes avant ABN AMRO ONE. L’équipage espagnol n’a donc pas cédé devant celui d’ABN AMRO ONE sur le final des 4 jours de course qui ont mené les concurrents sur le 40° parallèle Sud, du terrible Détroit de Bass au Détroit de Cook en passant par la Mer de Tasmanie.

De cette vive discussion entre deux protagonistes bardés d’expérience, c’est finalement le VO 70 battant pavillon espagnol qui a eu le dernier mot alors que 24 h avant l’arrivée Mike Sanderson et ses hommes menaient encore avec 32 milles d’avance. C’est dire si le passage à niveau dans le Détroit de Cook a été radical.

Pour 9 secondes après 96 heures de course, cette cinquième manche échappe donc de peu à ABN AMRO ONE qui s’incline après avoir remporté quatre victoires consécutives.

A bord du bateau leader au classement général provisoire, quatre sentiments dominent. Un peu de tristesse d’avoir vu une nouvelle victoire d’étape passer si près, un réel plaisir de voir Movistar revenir dans le match après deux manches de large gâchées par de graves avaries, la satisfaction d’avoir tenu la dragée haute à un bateau davantage typé « petit temps » que les plans Kouyoumdjian et surtout, un sentiment dominant, celui d’avoir rempli le contrat de consolider leur première place au classement général provisoire.

Coup de canon final à Wellington
Movistar s’impose de 9 secondes seulement après 4 jours de course depuis Melbourne

Les Pirates sont troisièmes moins de 3 heures plus tard

2h50 après le duo de tête, toujours dans une brise quasi inexistante et sous un soleil éclatant, Pirates des Caraïbes franchissait la ligne en 3ème position empochant 5 points au passage, suivi par Brasil 1, autre plan Farr, arrivé à 06h12 (Paris). Après les déboires des plans Farr à l’issue des deux premières étapes, l’architecte d’origine néo-zélandaise doit apprécier de voir deux de ses bateaux sur les marches de ce podium d’étape.

L’incroyable scénario de l’arrivée de Movistar et d’ABN AMRO One a failli se reproduire entre ABN AMRO TWO et Ericsson à la lutte pour le 5ème et 6ème place. Revenu de très loin à 60 milles de l’arrivée grâce à une option téméraire entre deux petites îles du Détroit de Cook et aux effets d’une brise thermique locale, Ericsson réussissait à neutraliser son retard de près de 20 milles sur les Kids d’ABN AMRO TWO. Mais la hardiesse de ce coup de maître n’aura pas permis à l’équipe très aguerrie de Neal McDonald de griller la politesse à ABN AMRO TWO qui achève cette 6ème manche à 07h03 (Paris) en 5ème position.

Même duel pour les deux dernières places

Arrivée d’ABN Amro Two
Sébastien Josse et ses "kids" prennent la 5e place

Une place en demi-teinte pour l’équipage de Sébastien Josse qui a vu le gros de ses chances s’envoler dès les premières heures de course. Le détroit de Bass, dont la mer est extrêmement hachée et difficile, leur a été particulièrement cruel. Quelques heures après avoir déchiré leur Grand Voile au niveau d’un ris, c’est le n°1, le Hollandais Gerd Jan Poortman qui valsait sur le pont en s’ouvrant le cuir chevelu et se blessant au dos. Si la plaie, suturée sur place par George Peet est en voie de guérison, Gerd Jan souffre encore du dos. L’équipe croise les doigts pour que tout ceci ne soit plus qu’un mauvais souvenir dans trois jours, pour le départ dimanche de la plus longue étape du parcours, Wellington - Rio via le Cap Horn (6 700 milles). Cette 5ème place n’entame pas le moral du jeune équipage puisqu’il conserve leur deuxième place au classement général provisoire à l’issue de cette 6ème manche.

« Ericsson nous a bien mis la pression, raconte Sébastien Josse à l’arrivée. Après leur petit coup dans les îles et dans les vents thermiques, ils étaient à 100 mètres derrière nous. Je n’ai pas l’impression qu’on est fait une prouesse en contenant leurs attaques, mais on a fait ce qu’il fallait pour les tenir à bout de gaffe. Cela nous prouve que nous pouvons naviguer au contact sans complexe. Pour la vue d’ensemble de cette manche, à la sortie du Détroit de Bas nous avons plutôt bien navigué, mais les soucis de notre première journée de course ont beaucoup hypothéqué nos chances de succès. Avec Gerd Jan blessé, nous avons navigué avec un précieux équipier en moins et notre grand voile déchirée nous a fait perdre beaucoup de temps. Cette étape de vitesse de 4 jours m’a beaucoup fait pensé à une étape du Figaro, avec ses coups d’accordéon, ses brises thermiques qu’il faut aller chercher, ses navigations au contact. Après 3 ou 4 Figaro, on a fait un peu le tour de tous les cas de figures. C’est vraiment une super école. »

Movistar se met au sec • Ericsson ne passe pas la ligne

movistar in Wellington
Close up of the damage to the keel wedges on Leg winner Volvo Open 70 movistar is hauled out for damage evaluation incurring a 2 hour penalty at the restart

A noter que l’escale de Wellington ne ressemble pas aux précédentes de Cape Town et de Melbourne. C’est en effet un Pit Stop où toute intervention faite par un membre extérieur à l’équipage navigant, ou tout matériel amené sur le bateau sera sanctionné par une pénalité en temps de 2h minimum. Pour l’instant, le vainqueur de l’étape Movistar a choisi de sortir de l’eau et donc de prendre ce minimum de 2h de pénalité. Ericsson a choisi une autre tactique, que certains trouvent peu fair play. En exploitant le règlement à fond qui interdit tout intervention extérieure pendant le Pit Stop, Ericsson a choisi de ne pas franchir la ligne après ABN AMRO TWO. Il est reparti dans la direction opposée à la ligne d’arrivée pendant un bref instant, puis est revenu vers la ligne sous grand voile seule, suspendant sa course à 7h08 (Paris). Ce faisant, Ericsson se donne la possibilité d’entreprendre des réparations avec assistance, sans tomber sous le coup des 2 heures (voire plus) de pénalité et de repasser la ligne avec un bateau remis en état pour l’étape suivante.


• Classement général à Wellington

- 1. ABN AMRO ONE 38
- 2. ABN AMRO TWO 28
- 3. movistar 25
- 4. Pirates of the Caribbean 21.5
- 5. Brasil 1 20
- 6. Ericsson Racing Team 16.5
- 7. ING Real Estate Brunel 11.5



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