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#FigaFoil #SolitaireUrgo

Pierre Leboucher : "J’aurais signé pour cette troisième place au départ les yeux fermés !"

vendredi 7 juin 2019Redaction SSS [Source RP]

Jeudi, peu après 20 heures et après une superbe bagarre avec Yoann Richomme et Tom Laperche jusque dans les dernières longueurs, Pierre Leboucher a bouclé les 540 milles du parcours du premier round de la 50e Solitaire Urgo Le Figaro entre Nantes et Kinsale en troisième position. Le skipper de Guyot environnement a ainsi signé son premier podium d’étape sur la reine des épreuves en solitaire et en monotype, avec un écart au vainqueur inférieur à quatre minutes après quatre jours et quatre nuits de course. Une course qui restera très certainement dans les annales du large tant elle a été riche en rebondissements et en suspense, et tant elle a créé des écarts.

Pierre, vous terminez troisième de cette première manche à seulement trois minutes et 47 secondes du grand vainqueur Yoann Richomme. Quel est le sentiment qui domine ?

« C’est cool ! Cool cool cool ! J’aurais signé pour cette troisième place au départ les yeux fermés ! Bien sûr, ça aurait pu être encore mieux mais c’est déjà très bien. Après le Fastnet, j’avais réussi à remonter deuxième et j’ai attaqué une dernière fois en espérant passer Yoann Richomme mais Tom Laperche m’a redoublé. Ça ne s’est pas joué à grand-chose. A peine quelques minutes. Quoi qu’il en soit, c’est top. Je suis super content de mes choix et de mes options. Le début de course a, certes, été un peu laborieux, mais j’ai réussi à me remettre dans le match après avoir connu quelques soucis sur le bateau. Dans les premiers milles, mon PC s’est mis à ne plus fonctionner. Privé de carto, j’ai donc débuté un peu à l’aveugle avant de me retrouver confronté à des problèmes de télécommande de pilote automatique. Heureusement, j’ai réussi à solutionner tout ça et à poser un peu le jeu à partir de Belle-Ile, même si j’ai fait toute l’étape avec une VHF qui ne marchait pas très bien ce qui m’a empêché de connaître les classements. J’ai donc fait ma course tout seul sans savoir où étaient les copains jusqu’au milieu de la mer d’Irlande. Je me suis souvent posé des questions mais j’ai fait mon truc et il se trouve que je l’ai plutôt bien fait. »

Cette étape au scénario pour le moins hallucinant a duré plus de quatre jours. Comment l’avez-vous vécue ?

« Lors de cette étape, bien qu’elle ait duré longtemps, on ne s’est pas ennuyé une seconde. Il y avait constamment des transitions, tout le temps des trucs à faire. J’ai réussi à me reposer pas mal malgré tout, et de ça je suis assez content car je n’arrive pas complètement cuit contrairement à ce qu’on pourrait penser. L’option que j’ai prise en mer Celtique a été assez naturelle pour moi. Je voulais aller dans le nord pour aller chercher la bascule du vent au nord justement. Je ne me suis posé aucune question et c’est d’autant plus vrai que comme je l’ai déjà dit, je n’avais aucune idée du positionnement des autres. »

A partir de quel moment avez-vous compris que ça sentait bon pour vous ?

« Je l’ai compris quand je me suis retrouvé trois milles derrière Yoann que je savais en tête, à environ 70 milles du Fastnet. Je ne pensais pas jouer le podium mais quand j’ai vu que c’était le cas, j’ai tout donné en sachant que finir 1er, 2e ou 3e était très bien dans tous les cas dans la mesure où les écarts étaient très faibles. C’est quand même ce qui compte avant tout dans une course au temps comme la Solitaire. »

Justement, à propos de temps, avec-vous conscience que cette étape risque de faire mal, voire très mal, à certains favoris ?

« C’est ce que l’on dit mais pour ma part, je n’en suis pas certain. Je ne pense pas que l’on puisse déjà enterrer certains concurrents même si les écarts semblent énormes. A mon sens, s’il y en a eu des aussi gros sur cette première manche, c’est qu’il peut aussi y en avoir des monstrueux sur les prochaines. Le nouveau bateau change pas mal la donne à ce niveau car la force et l’angle du vent ouvrent énormément le jeu. Pour moi, personne n’est cuit à ce stade de la course surtout que ceux qui sont aux fraises aujourd’hui vont attaquer comme des malades par la suite. Ça peut faire mal ».

- Info presse Rivacom



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