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Trophée Jules Verne

Orange et Geronimo aux trousses de Cheyenne

Peyron et Kersauson ont laissé Ouessant à bâbord quand Fossett file sous l’Afrique

jeudi 26 février 2004Christophe Guigueno

Un océan les sépare ! Cheyenne, le catamaran géant de l’Américain Steve Fossett a passé Cape Town où il a bien failli s’arrêter pour réparer un étai cassé. Pendant ce temps, Geronimo, puis Orange 2, ont pris le départ du parcours autour du monde en équipage au large de l’île d’Ouessant. De Kersauson a coupé la ligne à minuit 17 quand Peyron l’y a succédé à huit heures et deux minutes. La course contre la montre est relancée !

• A bord de Cheyenne : 1 jour et demie d’avance sur Orange

L’avarie d’étai a été réparée et l’équipage de Steve Fossett a repris sa course de plus belle autour du monde (Cheyenne n’est pas membre de l’association Trophée Jules Verne et ne peut prétendre au trophée). Quand Orange, en 2002, avait pointé ses étraves vers la ville du Cap en Afrique du Sud, Peyron et ses hommes avaient perdu beaucoup de temps. Au même passage, Fossett et sa bande, même s’ils ont perdu un peu de temps à réparer, ont glissé vers le grand Sud et gagné en distance sur la trajectoire du tenant du record Record #sailingrecord .

Ce jeudi, Cheyenne est d’ailleurs situé à moins de 400 milles dans l’ouest des îles du Prince Edwards. Le catamaran de 38 mètres file à grande vitesse Vitesse #speedsailing puisqu’il a parcouru quelques 445 milles sur les dernières 24 heures 24 heures Record de distance parcourue sur 24 heures à une moyenne de 18,54 noeuds. L’Américain s’estime même une journée et demie devant le tableau de marche du premier Orange. Voilà de quoi remonter le moral de l’équipage qui a bien cru que tout allait s’arrêter en Afrique du Sud.

Pour le site officiel de Steve Fossett Challenges, Jacques Vincent, seul Français à bord, est d’ailleurs revenu sur cette avarie de gréement. Extraits : "Ce qui nous est arrive est assez incroyable. L’avarie etait de taille et on aurait dit que Cape Town etait la sur notre route pour nous accueillir. Mais nous n’avons pas écouté les sirenes d’Afrique du Sud et on s’est mis en tête en dépit du bon sens qu’on pouvait peu être réparer un étai en cable de 22 mm !

Après avoir assuré le mât pendant la nuit, nous entreprenons le grand demontage car l’étai est noyé sous l’enrouleur et le foc. Nos deux Irlandais se sont relayés en haut du mât et sont nos vrais héros. La réparation du câble était en fait assez simple, bien que jusqu’au bout on a travaillé sans se poser de questions tellement cela paraissait impossible à réparer.

En tout cas, quelle satisfaction de ne pas avoir abandonné. Côté moral, on se sent invincibles ! Steve n’a pas quitté son regard impassible et neutre mais il a dit quelques mots qui montraient qu’il était content et qu’il avait choisi un bon équipage ...il a aussi ajoute : "At sea it is easy, you can stop and repair. Up in the air you just die" C’est sur."

Source : Fossett Challenge

• A bord de Geronimo : Départ le 25 février 2004 à 23H 17 mn 40secondes TU

Le trimaran aux couleurs de Cap Gemini et Schneider Electric s’est élancé dans sa tentative de conquête du Trophée Jules Verne le 25 février 2004 à 23H 17 mn 40secondes TU (minuit 17 mn HF). Parti à 18H00 du port de Brest Brest #brest , Geronimo a franchi la ligne cette nuit avec 20 noeuds de vent de Nord / Nord Est. En milieu d’après midi, il approche de la pointe nord-ouest de l’Espagne, douze heures après le départ du chronomètre.

" Un peu plus mou que prévu, bien mollasson même ", commente le skipper qui ajoute qu’au vent arrière " S’il y a un noeud de vent en plus, le bateau marche un noeud de plus. Il y a un ratio direct entre la vitesse Vitesse #speedsailing du bateau et celle du vent. " Les conditions sont donc un peu moins bonnes que prévues et manquent de puissance. Surtout, l’angle au vent ne favorise pas une vitesse optimale, la girouette restant obstinément au nord, parfois au nord-est, obligeant l’équipage à empanner régulièrement. " On a du vent assez faible, c’est pas très actif. Pas assez faible pour se dérouter, pas assez fort pour aller vraiment vite " rajoute Olivier de Kersauson. En réalité, Geronimo se déplace exactement aussi vite que l’air, et reste toujours juste devant la bascule de nord-ouest, plus puissante.

L’équipage reprend progressivement ses marques, et la température a déjà gagné trois degrés. " Les nuits d’appareillage sont fatigantes, avec les manoeuvres de nuit et la montée sur la ligne. ". Remplaçant Rodolphe Jacq au pied evé, Xavier Douin doit s’insérer dans un groupe très entraîné et réactif, avec Didier Ragot comme chef de quart. Rappelons que dix équipiers forment les deux quarts de cinq de Geronimo, le skipper restant hors quart et en charge de la navigation. Juste après le départ, deux quarts courts ont été enchaînés, puis le rythme normal de six heures sera rétabli à partir de cet après-midi.

Info RIVACOM / http://www.trimaran-geronimo.com • Photo : Cap Gemini / Schneider Electric / Rivacom

Orange 2 à huit heures ce matin lors de son deuxième départ de l’année mais cette fois-ci à quelques heures de son rival immédiat, Geronimo d’Olivier de Kersauson.
Photo : G.Martin-Raget/Orange

• A bord d’Orange : Sur les traces des Sioux

C’est à 9 heures 01 minute et 43 secondes locales ce matin (8h 01mn 43s TU) qu’Orange II skippé par Bruno Peyron a coupé la ligne de départ de cette course autour du globe longue, sur le papier, de 27 000 milles soit 50 004 kilomètres. Le phare du Créac’h situé sur l’île d’Ouessant, où Claude Breton chronométreur officiel du World Speed Sailing Record Record #sailingrecord Council (WSSRC) avait pris place, a été doublé sous la lumière du petit matin dans une mer formée vent contre courant et dans un vent de nord/nord-ouest soufflant à 17 noeuds avec rafales à 25 noeuds. Etraves pointées vers le ciel, Orange II est donc parti à la chasse du Trophée Jules Verne détenu par son skipper Bruno Peyron sur Orange I en 64 jours, 8 heures et 37 minutes. La date fatidique pour battre ce record, à une seconde prés, est donc fixée au vendredi 30 avril à 18 heures 38 minutes et 07 secondes heures locales soit 16 heures 38 minutes 07 secondes TU. Le compte à rebours est bel et bien lancé !

" C’est un très beau départ avec de belles lumières ! " lâche Bruno Peyron à la première vacation de ce tour du monde contre la montre. " Le vent était d’environ 10/15 noeuds dans une mer hachée mais avec des passages de grains et un ciel noir. Nous avons même eu une rafale de vent à 41 noeuds ! Nous étions sous grand voile un ris et trinquette au moment du départ et maintenant nous sommes sous grand voile un ris et solent. Nous avons donc renvoyé un peu de toile devant... Cela ne va très vite pour le moment, nous naviguons à 22 noeuds mais nous comptons encore renvoyer de la toile bientôt... ».

Si le vent est actuellement de secteur Nord dominant, sa force reste aléatoire et varie en force au passage des grains. Anticipation et réactivité sont donc au rendez-vous de ses premières heures de navigation. « Le vent devrait mollir au milieu du Golfe de Gascogne en refusant un peu avant de forcir à l’approche du Cap Finisterre (pointe nord-ouest de l’Espagne) » commente Bruno quant aux heures à venir. « C’est pourquoi nous allons certainement renvoyer notre premier ris dans la grand voile plutôt que d’envoyer notre gennaker ». En décodé : tout en faiblissant graduellement, le vent devrait légèrement basculer vers l’ouest au milieu du Golfe de Gascogne avant de se renforcer en revenant de secteur nord dominant à l’approche du cap espagnol tant redouté pour sa mer formée et ses accélérations de vent. Bruno et ses quatorze hommes d’équipage vont donc lâcher les 470 mètres carré de surface de la grand voile tout en gardant la voile d’avant actuelle, le solent. Si pour information, à 13 heures ce jour, Orange II pointe à 300 milles de cette fameuse pointe espagnole, rappelons pour anecdote que lors de sa première journée de mer soit la semaine dernière, Orange II avait parcouru la bagatelle de 635 milles en 24 heures 24 heures Record de distance parcourue sur 24 heures ... On peut logiquement en déduire, compte tenu des capacités du bateau et des conditions météorologiques à venir qui devraient rester à terme portantes, qu’Orange II devrait croiser au large des côtes portugaises dans les 24 heures à venir.

Information Mer et Media pour Orange : http://www.maxicatamaran-orange.com

• Repères du Trophée Jules Verne

- Départ / arrivée : entre le phare du Créac’h (Ile d’Ouessant - France) et le Cap Lizard (Grande Bretagne)
- Milles à parcourir : 27 000 milles soit 50 004 kilomètres
- Record à battre : Orange I skippé par Bruno Peyron (2 mars/5 mai 2002 - 64 jours, 8 heures et 37 minutes - 28 035 milles parcourus).

Orange 2
- Date / heure de départ : jeudi 26 février 2004 à 08 heures 01 minute et 43 secondes TU soit 09 heures 01 minute et 43 secondes heures locales
- Date / heure de retour pour battre le record d’Orange I : vendredi 30 avril à 16 heures 38 minutes 07 secondes TU soit 18 heures 38 minutes et 07 secondes heures locales

Geronimo
- Date / heure de départ : mercredi 25 février 2004 à 23H 17 mn 40secondes TU
- Date / heure de retour pour battre le record d’Orange I : vendredi 30 avril 2004 7H 54mn et 04secondes TU.

- Equipage : Bruno Peyron (skipper) ; Roger Nilson (navigateur) ; Halvard Mabire (chef de quart) ; Klabbe Nylof (chef de quart) ; Yann Eliès (chef de quart) ; Jacques Caraes ; Nicolas Pichelin ; Ronan Le Goff ; Sébastien Audigane ; Florent Chastel ; Yves Le Blevec ; Jean-Baptiste Epron ; Vladimir Dzalba Lyndis ; Nicolas de Castro ; Eduardo Valderas.



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