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Trophée Jules Verne

Vingt jours de mer devant Géronimo, Cheyenne passe le Cap Horn

1089 milles d’avance pour l’Américain, 927 pour le Français

jeudi 18 mars 2004Christophe Guigueno, Redaction SSS [Source RP]

Le match franco-américain se poursuit à coup de milles entre les deux maxi-multicoques en course contre la montre autour du monde. De retour en Atlantique, Cheyenne de Steve Fossett a perdu du temps mais compte plus de 1000 milles d’avance sur le tableau de marche du détenteur du Trophée Jules Verne. Après presque 1000 milles d’avance mais toujours dans l’Indien, Geronimo d’Olivier de Kersauson s’attaque à une partie où Orange 1 était très rapide. Suspens...

Steve Fossett at the helm. Lined up in front of him, L-R : Damian Foxall, Mike Beasley, Fraser Brown, Mark Featherstone, Brian Thompson, Justin Slattery, Jacques Vincent, Dave Scully and Guillermo Altadill. Crouching in front are Adrienne Cahalan and Paul ’Whirley’ van Dyke.
Photo : Nick Leggatt / Marathon Racing 2004 / Fossett Challenge

• A bord de Cheyenne : La barre des 60 jours en vue

Steve Fossett y croit ! Maintenant que lui, son équipière et ses onze hommes d’équipage naviguent en Atlantique, il se "sent rempli d’optimisme" pour battre le record Record #sailingrecord détenu depuis 2002 par Bruno Peyron.

Et il a de bonnes raisons pour cela. Mercredi, Cheyenne, son maxi-catamaran de 38 mètres de long, a franchi le Cap Horn. Cela faisait 39 jours 16 heures et 16 minutes qu’ils s’étaient élancés de l’île d’Ouessant. Son avance sur le chrono d’Orange 1 est estimé à 1089 milles, soit deux journées et demie de mer.

S’ils conservent ce timing, ils devraient s’offrir le nouveau temps de référence autour du monde en équipage et approcher la barre symbolique des 60 jours. Mais la traversée du Pacifique Sud ne s’est pas faite sans encombre puisque le géant possédait plus de quatre jours d’avance sur le tableau de marche du catamaran français avant de connaître des soucis de rail de grand-voile.

Jack Vincent, le Français du bord revient (sur le site officiel de Fossett Challenges) sur les raisons de ce ralentissement : "La réparation du rail du mât nous a beaucoup retardés. Du coup nous nous sommes retrouvés, sans vent et secoués violemment dans une mer bouillonante, au centre d’une mauvaise dépression à 975 mb. Impossible de dormir. D’habitude la dérive vibre à se deboulonner et l’eau vrombit le long de la coque....dans un fracas de chute d’eau. Mais là, le silence, ponctué par les coup de butoir d’une bôme folle est pesant..."

Mais mardi ce calme est de courte durée puisque Brian Thompson donne le branle-bas de combat à bord. La têtière de grand-voile a arraché le rail qui la maintient au mât-aile : "on affale et on renvoie immediatement au 1er ris. On est un peu abasourdi par cette seconde rupture du rail, mais il faut continuer cap à l’Est le plus vite possible pour échapper aux calmes... Mercredi matin (... en petite tenue, 2 ris et solent, Cheyenne surfe la houle du Pacifique entre les grains ou l’anemometre monte à 40 noeuds et nous apercevons la terre pour la premiere fois depuis 39 jours.

A bord c’est la frenesie des veilles de fêtes. Et puis ca y est on voit le Cap Horn. Mercredi soir a 21h26 utc Cheyenne est au Sud du fameux Cap, éclairé glorieusement par le coucher de soleil . Des chocolats sortent de toutes les poches (on a sacrifie la ration du "day 64"), nos deux incroyables Kiwis ont chacun une bière à la main, Guillermo sort avec le pavillon de son resto catalan prefere, (moi j’ai ma casquette "Sodebo") et le panneau "Cap Horn" est fièrement tenu par les 2 intrépides Irlandais. Un avion des "annees soixante" nous survole. Sceance photo interminable, heureusement le bateau file a 20 noeuds, le soleil disparait sous l’horizon, l’obscurite avale la silouette du "Rocher" deja dans notre sillage. C’etait un "bon Cap Horn".

C’est un miracle d’etre arrive jusque là, la suite s’annonce difficile à cause d’une météo compliquée, mais le record Record #sailingrecord reste à notre portée. Le bateau, une fois le rail réparé, sera de nouveau à 100 %, comme le moral de l’équipage !"

CG

• J 40

- Latitude : 54 49.808 S
- Longitude : 64 58.223 W
- Avg Speed : 19.02 kts
- Dist. to Finish : 7009.41 nm
- Avance sur record : 1089 milles

Source Fossett Challenge


• A bord de Geronimo : 10 000 milles à 19 noeuds de moyenne

Cette nuit, le trimaran de Cap Gemini et Schneider Electric concluait sa 21e journée par un total de 542 milles parcourus en 24h, à la vitesse Vitesse #speedsailing moyenne de 22,58 nœuds, laissant derrière lui les îles Crozet, soit sa septième journée à plus de 500 milles depuis le départ. Puisque les chiffres deviennent une véritable obsession à bord du trimaran et chez ses observateurs, voyons cela en détail...

La vitesse Vitesse #speedsailing moyenne mesurée point à point depuis le départ du chronomètre est de 18,41 noeuds, et la distance parcourue de 9280,63 milles. Mais Yves Pouillaude, chef de quart et responsable des systèmes embarqués, précisait ce matin : « À 08h18 ce jour, nous avons parcouru 10 000 milles sur la route fond (pas de point a point) en 21 jours et 9 heures, soit une vitesse moyenne sur la route de 19 noeuds et demi ».

Ces dernières valeurs représentent la véritable vitesse sur l’eau, mesurée par le GPS, alors que les distances de point à point sont des droites tirées en fin de période. Il devient donc évident que les empannages, les détournements de systèmes et autres zig-zag obligatoires coûtent en réalité 1 noeud de moyenne, et surtout 720 milles de perdus. La rentabilité de trajectoires « propres et bien tirées » devient évidente, et rien ne sert de lacérer l’océan de grand bords en Z. À noter également que sur les 7 derniers jours Geronimo a parcouru 3530 milles (en additionnant les distance de point à point) soit 504 milles par jour de moyenne sur la semaine (21,01 nœuds)...

L’écart à la longitude du Cap Leeuwin devient la principale sanction de la performance quotidienne. Avec plus de 920 milles d’avance sur le record ce matin, les onze hommes pourraient envisager la suite de façon sereine. Mais ils savent tous que Orange avait signé un exceptionnel chrono dans le Pacifique, et que l’Atlantique réserve parfois d’infranchissables obstacles. Ce qui est bien avec les chiffres, c’est qu’ils sont indiscutables et précis. Ce qui est moins bien, c’est qu’ils ne disent jamais l’avenir ou alors en se trompant...

Information Rivacom pour Geronimo. A suivre sur http://www.trimaran-geronimo.com

• JOUR 21

GERONIMO (Cap Gemini / Schneider Electric) : 47°36 S - 57°23 E
- 542 milles en 24 h, soit 22,58 nœuds de moyenne
- Distance au Cap Leeuwin : 2280 milles
- Avance sur record : 927 milles

RECORD : 40°14 S - 38°26 E
- 366 milles en 24 h, soit 15,25 nœuds de moyenne
- Distance au Cap Leeuwin : 3207 milles



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