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TROPHEE JULES VERNE

Le duo Gerorimo - Orange 2 glisse au large du Maroc

Peyron : "J’aimerais bien qu’on soit plus près de Geronimo en fait pour pouvoir vraiment comparer"

samedi 28 février 2004Christophe Guigueno, Redaction SSS [Source RP]

Deuxième jour de mer et régate toujours aussi serrée entre les équipages de Geronimo et d’Orange 2. Avantage toujours pour le premier parti des deux qui ne perd pas un mètre sur son poursuivant à deux coques.

• A bord de Geronimo : Des conditions exigeantes

Après deux jours et demi de mer, Geronimo trace sa route au cœur d’une météo « tordue mais intéressante ».

« Les conditions sont instables et pas vraiment rentables, mais c’est amusant de performer dans des gammes aussi variées , même si c’est assez fatigant. Cela réclame beaucoup d’attention et de concentration à la barre comme aux réglages. Dans la même journée, les vents varient de 9 nœuds à 27 nœuds, ils passent du Nord au Nord Est, puis à nouveau au Nord. Avec des systèmes aussi irréguliers, ce n’est pas toujours simple de piloter quand les vents sont versatiles. Malgré tout, Geronimo est une bateau formidable avec lequel nous nous amusons beaucoup, même si nous trouvons qu’il y a quand même un peu trop de pétole. »

La concentration est au maximum pour les hommes de Cap Gemini et Schneider Electric. La vivacité également. En effet, sur le pont les manœuvres s’enchaînent à raison d’une vingtaine par jour. « L’équipage tourne bien, poursuit Olivier de Kersauson, l’esprit est détendu, ils enchaînent magnifiquement les manœuvres, tout le monde semble content ».

Du côté des genakers, rien à signaler : « Je touche du bois. J’ai une grosse pince à linge en bois sur ma table à carte... à priori ça va, mais ce ne sont pas les conditions idéales pour vérifier le bon fonctionnement des choses. »

Les yeux tournés vers l’Equateur, Olivier de Kersauson ne quitte sa table à carte que pour participer à chacune des manœuvres. « Dans 48 heures, nous serons du côté des îles du Cap Vert, j’espère que nous réussirons à accrocher les bons filets de vents. J’ai hâte de rentrer dans les vrais systèmes des alizés pour voir comment on marche ».

Information Rivacom pour Geronimo. A suivre sur http://www.trimaran-geronimo.com


• A bord d’Orange 2 : le maxi-catamaran de 36,80 mètres " ronge son frein "

463,6 milles au compteur, à la vitesse Vitesse #speedsailing moyenne de 19,3 noeuds pour Orange II : tels sont les chiffres de cette deuxième journée de navigation. Si ces chiffres peuvent faire rêver le plaisancier lambda, inutile de dire que le maxi-catamaran de 36,80 mètres " ronge son frein " actuellement au large des côtes marocaines. La cause est due à un anticyclone qui prend ses aises et qui s’étale du nord au sud de l’archipel de Madère. Impossible bien évidemment de le traverser ni de le contourner sur son versant ouest. De ce fait, Orange II plonge actuellement au sud-est pour aller chercher le vent le long de la côte nord-africaine. " Manifestement, ce n’est pas une descente rapide pour l’instant ! " lâche Bruno Peyron à la vacation du jour. " Nous avons actuellement 8 à 12 noeuds de vent et le choix des voiles est assez délicat. De toute façon, il n’y a pas d’autres possibilités que d’aller chercher le vent à la côte. Faire de l’ouest serait suicidaire ! ".

Si les anticyclones sont synonymes de soleil et de hautes températures, ils sont aussi les garants de vents faibles et capricieux. Celui qui bloque actuellement l’accès à la route directe oblige Orange II a suivre un cap au sud-est, vers les côtes sud marocaines. "Nous avons bien rencontré les zones de calmes que l’on attendait et nous essayons de nous débattre pour gagner dans le sud-est en enchaînant les empannages. Le but est maintenant de ne pas rester ici trop longtemps car l’addition risque d’être salée ! Cet anticyclone s’est décalé plus vite vers l’est que ce que nous avions prévu de France, donc il nous faut aller chercher le vent là où il est ! ". Contraint et forcé, Orange II se débat actuellement dans des vents de 10 noeuds de nord-ouest qui vont progressivement tourner au nord puis au nord-est à l’approche des côtes sud marocaines. " Nous devrions toucher en fin de journée des vents de 12/15 noeuds qui vont nous obliger à tricoter un peu à la côte. Mais les cartes météo sont très claires : c’est à la côte que le vent va revenir. Donc on assume cette situation en allant là où le vent est ! ".

Manoeuvres à répétition et changements de voiles à la volée sont le régime draconien du moment à bord d’Orange II. Car, ce sont bien dans ces conditions de vent dites " médium " que l’équipage est le plus soumis à rude épreuve. Aussi, la moindre rotation de vent ou le moindre souffle d’air supplémentaire doivent être exploités et se traduisent par une modification des réglages des voiles à poste ou par le changement de la voile d’avant... La réactivité est le maître-mot du moment et chaque mille gagné est important. Le but des heures à venir est donc clair : gagner le plus rapidement la hauteur d’Essaouira (Maroc) situé à 100 milles devant les étraves où le vent, logiquement, devrait prendre du coffre. Ensuite, il faudra se glisser le long des côtes sud marocaines puis mauritaniennes et attendre patiemment le rendez-vous fixé avec les alizés de nord-est qui devraient correctement s’installer à la hauteur de l’archipel canarien. A 13 heures ce jour, Orange II est à 200 milles dans l’ouest de Rabat (Maroc) et à 300 milles de Lanzarote (Canaries). Son décalage en latéral par rapport à sa route de 2002 est actuellement de 300 milles. Et si Madère avait été laissé sur bâbord (à gauche) il y a deux ans, Orange II laisse actuellement l’archipel portugais sur tribord (à droite).

Citations Bruno Peyron

Collection printemps/été... " Assez impressionnant quant on navigue sur des multicoques de se dire qu’en mois de trente heures de mer, après être parti dans des températures de 0°, on se retrouve à la latitude du Maroc dans des températures estivales. D’ailleurs nous venons de sortir la nouvelle collection printemps/été, on la teste actuellement et cela nous sied à ravir ! ".

Régate... "C’est facile d’être satisfait quand on a personne à côté. J’aimerais bien qu’on soit plus près de Geronimo en fait pour pouvoir vraiment comparer... On ne sait pas si on a les mêmes régimes de vent et les mêmes angles. C’est toujours impressionnant d’aller un peu plus vite que la vitesse Vitesse #speedsailing du vent, même en descendant, mais tout seul on ne peut que se gargariser avec de la vitesse virtuelle... Maintenant un trimaran est probablement plus à l’aise dans les petits airs, nous on n’a pas le choix, la priorité c’est la force du vent et on ne se pose pas de questions la dessus !"


• A bord de Cheyenne : à l’ouest des Kerguelen

Le catamaran Américain est pointé au même moment quelques 500 milles dans l’ouest des îles Kerguelen. Et c’est une troisième journée à pleine vitesse que viennent de vivre les équipiers de Steve Fossett.

Cheyenne a parcouru 573 milles en 24 heures 24 heures Record de distance parcourue sur 24 heures et possède une avance virtuelle de 944 milles sur le tableau de marche du premier Orange en 2002. Le catamaran de 38 mètres (le plus long des trois engagés sur cette course contre la montre autour du monde) navigue entre 19 et 23 noeuds en permanance.

"Nous naviguons sous une zone de haute pression" explique Brian Thompson. "Ceci nous permet de bénéficier de vents et d’une mer modérés pour ces latitudes. C’est un équilibre entre la route la plus courte et des conditions plus difficiles dans le Sud."

Brian rapporte aussi qu’ils n’ont pas croisé d’autre iceberg depuis hier. Mais qu’ils restent vigilant au radar et surveillent les zone froide dans la mer à l’aide d’une camera infra-rouge.

CG / Plus d’infos : Fossett Challenges


Positions de point à point distant de 24 heures 24 heures Record de distance parcourue sur 24 heures

Jour 2

GERONIMO : 33°55N/ 14°20W
- Nombre de milles en 24H : 472,5 Moyenne : 19,69

Orange II : 34°50N / 11°16W
- Nombre de milles en 24H : 464 Moyenne : 19,3

Record Record #sailingrecord 2002 : 35°23N/ 16°13W
- Nombre de milles en 24H : 471,7 Moyenne : 19,65

Cheyenne (jour 21) : 47°52S / 57°44E
- Nombre de milles en 24H : 573 Moyenne : 18.54


En direct des PC courses

Le Club Geronimo a ouvert ses portes à l’occasion du Trophée Jules Verne 2004, du lundi au vendredi, de 9h30 à 18h30, 76 Avenue Kléber, Paris XVI (métro Boissière, parking à proximité).

Attention, ce lieu d’accueil a été spécialement mis en place pour permettre aux journalistes, partenaires et personnes proches au projet de suivre en temps réel l’actualité du Trimaran. Il n’est pas officiellement ouvert au public.

Par contre, celui d’Orange est ’open’.

Le PC Course Orange est situé 91, boulevard Saint-Michel 75005 Paris.

Prochaine vacation lundi 1er mars à 11H30 et ces vacations sont ouvertes au public. Mercredi 3 mars, la vacation à 11H30 se fera en présence de Alain Prost et Laura Flessel, parrain et marraine du catamaran Orange II.


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