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Vendée Globe

Armel Le Cléac’h établit un nouveau record en 22j 23h 48mn

Le record de Vincent Riou en 2004 est battu de plus d’une journée

lundi 3 décembre 2012Information Vendée Globe

Plus que 50 milles environ pour être à la longitude du cap des Aiguilles qui marque la véritable porte de l’océan Indien. La portée symbolique du franchissement du méridien risque de ne pas sauter aux yeux des concurrents déjà obnubilés par leur prochain objectif, la porte de Crozet.

Si le record Record #sailingrecord de Jean Le Cam à l’équateur n’est pas tombé, celui de Bonne-Espérance a changé de propriétaire. Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) suivi comme son ombre par Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) et François Gabart (MACIF), a donc détrôné Vincent Riou, précédent détenteur du temps de référence entre les Sables d’Olonne et la pointe sud de l’Afrique. Mais pour le trio de tête engagé dans une bagarre d’une intensité peu commune, cette performance risque de rester anecdotique et ne prendra tout son sens qu’avec le recul. Leur préoccupation actuelle est double : d’une part, il s’agit de faire une vérification sérieuse d’un matériel fortement sollicité dans ces jours à hautes vitesses. De l’autre, il s’agit d’anticiper la meilleure trajectoire possible pour contourner un anticyclone qui semble vouloir prendre ses aises sur la porte de Crozet. Deux possibilités s’offrent à eux : tenter de couper au plus court pour rejoindre l’extrémité ouest de la porte et plonger ensuite dans le sud, ou tenter de contourner l’anticyclone par sa face méridionale pour rejoindre ensuite la pointe orientale de cette même porte. Dans le premier cas, le risque majeur est de se faire piéger dans les calmes. Dans le deuxième, les logiciels de routage préconisent une route très sud, qui ferait passer en plein milieu des champs d’icebergs repérés entre l’île Heard et l’archipel de Crozet. Personne n’est obligé d’être aussi radical et la part de liberté revendiquée de certains navigateurs va trouver là un terrain d’expression privilégié.

Derrière ce trio, Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) et Alex Thomson (Hugo Boss) tentent toujours de s’accrocher quand le groupe des quinquas perd régulièrement du terrain, puisque leur déficit s’est encore accru d’une centaine de milles en vingt-quatre heures. Petit à petit, Jean Le Cam (SynerCiel), Mike Golding (Gamesa) et Dominique Wavre (Mirabaud) sortent du système météo qui accompagne les leaders. Il faudra que cela tamponne par devant pour espérer revenir avant la sortie de l’océan Indien. Jean Le Cam hésitait, quant à lui, entre frustration de voir partir les hommes de tête et satisfaction de s’être dépêtré d’une situation autrement plus préoccupante. Pour ces marins, obsédés de la vitesse Vitesse #speedsailing au point de demander à quelques heures du départ, qu’un membre de leur équipe rafraichisse le nettoyage de la carène d’un coup de moquette amoureusement passé, naviguer avec un filet de pêche dans la quille n’est tout simplement pas concevable. Après avoir tout tenté, Jean a donc dû se résoudre à faire ce qu’il n’aurait jamais envisagé auparavant : se mettre à l’eau, plonger et attaquer le filet au couteau. Après un tel effort, on conçoit bien que le retard sur le groupe de tête apparaisse quelques instants comme anecdotique. Derrière eux, le vent semble revenir pour Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered), Arnaud Boissières (AKENA Vérandas) et Tanguy de Lamotte (Initiatives-cœur). Plus à l’ouest, Bertrand de Broc (Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets) recueille les premiers dividendes de son option avec des vitesses de plus de quinze nœuds.


Le 03/12 - 16h00

1 - Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) à 17873.1 milles de l’arrivée

2 - Jean Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) à 45.6 milles du leader

3 - François Gabart (MACIF) à 66.6 milles du leader

4 - Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) à 108.4 milles du leader

5 - Alex Thomson (Hugo Boss) à 187.9 milles du leader

Ils ont dit…

Quand on est à l’eau, on y est mais avant d’y aller, on se pose toutes les questions du monde. J’avais mis des vêtements de peau sous ma combinaison. Je n’ai même pas eu le temps de sentir le froid. Il faut bien réfléchir à la manœuvre avant, il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de se mettre à l’eau. Si on m’avait dit qu’un jour je plongerais dans les quarantièmes, j’aurais dit : « T’es dingue ou quoi ? » J’avais imaginé coucher le bateau mais on ne le couche pas comme ça. Quand je voyais que je n’y arrivais pas… Je voulais sortir le bulbe de l’eau, mais je n’y arrivais pas. J’ai essayé toutes les solutions avant de plonger. Donc à un moment, je me suis dit : « Soit tu plonge, soit tu te trimbales ce truc-là jusqu’à je ne sais pas quand. » Avoir un truc sur la quille comme ça, ce n’est pas humain. Une fois que c’était terminé, j’étais ému, content, mais content de chez content. J’étais soulagé, tout ce que vous voulez. Ce sont des moments où on est vraiment content, content, content.

Le plus gros moment d’angoisse c’était quand j’étais sous le bateau et que ça ne coupait pas. Donc j’ai essayé un par un et là ça coupait. Je me suis dit : « Il y en a cinquante et tu vas te faire les cinquante. » Et quand tu vois le filet qui se barre… C’est le bonheur le plus total. Tu passes du tout noir au tout blanc, il n’y a pas de gris. C’est du pur bonheur.

Jean Le Cam (FRA, SynerCiel)

Tout va bien. La mer est un petit peu agitée avec trois ou quatre mètres de creux. Le soleil est de retour après deux jours bien gris et humides. Là, c’est un peu plus calme, donc on en profite pour faire un tour du bateau pour vérifier qu’il n’y a rien d’anormal sur le mât, sur les voiles, sur le pont. Au passage du front la mer était un petit peu chaotique et au moment de ranger les voiles d’avant je me suis cogné mais ce n’est pas très grave. Je vais bientôt passer le cap de Bonne Espérance, je suis à moins de deux milles donc dans les dix minutes je l’aurai passé.

Armel Le Cléac’h (FRA, Banque Populaire)

Ça va super bien, j’ai retrouvé du vent depuis cette nuit. Il y a un peu de soleil et j’approche des mers du Sud, donc ce n’est que du bonheur. Les conditions sont plus adaptées pour faire du bateau à voiles. Je ne sais pas si c’est annonciateur de quelque chose, mais, hier, des dauphins ont tourné autour du bateau pendant quelques heures. (Sainte) Hélène m’a donné le temps de faire des vérifications dans le bateau. Je n’ai pas pu monter dans le mât à cause de la houle mais sinon j’ai tout vérifié. J’ai hâte du Grand Sud. J’ai déjà vu plein d’oiseaux et j’entends les autres parler des albatros, ça me tarde vraiment.

Arnaud Boissières (FRA, AKENA Vérandas)



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