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Transat Jacques Vabre

Dick et Abiven (Virbac) attendus la nuit prochaine à Bahia

Sill nouveau second devant Ecover privé de spi

lundi 17 novembre 2003Information Transat Jacques Vabre

Jean-Pierre Dick et Nicolas Abiven (Virbac) sont attendus la nuit prochaine en grands vainqueurs des monocoques 60 pieds • Première course et première victoire en vue pour le premier 60 pieds Open dessiné par Bruce Farr • Au pointage de 16h00, Virbac compte encore 114 milles d’avance sur Sill, nouveau 2e, suivi par Ecover • Privé de spi, Ecover perd régulièrement du terrain sur ses adversaires • Bayer et Banque Covefi, les deux derniers multis 60 en mer, sont attendus dans la soirée et dans la nuit • A leur tour, les derniers monocoques 60 pieds et les premiers 50 pieds arrivent dans le Pot-au-Noir.

Le trimaran de Fauconnier et Foxall en approche de Bahia hier
Photo : B.Stichelbaut / Sergio Tachini

Après les arrivées express de dimanche, les trimarans se succèdent au compte-goutte lundi dans le port de Salvador de Bahia. Foncia (Gautier-McArthur), Sopra Group (Monnet-Bourgnon) et Bonduelle (Le Cam-de Pavant) ont franchi la ligne en fin de nuit ou dans la matinée. Bayer CropScience (Le Peutrec-Cressant) doit suivre en début de soirée. L’événement de la nuit prochaine sera l’arrivée de Virbac (Dick-Abiven), premier monocoque 60 pieds, quasiment bord à bord avec le dernier multi, Banque Covefi (frères Ravussin).

• Monocoques 60 pieds

Jean-Pierre Dick et Nicolas Abiven (Virbac) n’avaient plus qu’une centaine de milles à parcourir à 16h00 (heure française) pour arriver en grands vainqueurs dans la Baie de Tous les Saints. En tête depuis neuf jours, le duo Dick-Abiven étonne et épate ses pairs qui n’ont de cessent d’admirer l’efficacité de la méthode Dick. Un bateau dessiné par un des meilleurs cabinets d’architectes au monde, Farr Yacht Design, construit dans le meilleur chantier de Nouvelle-Zélande, Cookson Boats, et préparé par une équipe de spécialistes, dont Luc Dubois pour les voiles, Jean-Yves Bernot en stratège météo et Nicolas Abiven pour la préparation en elle-même.

De plus en plus détendus aux vacations radio au fur et à mesure que l’arrivée approche, Jean-Pierre et Nicolas savourent actuellement leurs dernières heures de course à bord de ce bateau qui semble particulièrement bien né. « C’est un bilan extrêmement positif, explique Jean-Pierre. C’est la première confrontation du bateau face aux autres. Que ce soit le côté matériel ou humain, on ne peut que se réjouir de la gestion de ce projet. On n’a pas eu de casse majeure, on arrive avec un bateau en bon état. Tous les gens du projet ont bien travaillé. En termes de performances, on est très content. Le seul point négatif est au près dans de la brise très forte. Mais on va y travailler… Naviguer en double est également un exercice très intéressant. »

« On pense arriver vers 1 ou 2 heures du matin (heure française), enchaîne Nicolas Abiven. Après deux semaines en mer, on aura bien besoin d’une petite douche, car nous avons oublié de prendre le savon. Heureusement, nous avons des lingettes pour faire notre toilette. Nous avons pris le minimum à bord : une brosse à dents chacun, une paire de chaussures et une de bottes, deux tee-shirts. Il n’y a qu’en bouffe qu’on va arriver avec du surplus. Finalement, on n’a mangé que deux vrais repas par jour, et non trois. Le matin nous prenons des céréales avec du lait 2e âge ! La personne qui a fait les courses s’est trompée… Cela nous rajeunit un peu ! »

Derrière, Sill (Jourdain-thomson) a repris la deuxième place à Ecover (Golding-Thompson), qui navigue sans spi dans les alizés. « On cravache dur depuis deux-trois jours pour tenir le rythme d’Ecover, avoue Bilou, alias Roland Jourdain. Les nouveaux bateaux ont fait un net progrès en termes de performances. Le nouvel Ecover nous a mis une "dragée"au près alors que Sill était la référence au près jusqu’à présent. Et le système de ballast de Virbac semble vraiment bien étudié. » Après un début de course difficile, tous les monocoques savourent aujourd’hui la navigation dans les alizés de l’hémisphère sud. « Les conditions sont telles qu’on prend notre pied sur le bateau, avoue Jérémie Beyou (PRB). On n’est pas aux pièces pour arriver. On pense être à Salvador pour l’apéro mardi soir. On a 2-3 trucs à arroser ! (ndlr : naissance d’Achille Beyou pendant la course) »

• Multicoques 60 pieds

Lundi à 16h00 (heure française), il ne restait que deux trimarans en course le long des côtes du Brésil. Bayer CropScience (Le Peutrec-Cressant) et Banque Covefi (Stève et Yvan Ravussin) devraient clore la flotte des multicoques à la 12e et 13e place, derrière Bonduelle (Le Cam-de Pavant) arrivé à 12h40 (heure française). Rois de l’infortune, Jean et Kito ont connu des soucis de safrans dès le 3e jour de course. Au final, ils ont cassé trois safrans et la têtière du solent. « Si tu n’as plus de barre, très vraiment en danger, raconte Kito de Pavant à son arrivée. Le safran principal porte bien son nom. Sans lui, tous les efforts se reportent sur un safran de flotteur de 3,7 kg pour contrôler un trimaran de 6 tonnes en charge ! C’est de la folie… Lorsque le petit safran a cassé à son tour, à cause de la surcharge de travail, le bateau n’avait plus de safran dans l’eau et, heureusement, il est parti au lof et non à l’abattée. »

Arrivés dans la nuit, Alain Gautier et Ellen McArthur (Foncia), victimes d’avaries dès le départ, gardent un goût amer de cette transat. « On a été déçu dès les premières 24 heures 24 heures Record de distance parcourue sur 24 heures de course avec la casse de notre drisse de grand-voile, expliquait Alain Gautier au petit-déjeuner, après quelques heures de sommeil. On a eu 8 jours pour s’en remettre. C’est vrai qu’on est moins déçu aujourd’hui qu’il y a deux ans (ndlr : Groupama les avaient doublés la dernière nuit). On est arrivé à Salvador de Bahia, donc l’objectif premier est atteint. En fait, plutôt que passer un hiver à reconstruire un bateau, on va avoir un hiver pour le fiabiliser. Le but est maintenant de faire le plus de milles possible, et de mettre fin à une série noire. »

• Monocoques 50 pieds

C’est fait ! Défi Vendéen (Durand-Chemin) a fini par doubler le petit 45 pieds StorageTek (Guillemot-Salnelle) qui a résisté jusqu’à l’entrée du Pot-au-Noir. Devant, Hellomoto (Humphreys-Larsen) est pris dans les calmes de la Zone de Convergence Inter-Tropicale.

Loïc Le Bras


• CLASSEMENT 17/11/03 15:00:00 GMT
- Carte de positions ESRI : http://voile.esrifrance.fr/default_...

Rang Nom du Bateau Latitude Longitude Vit Cap Date - Heure Dist. Arrivée Dist. du 1er

MONOCOQUES 60 Open IMOCA Imoca #IMOCA
- 1 VIRBAC 11 50.76’ S 36 33.24’ W 10.5 219 17/11/03 14:44:00 138.9 0.0
- 2 SILL 10 20.92’ S 35 06.76’ W 15.5 221 17/11/03 14:14:00 252.9 114.0
- 3 ECOVER 10 05.76’ S 35 16.80’ W 15.3 223 17/11/03 14:44:00 263.4 124.5
- 4 PRB 8 59.48’ S 34 08.64’ W 15.2 213 17/11/03 14:44:00 357.8 218.9
- 5 VMI 8 02.52’ S 33 37.72’ W 14.2 214 17/11/03 14:44:00 420.0 281.1
- 6 TEAM COWES 7 09.12’ S 33 47.04’ W 13.2 201 17/11/03 14:44:00 455.6 316.7
- 7 CARREFOUR PREVENTION 4 41.56’ S 32 54.36’ W 11.3 197 17/11/03 14:44:00 610.3 471.4
- 8 ARCELOR-DUNKERQUE 1 19.80’ N 26 16.98’ W 7.6 227 17/11/03 13:32:00 1124.1 985.2
- 9 GARNIER 3 57.44’ N 29 18.28’ W 4.1 154 17/11/03 14:44:00 1172.4 1033.5
- 10 LOIRE ATLANTIQUE 4 34.68’ N 24 57.64’ W 3.3 193 17/11/03 14:44:00 1335.7 1196.8
- 11 60e SUD 7 42.96’ N 26 12.08’ W 8.8 183 17/11/03 14:44:00 1456.0 1317.0
- 12 ADECCO 8 04.76’ N 24 19.48’ W 9.9 193 17/11/03 14:44:00 1530.6 1391.7
- 13 TIR GROUPE 10 31.00’ N 24 44.36’ W 10.7 177 17/11/03 14:44:00 1644.9 1506.0

MULTICOQUES 60’
- 12 BAYER CROPSCIENCE 12 17.72’ S 37 22.04’ W 21.6 230 17/11/03 14:44:00 83.9 0.0
- 13 BANQUE COVEFI 10 58.04’ S 35 34.40’ W 14.8 224 17/11/03 14:44:00 216.3 132.4

MULTICOQUES 50 Open
- 1 MOLLYMAWK 17 29.56’ N 26 33.24’ W 12.7 175 17/11/03 14:30:00 1987.1 0.0

MONOCOQUES 50 Open
- 1 HELLOMOTO 4 39.40’ N 24 59.16’ W 4.3 174 17/11/03 14:44:00 1338.6 0.0
- 2 DEFI VENDEEN 7 46.32’ N 24 32.12’ W 12.4 188 17/11/03 14:44:00 1508.2 169.7
- 3 STORAGETEK 9 18.24’ N 27 11.28’ W 10.0 189 17/11/03 14:30:00 1514.4 175.8


- Antoine Koch - Loire Atlantique : « Ca va doucement. Nous sommes dans la zone sensible depuis avant hier et en rapprochement au but, c’est pas terrible. On découvre le vrai Pot au Noir ; les bateaux de devant sont passés à 11 nouds de moyenne mais la porte s’est refermée ! En terme d’apprentissage, on découvre ce qu’est vraiment le Pot au Noir. La première nuit, il y avait pas mal de vent synoptique - donc ça avançait bien - et puis des orages très forts. On s’est retrouvé avec 35 nouds de vent sous grand voile haute et génois, obligés d’abattre vent arrière pour dégonfler le plan de voilure, prendre des ris et rouler en catastrophe. Une entrée dans le Pot au Noir un peu agitée, mais à 14 nouds de moyenne ! Et puis hier matin, nous nous sommes retrouvés dans une zone sans vent avec toujours pas mal de grains autour. Nous allons entre 1 et 4 nouds, avec un cap entre 140 et 270 !!!"

Info M.Turcat

- Jérémie Beyou - PRB : « Nous avons 15 - 20 nds de vent au débridé, des conditions parfaites. Nous ne sommes pas pressés d’arriver car cela est très agréable. Nous pensons arriver à la tombée de la nuit demain ( vers 20h00, heure française). C’est l’heure de l’apéritif et cela tombe bien car nous avons des choses à fêter. (les naissances de Martin Riou et Achille Beyou, ndr). Cette transat a été un test grandeur nature pour Vincent qui peut comparer PRB aux autres bateaux de la flotte. L’année dernière le bateau avait été remis d’aplomb et l’année prochaine, l’idée sera de le rendre plus performant : changement de la quille, peut être les safrans et un travail sur le dosage des ballasts. Nos points de repère ont été Virbac et Ecover pour leur puissance et VMI au débridé qui est plus léger et qui a davantage de poids sur l’arrière. Le programme l’année prochaine, en accord avec le sponsor, sera d’améliorer PRB sur ces points. Par rapport à Jean Pierre, nous rigolons beaucoup avec Vincent. On essaye d’imaginer les titres dans la presse. On pense que ce sera « la Méthode Jean Pierre Dick ». Il a su travailler avec un très bon cabinet, de bons techniciens, un bon conseiller en la personne de Michel Desjoyeaux qui a fait le cahier des charges et un bon routeur avec Jean Yves Bernot. Et tout cela avec beaucoup de rigueur. C’est vrai que nous avons parfois été agacés de le voir tout le temps devant (rires) ! Cette transat a été pénible à certains moments mais ce qui est bien en voile, c’est que même les mauvais souvenirs se transforment en bons souvenirs. »

Info Effets Mer

- Sébastien Josse - VMI : « avec Isa ce n’est que du bonheur. A part Virbac, qui a fait une course exceptionnelle, nous n’avons pas à rougir de notre course par rapport aux autres bateaux ».

Info Effets Mer

- Sam Davies - Team Cowes : J’ai vraiment hâte de prendre un bon bain pour me débarrasser de tout ce sel. La course a été incroyable car nous sommes toujours allés assez vite pour avoir des embruns sur le pont. Le problème c’est que nous sommes trempés et aussi salés qu’un paquet de chips ! J’ai toujours mon deuxième et dernier sachet de shampooing et je crois que je vais l’utiliser demain. Je dois avoir assez d’eau pour m’offrir le luxe d’une petite douche avec une demi-bouteille de Vittel.

On file à 18 noeuds avec un vent de 20 nœuds sous grand voile haute et génois. J’adore ça ! Quand j’ai pris mon dernier quart, les conditions étaient un peu plus calmes. 17 noeuds de vent pour une vitesse Vitesse #speedsailing de 14 nœuds sous pilote et moi au réglage des voiles pour suivre la moindre petite bascule de vent. En fait, j’étais juste en train de me brosser les dents quand une rafale nous a surpris. Le bateau s`est penché brusquement et tout le côté sous le vent était dans l’eau. J’ai vite jeté ma brosse à dents et cherché le winch du génois complètement submergé pour choquer l’écoute. L’exercice aurait été plus facile si j’avais embarqué mon masque et mon tuba !!

Ca va me faire bizarre de terminer la course. On a un peu de mal à suivre VMI. Il est 23 milles devant nous et on ne peut pas faire avancer Team Cowes plus vite. En plus, je pense qu’ils ont touché le vent en premier. Pour avoir une chance de les rattraper avant l’arrivée, il faut essayer de ne pas perdre plus de milles...

Info Offshore Challenges

- Lionel Lemonchois - Gitana : " Il était temps que l’on arrive… Foncia est juste derrière nous, il nous a repris 30 milles (55 km) dans la journée. Nous n’avons pas eu de vent ces dernières 24 heures 24 heures Record de distance parcourue sur 24 heures . On passait sans cesse du gennaker au foc Solent à cause des oscillations du vent (pour les techniciens du 140° au 120° et de 5 à 15 nœuds)."

- Marc Guessard : " on a eu un problème de safran central et l’on ne pouvait pas tirer dessus en fin de course. Ce qui ne nous a pas aidé. Dès qu’il y avait trop de vent, il fallait lever le pied. Mais il était temps que l’on arrive quand on voit Foncia et Sopra Group qui finissent quelques minutes derrière nous. Jamais au Havre, on aurait pensé finir devant eux de si belle manière !".

Info Team Gitana

- Lalou Roucayrol - Banque Populaire : « J’ai pris un plaisir énorme à naviguer avec Pascal même si le mot plaisir n’est pas tout à fait juste dans cette course, mais la complicité dans les manouvres réalisées comme en Grand Prix, par exemple enrouler un solent sans changer de cap, c’était pour moi une forme de plaisir, un plaisir pratique ».

- Pascal Bidégorry : « Pour moi, à chaud je dis qu’il n’y a pas de plaisir, tu sors la tête et avec ce qu’on prend dedans, on sait quelle est la force et la vitesse Vitesse #speedsailing du vent, 28 - 30 nouds. En double, tu peux faire de la régate, sur les 3 premiers jours de course, c’était dur, très très dur ».

Info Groupe Banque Populaire

- Alain Gautier - Foncia : " Nous avons amené FONCIA au but, c’est la première fois que nous terminons une course au large. Après trois abandons, il était important de se fixer des objectifs raisonnables et nous sommes très heureux d’être ici avec un bateau qui va bien. Cette transat fût surtout frustrante pour nous car nous avons perdu toute chance de la gagner dès le premier jour quand on a cassé la drisse. Nous le savions. Pour autant, c’est une belle course. Groupama était impressionnant, Tacchini bien aussi et Banque Populaire a fait un joli come back, il a allumé sur la fin."

Info G. Du Penhoat



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