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Trophée Jules Verne

De Kersauson à mi-parcours en 30 jours... Ellen passe une mauvaise journée

lundi 10 février 2003Redaction SSS [Source RP]


Hier, le trimaran aux couleurs de Cap Gemini et Schneider Electric a laissé dernière lui l’Indien, cet océan cabossé et difficile qu’Olivier de Kersauson n’apprécie guère. Une vraie délivrance donc pour l’équipage qui fait maintenant route dans le Pacifique.

« C’est véritablement un soulagement. On a eu des conditions vraiment dégueulasses. J’ai vu que les systèmes tout à fait pourris qui empêchent de descendre perdurent après notre passage. Je suis très content d’être parti de cet océan. Actuellement nous sommes dans le Pacifique. On arrive enfin à pouvoir descendre le long d’une faille jusqu’à l’île Campbell. C’est un peu notre point de passage sous la Nouvelle-Zélande. Ensuite, si les vents le permettent, on va essayer de se caler un peu plus Sud. La houle et la mer ont réellement changé d’aspect ces 30 dernières heures. » . Les hommes de Cap Gemini et Schneider Electric n’ont mis que 72 heures pour relier le Cap Leeuwin et le Sud de la Tasmanie. Une partie qui n’a cependant pas été très facile à négocier : « Un cauchemar ! Je crois que c’est le mot exact. On avait de la mer à ne plus savoir qu’en faire, une grosse houle à la fois courte et cabossée dans tous les sens ainsi que des temps à grains. On a eu un passage vraiment pénible. Aujourd’hui, on se disait qu’on était enfin revenu à faire du yachting. Avant on faisait de la survie et ce n’était pas plaisant ».

Tôt ce matin, peu avant d’attaquer son trente et unième jour de mer, Geronimo a franchi la longitude 155°Est, représentant la moitié du parcours.

« C’est pas mal, mais il faut quand même compter sur le Pacifique, le Horn, la remontée de l’Atlantique, l’Equateur, le Pot-au-Noir, l’anticyclone des Açores… Tout ce que cela veut dire, c’est que Geronimo a bien parcouru la première moitié du parcours. Mais celui-ci ne manque pas d’embûches et elles sont encore nombreuses devant nous. L’océan Pacifique est formidable. Dans l’Indien, nous étions bloqués dans le Nord. Nous n’avons fait que subir les océans qui nous attaquaient. Dorénavant, on va pouvoir profiter des lumières, de l’extraordinaire beauté du Grand Sud. J’espère cependant qu’on va enfin réussir à y descendre ».

Depuis quelques heures, il y a donc moins de stress à bord. À signaler tout de même une latte cassée. Un incident mineur, survenu la nuit dernière. « Affaler la grand-voile, couper la nouvelle latte, la remettre et renvoyer la toile : 37 minutes ! Ce n’est vraiment pas long parce qu’il y a du boulot. Cela veut dire aussi que le niveau de préparation était vraiment bon. Pour chaque latte, il y avait les cotes. Si on cassait la première, la deuxième, la troisième ou une autre, on était en mesure de pouvoir en couper une nouvelle immédiatement ».

Actuellement, Geronimo navigue sous gennaker médium et grand-voile haute dans 26 à 30 nœuds de vent et avance à 25 nœuds. « L’air est frais parce qu’il vient du Sud mais le décor est superbe : la moitié de la lune, quelques étoiles… Que des jolis moments ! »

Position de Geronimo : Jour 30
- Position du bateau à 15H00 TU ce jour : 49°53S.- 160°33 E
- Distance parcourue en 12 heures : 247 milles
- Vitesse Vitesse #speedsailing moyenne sur les 12 dernières heures : 20,56 nœuds, point à point.

Information http://www.grandsrecords.com


MALGRÉ LE VENT FAIBLE, LES JOURNÉES SONT BIEN CHARGÉES et l’entretien du bateau occupe l’équipage en permanence. Hendo est monté à l’intérieur du mât pour passer une nouvelle drisse de Gennaker, et la liste des choses à faire ne diminue pas à bord de Kingfisher2.

EMAIL D’ELLEN ce matin :
- Et bien une fois encore, la nuit est magnifique. Seulement cette fois, le vent est plus faible... Notre vitesse Vitesse #speedsailing a diminué peu à peu ces dernières heures suite à une nouvelle dorsale de l’anticyclone de Sainte Hélène qui s’est déplacée sur nous d’est en ouest... Et une fois encore nous voilà dans une situation inévitable. Les dieux du vent ont du projeter une ombre sur notre monde... Les comportements changent un peu à bord maintenant que le rythme de vie s’est réduit aux choses les plus basiques. Laver à l’eau de mer, préserver les vêtements que nous avons en petit nombre et prendre soin de tout. Si quelque chose casse ou s’use, nous cherchons à réparer. Aujourd’hui j’ai collé quelques petites cartes dans la descente avec la tactique pour la nuit, et pour ça j’ai utilisé du velcro autocollant. Je suis allée voir Jack (Andrew Preece) pour réaliser qu’il ne nous en restait que 30 centimètres. C’est tout, voilà c’est tout ce qu’on a, et ce sont toutes ces petites choses qui doivent être considérées comme précieuses.

Pour moi la journée a été assez difficile, et au moment même où je vous écris, je n’ai eu que 3 heures de sommeil sur les dernières 24 heures 24 heures Record de distance parcourue sur 24 heures . Je suis inquiète des résultats sur le plan des performances. Et j’ai l’impression qu’il n’y a pas assez d’heures dans une journée pour tout faire ! Mais c’est un défi, un très gros défi, et si jamais j’ai du mal à atteindre quelque chose au niveau que je me suis fixée, j’essaie toujours de trouver une solution.

Aujourd’hui, j’ai dressé un tableau quotidien, divisé en 24 heures 24 heures Record de distance parcourue sur 24 heures par tranche de 15 minutes. Je veux voir à quelle heure j’ai fait ceci, combien de temps ça m’a pris, et où je me trouvais et à quelle heure. Le bateau est si grand que des choses peuvent arriver de façon indépendante à différents endroits. Du pont, aux coques, et même de la station de navigation à la cuisine, ce n’est pas facile de suivre ce qu’il se passe. Le planning inclut donc les changements de quarts, les fichiers météo à interroger... La seule chose qui manque, c’est le sommeil et les repas. J’imagine que je vais devoir glisser ça quelque part !

J’ai passé un moment fantastique sur le pont aujourd’hui, bien qu’un peu frustrant à cause du manque de vent. La mer est d’un bleu intense, le bleu de l’Atlantique sud, qui est beaucoup plus bleu que vous ne pouvez l’imaginer. C’est incroyable de voir à quel point les couleurs peuvent changer en mer. Et j’ai remarqué sur ce parcours qu’elle peuvent parfois changer très vite.

La journée a donc été difficile mais bonne. J’espère juste et je prie pour que la chance tourne en notre faveur, et pour que les vents se renforcent un peu...

LES CHIFFRES : à 07h00 GMT le 10.02.03
- Position : 18 40’ S 32 59’ W
- AVANCE / RETARD sur le record Record #sailingrecord  : 10 heures 30 minutes de retard sur Orange
- AVANCE / RETARD sur Geronimo : 41 heures et 02 minutes de retard sur Geronimo
- DISTANCE PARCOURUE en 24 heures JOUR 11 : KF2 355 milles / Orange 435 milles / Geronimo 495 milles
- DISTANCE DE L’ARRIVÉE : KF2 20664m / Orange 20496 / Geronimo 20007m
- VITESSE moy / maxi BATEAU (sur la dernière heure) : 10.17 / 14.0 nds / Cap : 212
- VITESSE moy / maxi VENT (sur la dernière heure) : 6.91 / 10.5 nds au 121
- Distance du WayPoint4 35 00’S / 24 00’W Anticyclone de Sainte Hélène : 1115 milles (distance théorique la plus courte)

Information Kingfisher Challenges



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