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Solitaire Afflelou Le Figaro

Christian Le Pape : "[Le Pôle] date de 1990, donc il y a 17 ans"

14 skippers engagés s’entraînent au pôle Finistère Course au Large

vendredi 27 juillet 2007Redaction SSS [Source RP]

Il y a des paris qu’on prend sans frémir et celui d’annoncer qu’un skipper estampillé « Finistère Course au Large » sera sur le podium de cette Solitaire Afflelou Le Figaro en fait partie. Il est même le fruit d’une arithmétique éprouvée puisque en 16 ans d’existence, il ne s’est pas passé une seule édition sans qu’un coureur du pôle ne fasse partie du tiercé gagnant. La victoire quant à elle n’a échappé aux hommes de Christian Le Pape, le directeur, qu’à 5 reprises…

Bien sûr, les résultats sont avant tout le fait du talent des skippers mais l’environnement Environnement favorable réuni autour du pôle tient une part non négligeable dans ces statistiques robustes comme une étrave de Figaro. « Le pôle est un élément du site de Port La Forêt, c’est un élément structurant, un lien entre toutes les composantes mais sur le site, il y a énormément de facteurs qui permettent à des coureurs de mener à bien leur projet. Il y a la partie sportive bien sûr mais également des chantiers, une structure portuaire très adaptée qui pourra bientôt accueillir dix monocoques 60 pieds. Tout est réuni pour que le skipper – chef de projet puisse piocher parmi toutes ces composantes et mettre en avant son propre style » explique celui qui est à la tête du seul pôle France course au large.

En un mot, Port La Forêt est le Chamonix de la course au large, un berceau qui tire sa légitimité d’une expérience inégalée et d’une philosophie : le groupe. Car dès les premiers instants, en 1991, le collectif a constitué le centre et la périphérie du projet finistérien. Il est même né de cette mutualisation des moyens et des idées autant que de l’apparition de ce nouveau monotype Monotype #sportboats prometteur : Le Figaro.

Pionnier, le pôle a accompagné la professionnalisation du sport et pris part à toutes ses aventures. Né avec le Figaro, « Port Laf’ » a depuis étendu ses activités aux trimarans ORMA, monocoques IMOCA Imoca #IMOCA et depuis peu aux Mini 6.50. Des skippers reconnus à l’image de Franck Cammas, Michel Desjoyeaux, Roland Jourdain, Vincent Riou ou Jean Le Cam y ont toujours leur rond de serviette et participent, dès que leur emploi du temps le permet, aux stages organisés. Ils symbolisent l’aspect pluridisciplinaire de la structure et la dynamique qui va de pair.

Mais avant de sortir ces stars du ring, le pôle s’est fait un nom par sa capacité de détection. Ainsi, le challenge Crédit Agricole offre pendant deux années un bateau sponsorisé à un coureur de moins de 25 ans. Franck Cammas, Sébastien Josse ou Yann Elies, ont un jour navigué à bord du bateau vert et blanc pour ensuite faire la carrière que l’on sait. Cette année, le sponsor historique se retire et la structure d’entraînement lui cherche un successeur. C’est donc à Christopher Pratt qu’il appartient de faire briller le label « Espoir Crédit Agricole » avant qu’il ne change de nom. Christopher fait partie de cette génération montante du Figaro au même titre que Corentin Douguet, nouveau figariste mais régatier renommé ou Nicolas Lunven, qui prendra son premier départ de Solitaire cette année.

Ces régatiers vont se confronter aux routiers que sont Michel Desjoyeaux, Gildas Morvan, Eric Drouglazet ou Nicolas Troussel, vainqueur l’an dernier. Sur l’eau, ils seront des concurrents comme les autres mais à terre ils auront en commun l’appartenance à un collectif. Ils partageront les conseils des cadres du pôle, Christian Le Pape, Loïc Ponceau ou Michaël Hédouis ainsi que les analyses météos de Jean-Luc Nélias. Un plus certain que Michel Desjoyeaux, deux fois vainqueur de la Solitaire résume dans son livre « L’enfant de la Vallée des Fous » : « un avantage technique mais surtout psychologique sur tous les autres figaristes ».

Dès mardi prochain, ils seront 14 skippers entraînés dans le sud Finistère à prendre le départ de la Solitaire Afflelou - Le Figaro. Ils ne pourront pas tous gagner cette année mais comme l’explique le directeur : « Tous ceux qui sont chez nous ont du talent. Il n’y a pas de mauvais ou de bons. Ce qui est important c’est le travail sur la durée et si on a le niveau, un jour ou l’autre, on y arrive. »

Interview de Christian Le Pape

La Solitaire et le pôle, c’est une grande histoire Histoire #histoire  ?

- Ça date de 1990, donc il y a 17 ans. A l’origine, c’était un essai, presque un pari d’entraîner collectivement des solitaires et il n’y avait pas grand monde à y croire. On disait que les skippers étaient des caractériels, très individualistes et que ça risquait de ne pas marcher. Mais ça a plutôt bien fonctionné dès les premières années et après, c’est monté en quantité et en qualité avec un groupe de plus en plus important.

L’histoire Histoire #histoire du pôle est aussi liée à ce nouveau monotype Monotype #sportboats apparu en 1990, le Figaro Bénéteau ?

- Avant l’arrivée du Figaro, les bateaux étaient des half-tonners, donc des prototypes assez différents les uns des autres. En règle générale, les gens qui avaient un budget assez élevé n’étaient pas les plus mauvais puisqu’ils avaient réussi à convaincre un sponsor de leur donner de l’argent. On ne pouvait pas faire la différence entre la part de l’humain et la part du technologique, donc entre l’argent et la valeur sportive. Ça nous intéressait bien de mettre en évidence les qualités humaines sur des régates à armes égales. D’une manière générale, c’était celui qui avait le plus de talent, qui avait le plus travaillé qui remportait l’épreuve. Cet aspect de morale sportive nous plaisait bien. De ce côté-là, ça a été une réussite.

Est-ce que l’on peut comparer le pôle à d’autres centres d’entraînements tels que Marcoussis pour le rugby ou Clairefontaine pour le foot ?

- Cette comparaison est surement trop prétentieuse par rapport à notre niveau de développement même si on a essayé depuis des années de créer sur un site l’environnement Environnement le plus favorable à la performance sportive en course au large. Le pôle représente un élément structurant de ce site de Port La Forêt en constituant un lien fort entre toutes ses composantes : les chantiers, les experts, une structure portuaire très adaptée qui pourra bientôt accueillir dix monocoques 60 pieds. Le Pôle assure la formation initiale et continue des 41 professionnels que nous accueillions en 2007.

- Tout est réuni pour que le skipper – chef de projet puisse se former aux fondamentaux de la course au large piocher parmi toutes ces composantes et mettre en avant son propre style (…). On laisse beaucoup d’autonomie aux gens tout en partageant des valeurs communes qui sont la solidarité, l’esprit d’équipe, le professionnalisme. On porte tous le même maillot. Si tout le monde ne peut pas gagner la Solitaire du Figaro Solitaire du Figaro #LaSolitaire la même année mais en faisant partie de ce groupe, on a plus de chance qu’ailleurs de la gagner. Les gens qui sont chez nous ne sont pas forcément techniquement meilleurs que les autres mais ils bénéficient d’une imprégnation permanente qui peut expliquer un niveau global plus élevé au bout de plusieurs années. S’ils veulent s’entraîner sur l’eau, physiquement ou mentalement, ils peuvent. S’ils cherchent de la documentation ou des conseils, ils les ont…

Quelle est l’ambiance entre les skippers du pôle qui sont tout de même concurrents ?

- C’est une ambiance respectueuse et qui reste assez conviviale. Quand on a commencé, certains coureurs considéraient qu’il n’y avait pas de place pour tout le monde et vivaient donc avec ce sentiment d’une rareté de la réussite, qu’il y aurait à la fin d’une saison plus de perdants que de gagnants. Les relations pouvaient donc être assez tendues par moment. Aujourd’hui, avec les résultats accumulés, l’appartenance à un groupe fort, les navigateurs se situent majoritairement dans un sentiment d’abondance avec un rapport d’échange plus "gagnant/gagnant" entre les membres de l’Equipe. Ils s’inscrivent plus dans la logique d’une carrière que dans le résultat immédiat sur une saison.

- Ils sont moins dans l’affrontement et nous aussi, l’encadrement, sommes sans doute plus sereins qu’il y a quelques années. Cette sérénité vient également de la longue pratique du haut niveau. A 25 ans, certains skippers ont déjà 15 ans de haut niveau derrière eux. Pour résister, ils ne peuvent être tout le temps dans l’agressivité.

Quelle est la particularité de l’équipe Port La Forêt 2007 ?

- Il y a un panachage, comme ça a toujours été le cas. Il y a d’un côté des gens d’expérience comme Michel Desjoyeaux qui vient pour gagner son troisième Figaro. Il s’est entraîné cet hiver et il transmet une énergie très forte. Je travaille avec lui depuis 17 ans et cette énergie n’a jamais diminué, c’est exemplaire. Il y a donc ce type de profil et des gens tout jeunes sans complexe et aussi très motivés. On n’a qu’un bizuth, Nicolas Lunven qui vient du match race, du Tour de France à la Voile, … Il a aussi beaucoup de pêche et peut faire un coup sur ce type d’épreuve. Après, on a des gens que je ne peux pas tous citer comme Gildas Morvan, Eric Drouglazet, Christopher Pratt, Jeanne Grégoire, Thierry Chabagny ou Nicolas Troussel qui se situent entre la longue expérience d’un Mich’ Desj’ et celle d’un bizuth comme Nicolas Lunven. C’est ce mélange là qui fait la force du groupe associé à une manière très professionnelle et rigoureuse d’appréhender la navigation en solitaire.

Info presse Effets Mer / pôle Finistère Course au Large


Voir en ligne : Plus d’infos : Site du pôle Finistère Course au Large



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