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Lâcher de ballons de baudruche lors du baptême du monocoque Safran : Les réponses de la Surfrider Foundation Europe

" Nous avons tous un rôle à jouer pour réduire la pollution par les déchets plastiques"

D 8 avril 2015     H 15:13     A Christophe Guigueno     > 2307 visites     C 1

#sealife #sea | | #IMOCA |

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Avant la publication, le 1er avril dernier, d’un article sur le lâcher de ballons de baudruche lors du baptême du monocoque Safran de Morgan Lagravière, la rédaction de SeaSailSurf.com avait contacté la Surfrider Foundation Europe afin de connaitre sa position et mieux comprendre les conséquences sur le milieu de marin de ce genre d’opération. Voici donc les réponses de Cristina Barreau, la chef de projet déchets aquatiques de la fondation.

La Surfrider Foundation est en pointe pour lutter contre la pollution des plastiques, en mer et sur les plages. Pouvez-vous nous rappeler l’historique de cette campagne de prise de conscience de la pollution par les sacs jetables et autres plastiques ?

Dès son origine en 1990, Surfrider a placé la lutte contre les déchets aquatiques au centre de son action. Nous œuvrons depuis, à mieux comprendre cette pollution, réduire la quantité des déchets entrant dans l’environnement Environnement marin et leurs impacts sur le milieu. Depuis 20 ans, Surfrider mène notamment des opérations de sensibilisation à la problématique des déchets aquatiques grâce à des collectes de déchet sur les berges des lacs et des rivières, les plages et les fonds marins. Les initiatives océanes permettent non seulement une prise de conscience citoyenne, et accompagnent le changement comportemental mais elles sont aussi l’occasion de mobiliser les citoyens dans des opérations de science participatives nous offrant ainsi un aperçu de la pollution par les déchets aquatiques en Europe. Fort de notre expérience de terrain nous avons très vite constaté l’omniprésence des déchets composés de plastique sur nos littoraux. Cela paraît logique car les déchets que l’on retrouve dans le milieu sont 100% d’origine humaine et nous ne pouvons que constater l’omniprésence du plastique dans notre vie quotidienne. Au niveau mondial, 260 millions de tonnes de plastiques sont produites chaque année. Il est estimé (dans un scénario de statu quo) que cette production pourrait tripler d’ici à 2050. La croissance exponentielle de l’utilisation des matières plastiques s’explique par leur faible coût mais également car celles-ci permettent de nombreuses applications industrielles et commerciales car elles sont légères et polyvalentes. La durabilité des matières plastiques excède leur durée d’utilisation. Dès lors, leur gestion et leur élimination posent de nombreux problèmes. De même si les produits plastiques sont jetés directement ou se retrouvent indirectement dans le milieu naturel, ils demeureront dans l’environnement Environnement pendant des siècles. Les matières plastiques posent encore plus de problèmes lorsqu’elles se retrouvent dans le milieu marin. Au-delà des impacts que les objets plastiques peuvent causer aux espèces marines (étranglement, immobilisation, ingestion, transport d’espèces invasives) mais également aux fonds marins (étouffement) et aux êtres humains (impacts socio-économiques, impacts physiques), ils ont la particularité de se fragmenter sous l’action des UV (photodégradation) et de l’abrasion mécanique en des petites particules appelées microplastiques. Les matières plastiques ne sont pas inertes, en se décomposant le plastique libère des substances toxiques qui rentrent dans sa composition (additifs chimiques, ignifugeants…) qui peuvent être des perturbateurs endocriniens. Le micro plastique sert également de support pour l’accumulation de polluants organiques persistants hydrophobes (POP) comme les polychlorobiphényles ou le DDT. Ces micro-plastiques, et les additifs chimiques qu’ils contiennent, peuvent, en cas d’ingestion de grandes quantités par la faune marine Marine Marine nationale , représenter un risque élevé de contamination de la chaîne alimentaire. Une étude récente montre qu’en 2010 jusqu’à 13 millions de déchets plastiques ont été déversés en mer. Pour éviter que l’océan ne s’étouffe, Surfrider lutte contre la prolifération de ces déchets en attirant l’attention du grand public, des industriels et des institutions face à l’ampleur de cette pollution grâce à différents leviers (recherche, concertation et lobbying, éducation et sensibilisation et des actions juridiques).

Nous menons également des campagnes spécifiques visant la réduction de certains déchets que l’on retrouve en quantité importante sur l’ensemble des plages européennes ou sur certaines façades maritimes. Ainsi, nous avons en 2013, décidé de nous attaquer à un fléau environnemental : le sac plastique. Symbole par excellence de notre société de consommation, les sacs plastiques à usage unique sont souvent utilisés pour quelques minutes alors qu’il faut entre un et quatre siècles pour qu’ils se dégradent dans le milieu naturel. Ils sont une absurdité environnementale au regard des nombreuses alternatives durables et réutilisables qui existent pour les remplacer. Les sacs plastiques à usage unique sont très légers et de fait facilement transportés par le vent, hors des poubelles et des décharges quand ils ne sont pas délibérément jetés par terre ou sur la plage, finissant alors aisément leurs courses dans les océans et mers. Des campagnes de prélèvements menées dans le cadre du projet PERSEUS ont montré que près de la moitié des déchets plastiques retrouvés dans les fonds sous-marins en Méditerranée étaient des sacs plastiques. Pour lutter contre la prolifération de cet objet dont nous pouvons facilement nous passer, nous avons développé des campagnes de mobilisation citoyenne et de lobbying auprès des décideurs publics.

La lutte contre les sacs plastiques est donc une campagne spécifique du programme déchets de Surfrider. Notre rôle en tant qu’ONG est de sensibiliser les citoyens, les politiques et les industriels mais également de mettre en relation l’ensemble des parties prenantes. Nous arrivons à diffuser notre message et mobiliser les citoyens grâce à l’implication de nos bénévoles répartis sur l’ensemble du territoire européen. Ce travail, nous le menons d’année en année dans un objectif clair de réduction à la source de la pollution par les déchets aquatiques pour une amélioration de la situation écologique globale, en considérant l’ensemble des parties prenantes, et en intégrant à la recherche du consensus tous les acteurs concernés.

Malgré ces campagnes, une opération de communication Communication #Communication lors d’un baptême d’un bateau dans un grand port de plaisance Plaisance #Plaisance s’autorise à lâcher des dizaines de ballons de baudruche en bord de mer. L’image est belle. Mais des ballons ne sont-ils pas aussi polluants que des sacs en plastique ?

Chaque année des milliers de personnes organisent des lâchers de ballons à l’occasion d’évènements. Si l’image peut paraitre belle, elle cache pourtant une réalité environnementale toute autre. Une fois que les ballons s’envolent dans les airs, beaucoup des participants ne se posent pas la question du devenir de leurs ballons.

Ils peuvent voler sur quelques kilomètres avant d’exploser ou simplement se dégonfler et tomber dans le milieu naturel. Une partie de ces ballons peuvent se retrouver poussés directement dans la mer par le vent ou rejoindre le milieu marin par les cours d’eaux ou les eaux de ruissellement.

Etant fait de latex, ils n’échappent pas à tous les impacts que peut avoir le plastique sur la biodiversité (fragmentation, ingestion par les espèces marines, utilisation des ballons par les oiseaux pour faire leur nid etc.)

La présence des ballons dans le milieu marin n’est pas anecdotique : le Programme des Nations-Unies pour l’environnement (PNUE) a recensé, entre 1989 et 2007, près de 897 000 fragments de ballons. Lors des opérations de quantification que nous menons selon des protocoles scientifiques nous retrouvons régulièrement des fragments de ballons.

Certaines communes ont interdit les lâchers de ballons (notamment les communes de l’île de Ré) mais à l’heure actuelle et malgré le travail d’interpellation menée par de nombreuses associations notamment Robin des bois, la plupart des municipalités les autorisent à partir du moment où il y a déclaration auprès de la préfecture compétente.

L’interdiction des lâchers de ballons de baudruche et autres lanternes est également une des revendications que nous portons auprès des pouvoirs publics afin de réduire la pollution par les déchets plastiques.

Nous avons tous conscience de la pollution causée par les sacs jetables. Mais il semble que nous n’identifions pas tous les autres sources de plastiques polluants et dangereux pour les animaux marins. Il faut donc continuer à communiquer sur le sujet ?

Lorsque l’on mène des opérations de caractérisation des déchets trouvés en rivières ou sur les littoraux nous nous apercevons de l’ampleur de la pollution par les déchets plastiques : sacs plastiques, bouteilles plastiques, engins liés à la pêche, emballages alimentaires, mégots, coton tige, polystyrène, granulé de plastique industriel etc. Tous nos objets du quotidien peuvent se retrouver d’une manière ou d’une autre dans les océans. Il est important de signaler que 80% des déchets retrouvés sur les plages et fonds marins sont d’origine continentale. Le gros problème avec les déchets plastique c’est qu’ils se fragmentent. Sur les plages, on retrouve donc des morceaux de plastique de toutes les tailles dont la provenance ne peut pas être identifiée. Dès fois, nous n’avons même pas conscience de participer à la pollution du milieu marin par le plastique. C’est notamment le cas lorsque nous utilisons des produits cosmétiques ou de soins qui contiennent des microbilles de plastique. Même si nous constatons une certaine prise de conscience des citoyens et des politiques, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir et tellement de personnes à atteindre… Nous pensons notamment à ceux qui n’ont pas conscience que leurs actions quotidiennes peuvent avoir un impact sur les océans même s’ils habitent à des centaines de kilomètres de la côte. Lors de nos opérations sur le terrain nous avons eu l’occasion de constater que les plus jeunes sont très sensibilisés à la problématique des déchets aquatiques et sont également de très bons porte-paroles du message que nous souhaitons faire passer. Nous avons tous un rôle à jouer pour réduire la pollution par les déchets plastiques il est donc primordial de continuer d’alerter les citoyens, industriels et politiques et de proposer des changements de comportement ainsi que des législations qui peuvent contribuer à libérer les océans de leur prison plastique.


STOP AUX OCÉANS POUBELLES !

Chaque seconde, 206 kg de déchets finissent dans les mers et les océans. Ces déchets polluent les océans et participent à la création de "continents de plastique", véritable fléau pour les espèces marines.

La Commission Européenne a proposé une réduction d’ici 2020 de 30% des dix types de déchets les plus fréquemment trouvés sur les plages.

CELA N’EST PAS SUFFISANT !

Surfrider demande l’instauration d’un objectif de réduction de 50 % des déchets marins d’ici à 2020 ! Seul cet objectif est à même de réduire de façon significative la présence de ces déchets dans le milieu.

>>> Signez notre pétition pour nous aider à faire pression sur l’Union Européenne et ses Etats Membres afin d’obtenir des mesures et des résultats concrets.

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