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Volvo Ocean Race

Michel Desjoyeaux : "Mon rôle à bord sera chef de quart"

A 49 ans, il participera pour la quatrième fois de sa carrière au tour du monde en équipage

mercredi 10 septembre 2014Information Volvo Ocean Race

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En juillet dernier, Michel Desjoyeaux était officiellement annoncé comme coach de l’équipage espagnol mené par Iker Martinez pour la Volvo Ocean Race Volvo Ocean Race #VolvoOceanRace . Le marin le plus titré en solitaire sera finalement un peu plus que ça puisqu’il aura aussi un rôle clé à bord. Le double vainqueur du Vendée Globe, toujours partie prenante du projet Team France pour la Coupe de l’America, sera chef de quart sur plusieurs étapes.

A 49 ans, Desjoyeaux participera pour la quatrième fois de sa carrière à ce tour du monde en équipage, réputé comme l’une des compétitions sportives les plus dures du monde. Il y a fait ses débuts en tant qu’équipier sur l’édition 1985-86 à bord de Côte d’Or et est ensuite revenu en 1989 ainsi qu’en 1993.

Sur le plan sportif, Michel Desjoyeaux croit dans les chances de ce projet espagnol qui a terminé deuxième du Tour des Iles Britanniques début août. « Le projet s’est monté tard donc on n’a pas le choix, il faut aller vite » analyse Desjoyeaux. Il estime par ailleurs que l’avantage des équipages plus entraînés se résorbera au fil des étapes : « ce qui nous importe, c’est la courbe de progression ».

Avec la confirmation de l’embarquement de Michel Desjoyeaux, le bateau espagnol prend une forte coloration tricolore. Le figariste Nicolas Lunven a en effet été annoncé en tant que navigateur au début de l’été alors qu’Anthony Marchand, également figariste, vient d’être confirmé dans son rôle de régleur / barreur.

L’équipage espagnol compte 11 équipiers [1] (dont le reporter embarqué) qui cumulent 13 participations à la Volvo Ocean Race Volvo Ocean Race #VolvoOceanRace . Iker Martinez et Xabi Fernandez sont par ailleurs champions olympiques (2004) et médaillés d’argent (2008) en 49er alors que Rafael Trujillo est médaillé d’argent en Finn (2004).

Interview de Michel Desjoyeaux :

Peux-tu revenir sur ta présence dans Team Campos ?

Je suis arrivé dans ce dispositif à la demande d’Iker. Il est très occupé par le Nacra 17 (catamaran olympique, ndlr) et voulait quelqu’un qui aide Xabi. L’idée était surtout de réunir des expériences variées pour être efficace rapidement avec le nouveau bateau. L’équipe est composée de personnes qui doivent converger et ne pas rester monoculture. La règle du jeu est connue : c’est un projet monté tardivement. Nous allons nous appuyer sur toutes les expertises réunies au sein de l’équipe, sur l’expérience Telefonica et puis aussi sur la monotypie pour être efficace le plus vite possible.

Qu’est ce qui t’a poussé à accepter ce projet ?

Je connaissais Iker et Xabi puisqu’ils avaient loué mon ancien bateau pour la Barcelona World Race Barcelona World Race #barcelonaworldrace . J’apprécie vraiment leurs deux personnalités. J’avais eu beaucoup de propositions par le passé pour venir naviguer sur la Volvo Ocean Race Volvo Ocean Race #VolvoOceanRace sur une ou plusieurs étapes mais ça n’a jamais été possible pour des problèmes de timing. Là, être au démarrage du projet est quelque chose qui m’a plu. Cela tombait bien, c’est une belle opportunité. Etre capable d’être dans le coup tout de suite est un jeu intéressant ! Le projet s’est monté tard donc on n’a pas le choix, il faut aller vite. On n’a pas trainé dans la mise en route du bateau. Soit tu veux plus de temps et tu ne pars pas, soit tu acceptes le délai et tu te dis qu’à partir du moment où tout le monde a le même bateau, il y a moyen d’être dans le coup ! Nous savons qu’au départ, nous aurons des difficultés par rapport à des équipages plus entrainés. Mais ce qui nous importe, c’est la courbe de progression !

Mon rôle à bord sera chef de quart. Ce qui m’enthousiasme dans ce projet, ce sont les hommes et la mixité culturelle. On est un projet majoritairement espagnol mais il y a d’autres nationalités à bord et puis le monde de la Volvo Ocean Race est un monde très anglo-saxon. C’est intéressant sur plusieurs points, notamment sur le plan technologique. Les approches sont différentes et c’est ça qui m’intéresse. La Volvo Ocean Race, c’est aussi une bonne manière de s’imprégner de ce monde anglo-saxon pour Team France.

Justement, comment tu vas gérer les deux projets ?

La Volvo, c’est faire de la voile et apporter mon expérience de marin. Team France continue d’avancer. Beaucoup de gens s’investissent sur le projet et travaillent énormément pour que ça démarre. Je me rendrai disponible en partage de temps pour les deux projets.

Que penses-tu du nouveau bateau le Volvo Ocean 65 ?

La première fois qu’Iker a navigué dessus. Il est revenu inquiet en me disant : « Mich, tu crois qu’on a le bon bateau ? ». Ce à quoi j’ai répondu : « Mais bien sûr que nous avons le bon bateau. C’est de la monotypie et en plus le notre est rouge ! ». Cette monotypie, c’est une évolution. Le bateau est plus robuste que le Volvo 70. Il est un peu plus petit, beaucoup moins puissant mais répond aux exigences de fiabilité. Je ne suis pas un adepte de la monotypie à outrance mais c’est un schéma à l’anglo-saxonne intéressant. Je regarde tout cela et j’apprends. J’apprends tous les jours, je n’arrête pas !

Est-ce toi qui as choisi les Français qui font partie de l’équipage ?

Oui bien sûr, j’ai donné mon avis. Ce n’est pas par hasard si les deux de moins de 30 ans viennent de Port La Forêt (Anthony Marchand et Sam Goodchild) ! Car Sam, on peut presque considérer qu’il est français (rires) ! Et Iker connaissait déjà Nicolas Lunven. Le groupe est constitué pour moitié de personnes qui connaissent déjà la Volvo Ocean Rae et pour une autre part, de marins avec des expériences diversifiées. Avec ce nouveau bateau, l’équipage est moins nombreux mais de grande qualité liée notamment à cette diversité.

Comment vas-tu appliquer ton expérience du solo à l’équipage ?

Il y a donc trois marins de moins à bord par rapport à la dernière Volvo Ocean Race. Il va falloir trouver des solutions pour rester compétitifs avec moins de personnes à bord. Je pense que cela pourra notamment se jouer dans les manœuvres. Tout cela, c’est ma culture et je pense que je pourrais avoir un regard efficace là-dessus. Mais il faut garder en tête que le cadre est très strict puisque c’est de la monotypie. Cela rend les choses assez intéressantes !

Quel regard portes-tu sur le plateau ?

Il y a du bon niveau un peu partout dans chaque équipage. C’est compliqué de savoir qui seront les protagonistes de juin 2015. Mais c’est bien cela l’objectif ! Aujourd’hui, il y a trop de diversité en termes de préparation, de temps de navigation sur le bateau, … On ne joue pas dans la même cour. Mais ce n’est pas aujourd’hui que ça se joue. Encore une fois, c’est la courbe de progression que nous avons en tête.


Composition de l’équipage espagnol :

  • 1. Iker Martínez (ESP), skipper
  • 2. Nicolas Lunven (FRA), navigateur
  • 3. Xabi Fernández (ESP), chef de quart
  • 4. Michel Desjoyeaux (FRA), chef de quart
  • 5. André Fonseca “Bochecha” (BRA), chef de quart
  • 6. Rafa Trujillo (ESP), Regleur / Barreur
  • 7. Anthony Marchand (FRA), Regleur / Barreur*
  • 8. Antonio “Ñeti” Cuervas-Mons (ESP), Regleur
  • 9. Carlos Hernández (ESP), Regleur / numéro 1*.
  • 10. Sam Goodchild (GBR), Regleur / numéro 1*.
  • 11. Francisco Vignale (ARG), Reporter embarqué

* équipier de moins de 30 ans


[19 sont embarqués (inclus le reporter embarqué).



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