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Trophée Jules Verne

Le 14 d’Orange s’approprie Jules Verne et record absolu

Peyron et son équipage accueillis en triomphe à Brest

mercredi 16 mars 2005Redaction SSS [Source RP]

L’équipage de Bruno Peyron a établi ce mercredi 16 mars un nouveau temps de référence autour du monde en combinant le Trophée Jules Verne et le record Record #sailingrecord absolu en 50 jours 16 heures 20 minutes et 4 secondes. Il améliore ainsi le précédent record Record #sailingrecord détenu par l’Américain Steve Fossett sur Cheyenne. Après avoir franchi la ligne d’arrivée vers trois heures du matin au large d’Ouessant, hommes et catamaran géant ont rejoint Brest Brest #brest où ils ont été accueillis par amis, familles, médias et spectateurs...

Quelle belle arrivée ! Elle a été à l’image de ce tour du monde, avec un maxi catamaran Orange II filant à plus de 30 noeuds, flotteur au vent décollé, cela sous la seule force de la trinquette et de la grandvoile à 2 ris. Dans le ciel, seul les hélicoptèrs ont pu suivre une telle cadence, les bateaux à moteur, poignée dans le coin, essayent tant bien que mal de s’accrocher à son sillage. Le soleil et la température sont de la partie, tout comme le public, les yeux rivés à l’écran géant qui fait vivre en direct cette entrée majestueuse. C’est sous les hourras que le nouveau détenteur du Trophée Jules Verne, en 50 jours 16 heures 20 minutes et 11 secondes vient accoster le long du quai du port de commerce de Brest Brest #brest , sur les coups de 10h30 ce matin. Rasés de près ou non, carrément barbu à l’image de Yann Eliès, un des trois chefs de quart du bord, les visages rayonnent de bonheur. La nuit a été courte, sans sommeil, mais les nerfs lâcheront plus tard. Tous profitent des retrouvailles. Sur le podium où s’est rassemblé l’équipage, une aura magique émane. Tout le monde est sous le charme, avec un Bruno Peyron au sommet de son art. Fort de près de 30 ans d’aventure Aventure et de courses sur toutes les mers du monde, avec trois Trophée Jules Verne à la clef, il sait trouver les mots justes pour remercier tout ceux qui ont rendu possible cette performance qui fera date dans l’histoire Histoire #histoire de la marine Marine Marine nationale à voile. Merci Bruno, merci à toi et à ton formidable équipage. A bientôt pour de nouveaux records sur les océans de la planète.


Premières réactions de l’équipage

Troisième Trophée Jules Verne pour Bruno Peyron après 1993 et 2002 !
Photos : G.Martin-Raget/Orange

-Bruno Peyron (sur le podium) : « Je tiens à remercier en premier les constructeurs, avec plus de 100 000 heures de travail effectuées. Les préparateurs, qui ont fait un boulot formidable et bien sûr les architectes (le design team du chantier Multiplast, dirigé par Gilles Ollier NDLR) qui ont fait naître le bateau. Cela n’a pas toujours été facile et Alain Prost doit bien comprendre ce que je veux dire, mais de cet échange permanent est née cette lignée de maxi-catamarans qui ont fait 1er et 2e à The Race, puis le Trophée Jules Verne en 2002 et 2005 ».

- Bruno Peyron (suite) : « Que le Trophée Jules Verne et le record absolu autour du monde soient à nouveau réunis, je trouve cela plus joli. Ce passage avec deux records dissociés restera comme une parenthèse dans son histoire, un peu comme dans la Coupe de l’America quand un catamaran était venu défié un grand monocoque. »

- Philippe Péché ( Chef de quart) : « Sur ce tour du monde, on a effectué 129 changement de voiles d’avant, ce qui est beaucoup même si je n’ai pas sur moi les chiffres de 2002. Nous avons effectué 54 prises de ris (réduction de la grand voile), 55 empannages et 8 virements de bord (changement d’amures). Nous ne sommes jamais restés sous-toilé ou sur-toilé et les man ?uvres s’effectuaient avec un tempo précis. Nous n’avons pas cassé une seule latte dans la grand voile. En 2002, on en avait cassé 7. A chaque fois, c’est au moins deux heures de perdues ».

- Lionel Lemonchois (Chef de quart) : « Avec les nouveaux safrans dessinés par Mick Kermarec (architecte impliquée notamment dans la Coupe de l’America ), on place le bateau où l’on veut sur la vague. Une grosse évolution à faire concerne la position et la protection du barreur. Avec la vitesse, on en prend plein la gueule et cela va à l’encontre de la performance. On avait un petit pare-brise de protection que l’on trimballait d’une coque à l’autre. Il a volé en éclat dès la première grosse vague. J’étais à la barre et c’était à l’entrée de l’océan Indien. Heureusement, on n’ a pas fait beaucoup de reaching (allures près du vent), mais beaucoup de vrai portant. Le bateau mouillait alors très peu. Sinon, cela aurait été encore bien pire ».

- Roger Nilson (Navigateur-Médecin) : « En moyenne, côté météo, on a eu de la chance. Les français sont plus décontractés que les anglo-saxons. J’aime ça et cet équipage est vraiment merveilleux. Sinon, il n’y a pas eu un bobo sérieux à bord. Les gars sont pros et savent ce qu’ils font. »

- Florent Chastel (Numéro 1) : « La manoeuvre que je crains le plus et les deux autres qui la faisait comme moi (Nicolas Castro et Ronan Le Goff NDLR) ne me contrediront pas, c’est quand il faut aller en bout de bôme pour mettre la sécurité sur le ris que l’on vient de prendre. Avant de la mettre, c’est un petit bout de 14 qui prend toute la tension. On le voit, on l’entend travailler et si il casse, cela fait catapulte. La bôme est tiré vers le bas par l’écoute, puis vers le haut par la voile qui se regonfle. Même attaché, je ne suis pas serein à ce momment là ».

Réaction de skippers...

- Steve Fossett : "Bruno, vous avez amélioré le record du tour du monde. Avant votre premier record en 1993, le record était de 109 jours par Titouan Lamazou. Et maintenant, sur votre troisième essai, vous le descendez en dessous de la moitié de ce temps ! Bien que je sois triste de voir mon record battu au bout d’un an seulement, j’éprouve toujours la satisfaction de faire partie de l’histoire, sans cesse en évolution, de ce record du tour du monde. Votre nouveau record risque de durer et vous avez certainement marqué de votre empreinte l’histoire de la voile en le battant à trois reprises. Vous et votre équipage avez navigué extraordinairement bien. Je suis content pour vous."

- Ellen MacArthur : « Félicitations à Bruno et à l’équipage d’Orange II pour avoir établi un nouveau record autour du monde. Bruno et son équipe ont exécuté un programme exemplaire depuis le dessin et la construction du bateau puis lors d’un tour du monde. Personne ici ne sous-estime les efforts engagés - des navigateurs à l’équipe technique - pour entreprendre une telle opération qui s’est terminée par un grand succès. Orange II vient d’établir un record qui devrait tenir longtemps. La détermination de Bruno Peyron et sa persistance sur le long terme font de lui le Roi du Jules Verne ! »

- Francis Joyon : « Je suis bien sûr très admiratif de la performance. Orange II a gagné une semaine sur le record précédent, et ceci à peine un an après que Steve Fossett ait été le premier à faire un tour du monde en moins de 60 jours ! Cela donne une idée du rythme adopté par Bruno et ses hommes - au nombre desquels j’ai d’ailleurs pas mal de copains, comme Jacques Caraës ou Bernard Stamm, pour qui j’ai évidemment une pensée particulière. Chapeau ! »

- Franck Cammas : « C’est un très beau record avec une très grosse marge. La barre des 50 jours est venue très vite. Il va être difficile de faire mieux à part peut-être sur l’Atlantique. Le défi autour du monde est désormais bien supérieur à ce qu’il était il y a quelques mois. Nous, avec notre projet de trimaran de 32 mètres, on est parti sur une philosophie différente, mais on est très confiant. Maintenant, Orange II a pris une marge de 7 jours sur l’ancien record et c’est une marge énorme. On espère bientôt se trouver bord à bord sur une même ligne de départ ! »

- Thomas Coville : « Bruno, c’est sûr, mais aussi avec toute son équipe auront une nouvelle fois marqué de leur sillage l’histoire de ce parcours ultime ! 50 jours ! Chapeau bas. Sans doute le résultat de l’expérience, la sagesse, la cohésion d’une superbe équipe conjugué avec la maîtrise de l’exploitation d’une météo exceptionnelle. »

- Jacques Vincent : « Cheyenne est définitivement un bateau d’un autre siècle. Notre record a été un miracle, aussi bien humain que "divin" (la météo n’étant pas une science). Celui d’Orange II ressemble à une conquête des temps modernes, la revanche de Goliath, le retour de César... Au revoir Cheyenne qui avait rajeuni le record d’une dizaine de jours. Bravo à Orange II et à son équipage qui ont placé la barre si haute. »

- Olivier de Kersauson, Le Président et ancien détenteur du Trophée Jules Verne, a félicité Bruno Peyron et son équipage pour leur splendide performance autour du Monde. « La barre des cinquante jours est maintenant toute proche, témoignant des immenses progrès que notre sport accomplit d’année en année. Aucun autre sport mécanique ne peut prétendre à un tel niveau de progression, chaque nouvelle génération de bateau repoussant les limites encore plus loin. Le Trophée Jules Verne reste la référence absolue de l’engagement humain et technologique, et Bruno Peyron vient d’en écrire, pour la troisième fois, une des plus fabuleuses pages. »


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