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Course autour du monde

Golden Globe Race 2022 : A mi-course, l’usure, la frustration et les berniques s’invitent dans le jeu

vendredi 20 janvier 2023Redaction SSS [Source RP]

Avec Elliott hors-course et Jeremy sur la terre ferme aux antipodes, il reste cinq prétendants au trophée GGR et deux marins en classe Chichester. Réchauffement climatique ou résistance au froid ? Les berniques sont de retour dans les mers du Sud, obligeant Jeremy à s’arrêter, et colonisant la coque de Nuri Sardines. Sont-ils la raison du rythme ralenti de Kirsten ?

Elliott Smith (USA) est arrivé dans la marina du Fremantle Sailing Club après avoir franchi le Cap Leeuwin en début de semaine et a été chaleureusement accueilli. Le navigateur américain de 27 ans, qui a traversé l’Atlantique pour la première fois vers Sables d’Olonne en août dernier pour sa qualification à la GGR, a maintenant parcouru 14.000 milles en solitaire, sans escale, sans assistance, et a passé deux des trois grands caps !

Il a eu ses propres challenges, traversant le Pacifique avec des avaries importantes sur son bout-dehors, puis sans étai après l’échec de ses réparations. Il a fait preuve de courage, de détermination, d’un réel sens marin et d’une grande habileté pour arriver à bon port. Ses tweets et ses vacations nous ont permis de suivre son voyage intérieur et son état d’esprit.

Ce fut une incroyable aventure Aventure et même s’il est déçu de ne pas s’amarrer aux Sables d’Olonne, il n’a pas à rougir du chemin parcouru comme il l’a partagé dans son dernier tweet : 24 : #ElliottSmith (USA) – Gale Force 34 “Second Wind” : Merci à tous, je suis reconnaissant pour tout, et n’ai aucune réclamation, en aucune façon.

Il prévoit de réparer “Second Wind”, avant de le proposer à la vente à un autre aventurier.

Merci Elliott et bravo, c’était une sacrée épopée !

Les berniques sont de retour, et s’en prennent à Jeremy Bagshaw (ZAF) pour la deuxième fois. Arrivé à Hobart lundi, il s’est rendu directement à King’s Pier pour gruter Olleanna, poursuivant ainsi les 13.000 milles vers les Sables en classe Chichester. Un hommage approprié à Sir Francis Chichester qui s’était également arrêté en Australie à la moitié de son tour du monde.

Le plus petit bateau de la flotte avait toujours boxé dans la catégorie supérieure en terme de vitesse Vitesse #speedsailing mais avait été victime de berniques dans l’Atlantique Nord, obligeant Jeremy à gratter la coque à False Bay, au Cap. La vitesse Vitesse #speedsailing moyenne d’Olleanna avait cependant chuté à nouveau au milieu de l’océan Indien, n’égalant plus celle de Puffin. Un signe que les redoutables berniques étaient de retour.

Le marin sud-africain, confronté à des réserves d’eau et de nourriture en berne, a décidé de procéder à un nettoyage en règle de la coque, la pose d’antifouling, les pleins de vivres, d’eau et de livres.

Il y a beaucoup plus d’anatifes que je ne le pensais, mais s’arrêter était de toute façon inévitable. Je n’ai pas assez de vivres pour faire le tour du monde à 3 nœuds, j’aurais dû faire escale quelque part, alors autant le faire ici et profiter du reste du voyage, plutôt que de galérer dans le Pacifique et d’atterrir quelque part en Amérique du Sud, c’est parfaitement logique.

JEREMY BAGSHAW, OLLEANNA

Rester motivé en classe Chichester : la course dans la course.

Avec un demi tour du monde vers Les Sables d’Olonne en classe Chichester et non-classé, comment Jeremy, coureur émérite, pourra-t-il trouver la motivation nécessaire pour continuer ? C’est Guy Waites (GBR) qui a la réponse, plusieurs milliers de milles derrière, seul dans l’Indien, loin du trafic et des autres concurrents. Il lutte quotidiennement et enregistre des records de vitesse, comme expliqué lors de sa vacation en Francais !

Comme je ne suis plus en course, l’état d’esprit est essentiel pour continuer. Je dois sortir dehors tous les jours et pousser le bateau. Parcourir de belles distances comme aujourd’hui (nb:174 miles), se rapprocher de Hobart et rattraper les autres devant moi sont une grande partie de cette motivation.

GUY WAITES / SAGARMATHA

A l’autre bout du monde, l’usure, la frustration et les berniques, alimentent le jeu Jeu #jeu de la GGR.

L’usure est l’esprit de la course pour Ian Herbert-Jones (GBR), héros improbable de l’Indien. 10e bateau arrivé au Cap, il est maintenant en 5e position à Hobart après une traversée échevelée et de nombreux abandons ! Rapide dans le sud, il a repris jusqu’à mille milles sur Jeremy avant d’être empétolé au Sud de la Tasmanie mardi.

En approchant la Tasmanie, il a une fois de plus envisagé de ne pas continuer et réfléchi aux raisons pour lesquelles il était là et à ce qu’il avait accompli. Le chemin est encore long et il a investi tellement d’émotions, d’efforts pour en arriver là, mais il a admis que l’isolement et le mental sont les aspects les plus difficiles. La superbe préparation de Puffin le motive autant que sa famille et ses amis. Il est maintenant sur le chemin du retour.

La frustration était évidente à Hobart pour le leader Simon Curwen (GBR) sur Clara sponsorisée par HOWDENS. Le leader sans infos météos s’était retrouvé à l’arrêt dans un anticyclone, perdant toute l’avance de 700 milles patiemment construite depuis la Galice. Il allait mieux après la mer de Tasmanie, mais restait frustré de ne pas avoir la longue houle des mers du Sud, comme expliqué lors de sa vacation.

Et cette semaine, il a enfin trouvé ce qu’il cherchait, des creux de 7-8 mètres, des vents de 40 noeuds et une mer bien blanche au passage des fronts comme il l’a tweeté de cette semaine : 04 : #SimonCurwen (UK) – Biscaye 36 “Clara” : Coup de vent toute la journée aujourd’hui. Ils ont dû entendre mes commentaires à Seb lors de l’appel d’hier. J’ai eu la mer qui me manquait…

La plus grande déception est pour Kirsten Neuschäfer (ZAF), qui a brièvement mené la Golden Globe Race Golden Globe Race Golden Globe à Hobart grâce à sa compensation de 35 heures pour le sauvetage de Tapio Lehtinen. Elle est maintenant à la traîne, à plus de mille milles derrière Simon, avec peu d’espoir de reprendre la tête et, pire encore, troisième derrière Abhilash Tomy (IND) sur Bayanat qui la précède d’environ 200 milles.

Il semble constamment plus rapide dans certaines conditions de vent et de mer et parle d’une arme secrète de voiles pour lui donner un avantage. Une chose est sûre, il est de retour en course et sait que Simon a encore un long chemin à parcourir. Ce n’est jamais fini tant que jusqu’à la ligne.

Comble de la frustration, elle est la seule des trois à obtenir des cartes météo claires sur son weatherfax. Elle sait qu’il y a du vent à 4 degrés au sud de sa position, et elle sait aussi le vent que reçoit Simon, estimant avec précision son avance de plus de 1000 milles sur elle.

Le Pacifique n’a pas été excitant du tout jusqu’à présent. C’était vraiment frustrant, le pire c’est de savoir qu’il y a du vent pas très loin au sud, et de ne pas avoir le droit d’y aller.

KIRSTEN NEUSCHÄFER, MINNEHAHA.

Les zones d’exclusion de la GGR font partie d’un accord avec le MRCC (centres internationaux de coordination des secours maritimes) visant à maintenir les marins plus près des routes de commerce ou des secours en cas de besoin. Elles sont importantes pour réduire les risques et ne pas exposer les sauveteurs à des risques inutiles. La zone d’exclusion menant au Cap Horn est située un degré plus au sud que ce que permet le Vendée Globe.

DON MCINTYRE AJOUTE : Pour compliquer les choses cette saison, les systèmes dépressionnaires sont cette année beaucoup plus au sud que d’habitude, mais c’est le challenge de la navigation dans les mers du Sud et dans la GGR !

Minnehaha a un rythme étrangement inférieur à ses moyennes habituelles ces dernières semaines, qui pourrait laisser présager, comme pour Jeremy, d’une invasion de berniques. Kirsten avait quelques anatifes à la porte de Hobart et avait prévu de plonger sur la route du Pacifique. Hélas, même dans les calmes, la houle résiduelle et la visite de requins n’ont pas permis de plonger, mais c’est une possibilité quand ont sait que Michael Guggenberger (AUT) a découvert de nouveaux anatifes sur la coque de NURI au large de la Nouvelle-Zélande .

Pour Captain Gugg, c’est fromage ET dessert au menu du Pacifique : anatifes ET frustration ! Voulant filmer des dauphins sous l’eau, il a identifié de nouveaux petits anatifes sur la coque de Nuri, en plus des gros qu’il avait déjà en Australie, et a profité du petit temps pour plonger et gratter.

NURI Sardines est toujours dans une pétole mâtinée de grosse houle, à court d’eau, incapable d’en obtenir dans les rares grains, comme expliqué à la vacation de ce matin. Il a reçu un avis de gros temps de la Direction de Course pour pour un front de SW vendredi et samedi de 35 nœuds, rafales à 45, lui donnant une chance d’utiliser le ris qu’il a ajouté à sa voile d’artimon !

C’est un cauchemar, je suis ballotté sans vent, dans une grosse houle, il y a des nuages partout et je n’ai pas récupéré une goutte d’eau. Je rêve de vent arrière dans 30-40 nœuds et d’une houle de 8 mètres !

MICHAEL GUGGENBERGER/ NURI SARDINES.

Pas d’inquiétude Capt. Gugg, ça va venir…


- Communiqué Golden Globe Race 2022 / www.goldengloberace.com

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