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Volvo Ocean Race

Sébastien Josse : "Le record des 600 milles par jour est possible"

"23.5 noeuds, cela ne s’était jamais vu en monocoque"

Monday 23 January 2006Redaction SSS [Source RP]

Le skipper français Sébastien Josse a mené son équipage de "Kids" (moins de 30 ans) à la deuxième place de la seconde étape du tour du monde en équipage. ABN Amro Two a franchi la ligne d’arrivée à Melbourne un peu plus de quatre heures après ABN Amro One skipper par le Kiwi Mike Sanderson. Retour sur cette seconde étape avec "Jojo" qui a bouclé les 6400 milles de l’étape avec un nouveau record Record #sailingrecord de distance parcourue sur 24 heures à la clef.

Cela a été une vraie course poursuite pour arriver à rattraper votre frère siamois ?

Oui, cela a été une très belle course. Il a fallu travailler très dur car les ABN AMRO ONE sont partis avec un petit coup d’accordéon météo dès le 4ème jour de course et il a fallu travailler dur pour revenir et même les dépasser un moment, à 1 500 milles avant l’arrivée. C’était une étape difficile, dans les mers du sud avec du froid, des vents de 30-35 nœuds mais un record Record #sailingrecord des 24h à la clé.

563 milles, c’est assez inimaginable en monocoque. Qu’en pensez-vous ?

C’est sûr que cela ressemble plus à une journée moyenne de multicoque. 23.5 noeuds, cela ne s’était jamais vu en monocoque. On s’était arrêté en 60 pieds à 19 nœuds et des poussières. Donc être 4 nœuds plus rapide que les 60 pieds Open, confirme que les VO 70 sont une nouvelle génération de monocoque et je pense qu’il y a encore le moyen d’améliorer ce record Record #sailingrecord d’une dizaine de milles.

Quels sont les souvenirs que vous avez de cet Océan Indien. Des bons, des mauvais ?

Que des bons souvenirs. Nous sommes une équipe des « Jeunes » avec un âge moyen de 26 ans. On a le bateau d’entraînement du Team ABN AMRO, donc on est là pour donner notre maximum et faire le mieux possible. Et s’il y a un résultat, tant mieux. Sinon, au niveau des sensations, avec ce record de 24h à plus de 23 nœuds, ce sont des souvenirs inimaginables, avec le bateau qui vole sur l’eau. C’était très humide mais cela a été des sensations qu’on ne retrouve sur aucun autre bateau, peut-être sur des dériveurs, sur un 5O5. Mais là, le bateau, il fait 23 m ! Sinon, mes bons souvenirs c’est la vie à bord, le sourire des équipiers quoiqu’ils fassent, même dans des conditions dures. Tout cela n’a été que des bons moments. Il y a eu des moments durs à cause des conditions météo, mais pas de mauvais moments.

Côté météo, le vent a-t-il été particulièrement fort sur cette étape ?

Non cela n’a pas été des conditions démentielles. 35-38 nœuds a été le maximum que nous ayons eu. Nous avons eu juste une dépression un petit peu creuse avec 35 et 40 nœuds, mais avec une mer bien formée et une bonne position par rapport à la dépression. En plus, avec ces VO 70, nous avons l’avantage d’aller vite et de rester en avance des dépressions, on ne se rapproche jamais du centre, donc la mer est toujours très maniable. Dans cette course, avec ces bateaux, on approche de la philosophie des multicoques, quand Bruno Peyron dit qu’avec Orange, il arrive à attraper le train des dépressions. Dans cette course, c’est un petit peu pareil, on arrive à rester 4 à 5 jours en avant de la dépression. Cela change la manière de naviguer.

Les sensations sont donc très différentes de celles que vous avez eu sur votre Open 60 pendant le dernier Vendée Globe ?

Oui, tout est différent. Dans la Volvo, le bateau est poussé à 100%, 24h sur 24 pendant toute une étape (entre 15 et 24 jours), avec des escales possibles pour réparer le bateau. Sur le Vendée Globe, c’est une course de 3 mois en solitaire sans escale, donc si on casse quelque chose, c’est fini. C’est donc deux philosophies, deux courses différentes. Donc des sensations différentes. La Volvo, c’est à fond, à fond tout le temps.

Qu’est-ce qu’il faut pour battre les deux ABN AMRO, qui ont eu un choix architectural différent des autres concurrents ?

Le problème, entre guillemets, de la flotte, c’est que les autres bateaux ont été construits et donc mis à l’eau très tard. Si ABN AMRO s’en sort bien, c’est aussi parce que les bateaux ont beaucoup navigué avant le départ. C’est surtout notre cas, car ABN AMRO TWO, qui est le bateau « laboratoire » du team a été mis à l’eau en janvier 2005. Nous aussi nous avons cassé plein de choses dans notre système de quille et dans la structure des bateaux, mais c’était longtemps avant le départ de la course. Les autres syndicats, à l’exception de Movistar, payent leur arrivée tardive dans cette course. Donc ils cassent ces pièces pendant l’épreuve et non pas avant. Je pense qu’une fois que les plans Farr des autres Teams seront réparés, le niveau va revenir. Je pense qu’à partir de Rio, on va naviguer avec les mêmes potentiels de bateau. Au départ, on a navigué 5 jours à vue avec Paul Cayard, ce qui prouve que le potentiel des bateaux sont très très proches, mais c’est certain que nous, nous avons l’avantage d’avoir des bateaux plus fiables.

Donc vous restez prudents sur la suite de la course. Rien n’est joué.

Bien sûr qu’il ne faut pas les négliger. Surtout que les bateaux du Team ABN sont typés très puissants, très off-shore. Ces deux premières étapes sont celles qui nous correspondent le mieux avec les deux prochaines. Nos deux VO 70 ont été dessinés pour cela. Mais la Volvo finit au mois de juin, en Suède en mer du nord, après un retour en Atlantique, dans des vents sans doute un peu plus légers, qui donneront peut-être un petit avantage aux plans Farr.

Certains disent qu’avec les bateaux de la Volvo, la barre des 600 milles en 24h peut être atteinte ?

Oui. Il suffit d’avoir la bonne dépression en Mer du Nord, avec le Gulf-stream et deux trois nœuds de courrant qui nous poussent, et les 600 milles en 24h sont accessibles. Pendant notre récent record, on a fait 24.8 nœuds de moyenne pendant 6 heures. Après, ce n’est que l’état de la mer qui limite la vitesse du bateau. Dès que les vagues sont trop grosses, la progression est trop saccadée. Alors que quand la mer est plate, avec 25-30 nœuds de vent, et le bon d’angle d’attaque, le bateau vole au-dessus de l’eau et cela suffit pour aller vite. Donc, dans le Pacifique et dans l’Atlantique Nord, je pense que ce sont les deux endroits du globe, où le record des 600 milles par jour est possible.

Sinon, pour conclure, en tant que skipper de ABN AMRO TWO, pas trop fatigué ?

Non. C’est l’avantage des courses en équipage. Nous avons des roulements, avec des chefs de quart qui sont là pour assumer la marche du bateau pendant leur quart. Mais en tant que skipper, je reste un peu sur le mode « Vendée Globe », c’est à dire en alerte 24h/24h. Dès que le bateau s’arrête ou quand il se passe quelque chose que je trouve bizarre, je vais voir sur le pont et quand je suis à l’intérieur, je suis sans arrêt entrain de regarder les cadrans. Avec le navigateur Simon Fisher, nous avons toutes les responsabilités des changements de voile et de la tactique, donc on ne peut jamais être complètement « Off ». Notre équipage fonctionne très bien, avec beaucoup d’enthousiasme, chacun étant convaincu d’avoir une opportunité extraordinaire à saisir. Nous étions 10 au départ de Vigo, le 12 novembre dernier et se seront les mêmes qui prendront le départ de la prochaine étape. En plus tout le monde est en pleine forme. Je pense que cela tient beaucoup à notre façon de naviguer qui est assez décontractée, sans à coup, sans pression particulière, fun et toujours enthousiaste.

Info Anne Massot / Team ABN Amro


View online : www.abnamro.com/team


Arrivés à Melbourne - heure Paris

- 1 - ABN AMRO ONE - samedi 21 janvier à 10h 08 après 18jours 22heures 8mn de course - 29 pts au Gén Prov (1er)
- 2 - ABN AMRO TWO - samedi 21 janvier à 14h 20mn 23s après 19jours 2heures 20mn de course - 24 pts Gén Prov (2ème)
- 3 - Movistar - dimanche 22 janvier à - 02h 50mn 57s après 19j 14h 50mn 57s de course - 15.5 pts au Gén Prov (3ème)
- 4 - Pirates des Caraïbes - lundi 23 janvier- 13h 24mn 40s



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