dimanche
14
novembre
2010
Route du Rhum - La Banque Postale

Armel Le Cléac’h 2e 7h55 après Jourdain

"Bilou a fait une course parfaite... Je ne pouvais pas faire mieux que deux."

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Information Route du Rhum : En passant la ligne d’arrivée en Guadeloupe à 14 heures 08 minutes 07 secondes (heure de Paris), Armel Le Cléac’h s’est adjugé la deuxième place en catégorie Imoca dans la Route du Rhum - La Banque Postale 2010.

Le temps de course de Brit Air est de 14 jours 01 heure 06 minutes 07 secondes, sa vitesse moyenne sur l’eau est de 11,80 nœuds, sur une distance totale parcourue de 3 979 milles. Sur le parcours théorique de 3 539 milles, Armel Le Cléac’h affiche une vitesse moyenne de 10,50 nœuds. Il est arrivé 07 heures 55 minutes 11 secondes après le vainqueur Roland Jourdain (Veolia Environnement).

Déclarations d’Armel Le Cléac’h (Brit Air), deuxième en monocoque Imoca

Tour de l’île

Le tour de l’île a été assez rapide jusqu’aux Saintes, mais le matin, sous le vent de l’île, ce n’est pas très bon. Le vent s’est vite cassé la figure. Et pour finir, là, il n’y avait quasiment pas de vent. Ça tournait dans tous les sens. Donc un peu dur pour les nerfs. Mais j’avais une avance suffisante, je ne stressais pas trop. Mais je suis content d’arriver.

La course

Il y a eu plusieurs moments-clés sur cette course. D’abord la décision de partir au nord qui n’était pas forcément évidente à prendre. Tout le monde ne l’a pas prise. Et puis ensuite, il y a eu des phases de transition. Je pense qu’il fallait être attaquant, appuyer sur le champignon, savoir bien abattre ou bien lofer pour aller chercher le système suivant. Bilou l’a très bien fait. Moi, je l’ai peut-être fait avec un peu de retard. C’est ce qui m’a fait avoir 20-30 milles de retard que je n’ai jamais réussi à rattraper. J’espérais que mon petit décalage dans le sud soit une bonne carte à la fin pour aborder ce système météo compliqué. Mais Bilou a fait une course parfaite. Il n’y avait pas grand-chose à faire pour le doubler. Je pense que je ne pouvais pas faire mieux que deux.

Heureux ?

Oui, je suis content de ma deuxième place. C’est une super saison avec Brit Air. On gagne deux grandes courses et on finit deuxième sur la Route du Rhum. On m’aurait dit ça en début d’année, j’aurais rigolé un petit peu. C’est super. On n’était pas forcément les grands favoris pour cette course avec un bateau d’avant-dernière génération. Mais c’est un bateau que je connais bien, qui a du métier et je suis très content de finir deuxième derrière Bilou qui était intouchable. Avec ce bateau, j’ai terminé trois fois deuxième de grandes courses : 2e de la Transat Anglaise derrière Loïck Peyron, deuxième du Vendée Globe derrière Michel Desjoyeaux et deuxième maintenant de la Route du Rhum derrière Roland Jourdain. C’est à chaque fois des courses que je réussis avec ce bateau-là en solitaire. Ce sera un challenge à l’avenir de faire mieux. Cette fois-ci, Bilou était au-dessus du lot. Il a dominé la course quasiment de bout en bout. A partir du moment où il est passé en tête, il l’est resté jusqu’à l’arrivée. Moi, j’ai réussi à faire ça en Figaro, pas sur la Route du Rhum. Chacun son tour.

Météo difficile ?

Elle a été compliquée car il y avait beaucoup de systèmes de transition, des décisions très importantes à prendre dès le début de course. Il fallait choisir son camp pour quasiment 10 ou 15 jours. Le lendemain du départ, pas mal de monde a dû passer du temps à la table à cartes. Quand on a vu Michel (Desjoyeaux) et Arnaud (Boissières) partir dans le sud, on a eu quand même des doutes. On n’était jamais serein. Ensuite, il y a eu beaucoup de transitions avec de la mer très croisée, très forte. C’est jamais agréable pour les bateaux. Ça tape beaucoup, c’est très humide. Et devant, cela ne ralentissait pas. Il fallait être dessus physiquement. Je suis fatigué car il y a eu beaucoup de manœuvres à faire. Le bateau sollicite beaucoup le skipper. On est tout le temps dans des vitesses importantes. Il faut se tenir. Dès qu’on déplace des poids, il faut le faire à quatre pattes. C’est un peu la guerre, mais au final, ça en vaut le coup.

L’avenir ?

C’est déjà de bien se reposer. On a fait une super saison avec Brit Air. L’avenir, c’est d’essayer de continuer sur ce circuit avec ce beau bateau. On a des projets pour le faire évoluer. On sait comment le faire. Maintenant, on espère qu’avec Brit Air, on va continuer sur les saisons suivantes.

Sentiment sur la ligne

Un soulagement d’abord parce que c’était des conditions difficiles. D’autant que j’ai eu un problème dès la première nuit de course. J’ai eu une voie d’eau et tout le circuit électrique a pris l’eau. La batterie moteur était sous l’eau et a cramé. Je n’avais plus qu’un alternateur sur deux. C’était un peu la recherche de l’économie d’énergie pendant quatorze jours. et je n’ai plus de gasoil depuis hier. Je n’avais donc plus de moyen de recharger les batteries, à part les panneaux solaires, mais ça ne charge pas assez. Je n’ai pas pu basculer la quille sur le dernier tour de l’île. J’ai essayé de barrer un maximum pour ne pas utiliser le pilote automatique. C’était un peu compliqué. La nuit, j’éteignais les feux. J’essayais de consommer le minimum d’énergie pour tenir jusqu’à la ligne d’arrivée. Donc, j’étais content d’en finir avec ça car il n’aurait pas fallu que ça dure quelques heures de plus.

Un souvenir fort

Il y a eu plein de belles images. Mais la plus impressionnante était le départ à Saint-Malo. J’étais pris par le stress du départ et le vent assez faible. Et à un moment, j’ai jeté un œil à la pointe du Grouin et j’ai vu tout ce monde. C’était vraiment incroyable ! On se sent tout petit à ce moment-là.

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