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Solitaire Afflelou Le Figaro • 2e étape

Michel Desjoyeaux s’élance en tête de Crosshaven

Les Figaristes en ordre de bataille de virements de bord sous l’Irlande

Monday 6 August 2007Information Solitaire du Figaro

Le départ de la 2e étape de La Solitaire Afflelou Le Figaro a été donné à 12h26 dans une atmosphère typiquement irlandaise entre grains pluvieux et trouées de soleil. Pour démarrer le menu de ces 344 milles de course, les coureurs commencent par une mise en bouche au près jusqu’au Fastnet, première grande marque de parcours qu’ils atteindront dans la nuit. Au pointage de 15h30, la flotte, emmenée par Michel Desjoyeaux (Foncia), tirait des bords dans 15 nœuds de sud-ouest, au niveau de la pointe de Kinsale

Les 50 solitaires ont quitté ce matin les pontons du Royal Cork Yacht Club sous un soleil bien disposé à adoucir le stress d’avant départ. A quelques heures du coup d’envoi, l’ambiance à terre était aussi contrastée que la luminosité sur la campagne de Crosshaven … Il y a d’abord toute la horde des heureux, comblés à l’idée d’aller flirter sous les côtes sud-irlandaises. Il y a les stressés, comme l’Anglais Nigel King (Nigel King Yachting) qui doit résoudre in extremis ses problèmes de hâle-bas de grand voile ou encore Gérald Véniard, impatient de consulter une dernière fois ses fichiers météo et qui confie « être anxieux comme d’habitude à chaque départ d’étape ». Et puis il y a les décontractés. Thierry Duprey du Vorsent (Domaine du Mont d’Arbois) reconnaissait n’avoir « jamais été aussi frais que ce matin, bien déterminé à se bagarrer pour remonter au classement bizuth ». Le leader Frédéric Duthil, arborait lui aussi un large sourire : « Je repars sans aucune pression. Je suis parfaitement détendu. Le fait d’avoir déjà remporté une étape, m’a complètement libéré ». Cela n’empêchera pas le skipper de Distinxion de prendre un départ plutôt médiocre.

Début de parcours rocambolesque

Les figaristes se sont élancés à 12h26, dans la pétole, après un premier rappel général. Ce parcours côtier de 5 milles s’est révélé d’emblée rocambolesque, avec un vent très perturbé sous les grains pluvieux, obligeant certains concurrents à envoyer leur spi pendant le bord de près, à tirer des bords sur le dog leg, quand d’autres étaient laissés sur le carreau, scotchés dans le calme plat. Michel Desjoyeaux prenait immédiatement l’ascendant, suivi du groupe de bateaux partis comme lui chercher les nuages près des côtes : Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier), Bertrand de Broc (Les Mousquetaires), Gildas Morvan (Cercle Vert), Marc Lepesqueux (Rapid’Flore Caen-La-Mer)…

Cinq milles plus tard, lorsque le double vainqueur de La Solitaire passe en tête la bouée Radio France, la hiérarchie est plus ou moins respectée, mais déjà, de grands écarts se sont créés. Jean-Pierre Nicol (Gavottes), le dernier à enrouler cette marque, accusait déjà un retard de 40 minutes.

L’enjeu : être dans le paquet de tête au Fastnet

Au classement de 15h30, la tendance n’était plus aussi nette, car les bateaux étaient répartis sur un axe nord-sud entre la terre et le large. Toujours aux commandes, le skipper de Foncia, naviguait à vue avec ses dauphins Marc Lepesqueux et Gildas Mahé. Contactés vers 16h00 au moment de passer la pointe de Kinsale, les marins se réjouissaient en tout cas de ces premières heures de navigation au près, sous le soleil dans un vent de sud-ouest de 15 nœuds, attendu au nord-ouest en fin d’après-midi.

Toutefois, la bataille de virements de bord jusqu’au Fastnet ne sera pas de tout repos comme le craignait Gérald Véniard avant de quitter les quais du RCYC. « D’ici au Fastnet ça va pas être l’autoroute ! Le vent va forcir d’un coup, on sera obligé de tirer des bords. Il y aura plusieurs changements de voile et tout ça va nous griller pas mal d’énergie ». C’est le prix à payer pour être le premier à envoyer son spi. A l’approche du fameux rocher cette nuit, les conditions vont en effet se durcir et les marins auront dès lors la sensation de naviguer en plein cliché. Ils hisseront leur spinnaker au milieu d’une mer très formée, dans des rafales de vent de plus de 25 nœuds.

Ils ont dit avant le départ

Ronan Treussart (Groupe Céléos) : « Je mets toujours tout en œuvre pour partir détendu, je fragmente la course par grandes phases et je me concentre sur chacune d’elle, les unes après les autres, ça me permet de n’avoir aucun stress. Jusqu’au Fastnet, il peut se passer des petites choses, il faudra être vigilant. Mais je suis relativement confiant, j’ai la vitesse que je n’avais pas l’an passé ».

Michel Desjoyeaux (Foncia) : « C’est typiquement le genre d’étape où on va voir si Foncia sous spi est un bon avion de chasse ou un avion de chasse normal. Car entre Fastnet et Ouessant, ce sera vitesse, vitesse et encore vitesse ! »

Thierry Chabagny (Brossard) : « Il y a toujours un peu de tension avant un départ. On aura peut être un empannage un peu chaud à faire après le Fastnet dans du vent soutenu et de nuit, il ne faudra pas le manquer. Quant au final dans la Rade de Brest Brest #brest , il peut tout redistribuer après le run sous spi entre le Fastnet et Ouessant. Si je connais la rade ? Et bien… moins que les Brestois, mais mieux que les Marseillais ! »

Antonio Pedro Da Cruz (Baîko) : « J’ai fait toute la première étape en panne de pilote automatique, ce qui est un gros handicap en solitaire. Alors là j’ai tout changé, des capteurs au vérin. Enfin je vais pouvoir lutter à armes égales de ce point de vue, donc je pars soulagé de ce souci et j’ai le moral regonflé. Et on va prendre du plaisir entre le Fastnet et Ouessant, il y aura de la glisse, des bonnes sensations. »

Paul Ó Riain (City Jet), le seul concurrent Irlandais : « J’ai passé pas mal de temps à naviguer dans le coin. La côte sud-ouest de l’Irlande et le Fastnet sont des endroits particuliers. On va tous apprécier de passer cette marque spectaculaire, avant de débouler sur la France. J’ai hâte de revenir en France. Les croissants, les pains au chocolat et les bons cafés me manquent, même si j’adore le petit déjeuner traditionnel irlandais ! Je suis en forme. Ma famille et mes amis sont venus me voir ici et leur soutien a été incroyable. »

Nicolas Lunven (Bostik) : « Je suis très en forme, on a eu le temps de bien se reposer. Les conditions devraient être sympa. Ce devrait être très agréable. Passer des heures à la barre au portant, je ne sais pas encore si ça me convient, mais j’ai beaucoup appris avec Oliver Krauss pendant Cap Istanbul Cap Istanbul #CapIstanbul et puis je pense que j’ai un très bon spi. Sinon, je ne vais pas jouer à contrôler mes adversaires (du classement bizuth). Ce serait une erreur parce qu’on est 15 bizuths parmi 50 autres concurrents. Je préfère faire une bonne étape plutôt que de faire 1er bizuth mais en 45e position. »


Classement à 16h (cap, vitesse, distance / 1er)
- 1 45 Desjoyeaux Michel Foncia 260 º 5.6 331.8 nm
- 2 70 Lepesqueux Marc Rapid’ Flore - Caen-La-Mer 259 º 5.5 0.1 nm
- 3 38 Mahe Gildas Le Comptoir Immobilier 257 º 5.1 0.1 nm
- 4 6 Morvan Gildas Cercle Vert 262 º 5.7 0.2 nm
- 5 80 Treussart Ronan Groupe Celeos 256 º 5.3 0.2 nm
- 6 55 de Broc Bertrand Les Mousquetaires 259 º 5.5 0.3 nm 06/08 15:30
- 7 7 Duthil Frédéric Distinxion 255 º 5.1 0.3 nm
- 8 92 Chabagny Thierry Brossard 228 º 4.5 0.4 nm
- 9 5 Troussel Nicolas Financo 248 º 5.1 0.4 nm
- 10 39 Wardley Liz Sojasun 246 º 5.0 0.4 nm

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