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#FigaroBénéteau @SoloMCoQ

Solo Maître CoQ : La grande course à Benjamin Dutreux, l’épreuve à Alexis Loison

dimanche 18 mars 2018Redaction SSS [Source RP]

De mémoire de Figariste, rarement on a vu une course avec autant de rebondissements et de reversements de situation ! Le grand parcours de la 15e Solo Maître CoQ a, en effet, réservé un incroyable suspense et clairement mis à sac les nerfs des marins. Dans un tel contexte, à l’arrivée, forcément, on compte d’un côté les déçus et de l’autre les contents. Parmi ces derniers, on peut évidemment citer Benjamin Dutreux, le skipper de SATECO – Team Vendée Formation qui a créé la surprise en revenant du diable Vauvert dans les tout derniers milles du parcours (une boucle de 245 milles au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne entre Belle-Ile, Ré et Yeu). On peut nommer également Alexis Loison, le skipper de Custo Pol vainqueur de la petite course mercredi, qui a enfoncé le clou, ce dimanche, en terminant 3e du grand parcours, ce qui lui permet d’inscrire son nom au palmarès de l’épreuve pour la première fois en six participations.

Des rebondissements en pagaille, des coups de Trafalgar à la pelle et des surprises en veux-tu en voilà : la grande course de la 15e édition de la Solo Maître CoQ a tenu toutes ses promesses avec un scénario pour le moins complexe, voire tordu. Transitions, grains, zone de molle… les 23 concurrents en lice auront, de fait, à peu près tout eu pour s’arracher un maximum de cheveux. Parmi ceux qui auront, à coup sûr, le plus pesté sur l’eau, figurent Gildas Mahé (Breizh Cola) et Anthony Marchand (Groupe Royer – Secours Populaire). Ces deux-là avaient pourtant parfaitement entamé leur course, négociant de la meilleure des manières le départ, la descente jusqu’à l’île de Ré puis la longue remontée jusqu’aux Birvideaux. « On savait qu’à Belle-Ile, avec du vent de secteur nord-est, ça ne se passerait pas bien », a déclaré Mahé qui a échangé la première place avec son acolyte sur toute la première moitié du parcours avant de voir les choses se gâter méchamment, dans la pétole, avec le retour de l’ensemble de ses poursuivants. Pire encore, avec le dépassement de certains d’entre eux. « Il s’est passé tellement de choses ! Ça faisait longtemps qu’on n’avait plus eu ce genre de scénario », a assuré Alexis Loison. Dans le trio de tête à Belle-Ile, le Cherbourgeois a, lui, réussi à maintenir son rang jusqu’à la fin. « Je ne suis pourtant pas sûr d’avoir tout compris », a souligné le navigateur qui s’attendait à voir des écarts importants à l’arrivée et qui, à l’inverse, a vu la flotte arriver en rafale, Benjamin Dutreux en tête.

Une petite course qui fait toute la différence

« On l’a vu débouler de nulle part. Avant de le voir, je pensais que j’étais en tête », a avoué Sébastien Simon (Bretagne – CMB Performance) qui imaginait avoir course gagnée avant de voir son ancien co-locataire lui griller la politesse à quelques longueurs de la ligne. « Je ne m’y attendais pas du tout à gagner. J’ai tenté un dernier coup pour être joueur et ça a marché », a modestement expliqué le Vendéen qui a profité d’une belle bascule du vent à droite sur la fin du parcours, et qui a finalement devancé son dauphin de 55 petites secondes à son arrivée, peu après 3h30 ce dimanche. « Cette grande course, ça a été un truc de fou mais cette victoire à l’arrivée, c’est une grosse grosse satisfaction », a commenté le skipper de SATECO – Team Vendée Formation qui s’est donc ainsi imposé au terme de 33 heures de courses éreintantes, à la fois physiquement et nerveusement, mais aussi et surtout qui fait un bond au classement général, remontant de la 19e à la 4e place. Reste que si lui réalise une belle performance, celui qui effectue la meilleure opération du week-end, c’est Alexis Loison. Car s’il termine 3e de cette grande course pour le moins épique, il profite de son petit bonus de points décroché à l’aide de sa victoire dans la petite course disputée mercredi pour se hisser sur la plus haute marche du podium. « J’étais parti en me disant qu’on était tous à égalité mais au final, c’est cette petite manche de premier qui m’aura permis de faire la différence », a précisé le skipper de Custo Pol qui remporte ainsi la 15e édition de la Solo Maître CoQ et rentre dans l’histoire de la course. Idem pour Loïs Berrehar (Concarneau entreprendre) qui termine, lui, 1er bizuth.

Paroles de skippers

Benjamin Dutreux (SATECO – Team Vendée Formation) : « Cette grande course, ça a été un truc de fou mais cette victoire à l’arrivée, c’est une grosse grosse satisfaction. Je ne m’y attendais pas du tout. J’ai tenté un dernier coup pour être joueur et ça a marché. Globalement, j’ai suivi mes routages et ça l’a fait. La photo n’était pourtant pas belle au début mais sur toute la longueur du bord entre Belle-Ile et les Sables d’Olonne, ça a payé. J’ai manqué de réussite au début mais à la fin j’ai eu la chance que les premiers s’arrêtent et qu’on puisse repartir à zéro. Nos nerfs ont été mis à vif sur cette manche. En ce qui me concerne, je suis passé par toutes les émotions mais je finis super content. Ce qui était super dur, c’était de ne rien lâcher. C’est vraiment top. Je suis trop content. »

Sébastien Simon (Bretagne – CMB Performance) : « Mon départ et mon passage sous le pont de l’île de Ré n’ont pas forcément été top mais j’étais tout de même assez confiant pour la suite. J’ai cravaché. Je me suis battu pour rester dans le match. Il y a eu un gros passage à niveau à Belle-Ile. A ce moment-là, j’ai cru que je ne reverrais jamais les trois copains qui étaient devant. J’ai pensé que j’allais faire la course tout seul mais finalement, c’est revenu par derrière assez fort. J’en ai profité pour revenir dans le match et m’inviter dans le trio de tête. Après, je n’ai rien lâché. Je n’ai pas dormi, j’ai à peine mangé. Je ne pouvais pas : il n’y avait pas beaucoup de vent et il fallait faire avancer le bateau. Je suis surpris que Benjamin Dutreux ait gagné. Je pensais vraiment être en tête. Au général, je termine deuxième. Pour moi, ça sonne comme une victoire car je pense que si j’avais eu mon bateau, ça aurait été beaucoup plus simple. Je suis trop content ».

Alexis Loison (Custo Pol) : « J’étais parti en me disant qu’on était tous à égalité mais au final, cette petite manche de premier m’aura permis de faire la différence. Faire un podium sur cette grande course, c’est super cool surtout qu’il s’est passé tellement de choses… Je ne suis d’ailleurs pas sûr d’avoir tout compris. Ça faisait longtemps qu’on n’avait plus eu ce genre de scénario. Même à l’arrivée, je ne savais pas si j’allais faire 3e, 9e et 12e. Au bout du compte, je suis super content de gagner. Je ne m’attendais pas à faire aussi bien. »

Vincent Biarnès (Baie de St Brieuc) : « Cette grande course a été vraiment spéciale. Je suis passé par tous les états. Je crois que j’aurais pu gagner sur le dernier bord si j’avais pris une option un peu plus radicale alors qu’avant Belle-Ile, je me voyais 20 ou 22e… bref, dans les derniers. C’est assez incroyable ce qui s’est passé. Il y a eu beaucoup de phases où ça a redistribué, où ça a regroupé… Quatre bateaux se sont bien détachés pendant une bonne partie de la course. Je pense qu’ils n’ont pas dû être contents quand ils se sont faits rattraper à Belle-Ile. Pour la plupart, ils s’en sortent bien cependant. De mon côté, je termine 5e alors je suis plutôt content, même si je me suis fait encore doubler sur le dernier bord par Xavier Macaire. Je vais sans doute perdre une ou deux places à général à cause de ça, mais ça restera un résultat correct. »

Xavier Macaire (Groupe SNEF) : « Super manche ! On s’est bien arraché les cheveux. C’était compliqué. Ça partait dans tous les sens. Le nombre de fois où on est tombé dans la molle et où la flotte s’est étirée. Je crois que je n’ai jamais vu une course où il se passait autant de choses dans ce genre-là. On n’a pas eu un moment pour nous. Il a fallu être constamment dessus, tout le temps à manœuvrer. Dès qu’on avait fini de remplir le ballast, il fallait le vider. Dès qu’on avait fait un empannage, il fallait réempanner. Dès qu’on avait mis le génois, il fallait renvoyer le spi. Ça a été comme ça toute la course. Au général, je termine 3e. Ça s’est joué à peu de choses parce que j’ai réussi à doubler Vincent (Biarnès) sur la dernière ligne droite. Ça fait plaisir surtout après une saison 2017 sans aucun podium, ce qui ne m’était jamais arrivé en Figaro. »

Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM – CS) : « Ça a été une étape assez folle mais assez marrante. Je n’en avais encore jamais vécu des comme ça en Figaro. Il y a eu des rebondissements dans tous les sens. C’était bien parce que quand on faisait un mauvais coup, on savait qu’il y aurait d’autres trucs à jouer ensuite et il y en a eu des dizaines et des dizaines. A la fin, avec la molle qui commençait à arriver, j’avais hâte que ça se termine et pas que ça finisse au mouillage devant les Sables. Au final, je m’en sors plutôt bien. J’ai tenté un truc avec Ben (Benjamin Dutreux, ndlr) et ça a bien marché. Je suis content d’avoir fait une belle course. »

Gildas Mahé (Breizh Cola) : « Je n’ai pas été verni. Avec Antho (Marchand, ndlr), on s’est relayé en tête sur la première moitié de la course. Un coup c’était lui quand il gérait mieux un grain, un coup c’était moi quand je mettais la bonne voile en premier… C’est dur de faire la plupart de la manche en tête et de finir 10e. On savait qu’à Belle-Ile, avec du nord-est, ça ne se passerait pas bien et ça a été le cas. Après, on a essayé de se remobiliser. On est même revenu à un moment mais il y a eu un deuxième coup de Jarnac juste avant l’arrivée. Au bout du compte, c’est évidemment la frustration qui domine. On ne fait pas des courses pour prendre des bâches. C’est dommage parce que globalement ça marchait bien. »

Loïs Berrehar (Concarneau Entreprendre) : « Je suis content. Cette première place chez les Bizuths, elle fait plaisir surtout qu’on a eu des conditions hyper compliquées, avec beaucoup de transitions, des grains… Du coup, on a eu beaucoup de boulot, beaucoup de changements de voiles et beaucoup de retournements de situation… Pour une première, je ne me suis pas ennuyé. Je ne suis pas très bien parti mais le fait que ça se regroupe m’a permis de revenir dans le match. J’ai fait des bêtises, du coup j’ai explosé un spi. J’ai fait toute la course avec mon petit spi. Parfois, je me suis trouvé un peu handicapé. Heureusement, après Belle-Ile, on a fait pas mal de près. J’ai réussi à remonter 5e à un moment. C’était marrant mais lors du retour sous spi, j’ai un peu rongé mon frein. Au final, je suis content. C’était la première fois que je passais une nuit en mer. Ça m’a bien plu. »

Tanguy Le Turquais (Everial) : « Je suis content de la manière dont j’ai navigué. C’était une bonne course test pour valider un peu tout ce que j’ai fait cet hiver. Le résultat est un peu décevant mais quand c’est aléatoire comme ça, c’est parfois compliqué. En fait, ce qui a été dur, c’est que j’ai fait un bon coup à la fin et que j’ai pensé pouvoir terminer dans le Top 5 mais à la dernière bouée, j’ai perdu pas mal de places. Bref, comme toujours, en voile, tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie… Bien sûr, je suis un peu déçu du résultat mais ce n’est pas très grave. Le bilan est quand même positif. »

Anthony Marchand (Groupe Royer – Secours Populaire) : « Je suis un peu déçu, forcément. Le départ a été top. La première moitié du parcours jusqu’à Belle-Ile, pareil. C’est toujours énervant de voir sortir des gens d’on ne sait pas où juste à la fin, et de perdre toute son avance. Cela étant dit, ce que j’ai globalement pu voir sur cette Solo Maître CoQ est plutôt positif. J’ai la vitesse et je suis dans le coup d’une manière générale. Le hic, c’est que comme souvent, je n’ai pas beaucoup de réussite. C’est juste ça qui est décevant mais le facteur chance, je l’aurai sur la Solitaire. Les autres viennent tous d’utiliser leur joker ! (Rires) »

Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) : « Je crois que je n’ai jamais vu ça. D’habitude, quand je me fais doubler par quelqu’un, ça m’agace et là, les remixes au sein du classement étaient tellement fréquents, que j’ai un peu fini blasé. Le problème, c’est que les fichiers n’étaient pas bons du tout. Dans ce contexte, c’était évidemment compliqué de mettre en place une stratégie. Très rapidement, c’est parti par devant. Dès le sud de l’île de Ré, la flotte a commencé à s’étirer pas mal et les mètres se sont transformés en centaines de mètres. A l’arrivée, pour moi, le sentiment qui domine, c’est clairement la frustration. »

Nick Cherry (Redshift) : « Ça a été une course difficile. J’ai dormi deux heures lors de la première nuit et j’ai bu beaucoup de café mais j’ai explosé mon grand spi. Heureusement, j’ai quand même réussi à être assez rapide sous petit spi dans les vagues et j’ai fait une fin de parcours bien meilleure que mon entame. J’arrive bien fatigué mais j’ai passé du bon temps sur l’eau. A présent, je vais aller me reposer avant de tirer un bilan un peu plus approfondi de ma course. »

Classement général (après deux courses) :

  • 1. Alexis LOISON (CUSTOPOL) 10 pts ;
  • 2. Sébastien SIMON (Bretagne CMB Performance) 12 pts ;
  • 3. Xavier MACAIRE (Groupe SNEF) 16 pts ;
  • 4. Benjamin DUTREUX (SATECO - Team Vendée Formation) 22pts ;
  • 5. Vincent BIARNES (Baie de St Brieuc) 22 pts ;
  • 6. Charlie DALIN (Skipper Macif 2015) 26pts ;
  • 7. Anthony MARCHAND (Groupe ROYER - Secours Populaire) 27pts ;
  • 8. Pierre QUIROGA (Skipper Espoir CEM - CS) 28pts ;
  • 9. Erwan TABARLY (Armor-Lux) 29pts ;
  • 10. Gildas MAHE (Breizh Cola) 42pts ;

- Info presse www.solomaitrecoq.com
- Cartographie : http://www.solomaitrecoq.com/cartographie

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