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#Imoca

Vendée-Arctique-les Sables d’Olonne : bagarre en tête de la flotte avec 5 IMOCA en moins de 8 milles

dimanche 12 juillet 2020Redaction SSS [Source RP]

Sur ce long bord tribord amures en route directe vers le waypoint Gallimard distant ce matin de 350 milles, la vie n’a rien d’un long fleuve tranquille. Le vent de sud-ouest est instable et s’essouffle depuis 4h ce matin. Au regard de l’intensité de la bagarre en tête de flotte avec 5 IMOCA Imoca #IMOCA en moins de 8 milles, les skippers sont sur le pont, aux changements de voiles et aux réglages. À la faveur, d’une risée Charlie Dalin (Apivia) a repris les commandes de la Vendée – Arctique – Les Sables d’Olonne à 6h devant Jérémie Beyou (Charal) et Thomas Ruyant (LinkedOut).

« Je suis sur le pont, je vois une demi-lune, il y a des étoiles dans le ciel, la lumière de la lune scintille sur les vaguelettes, horizon à 360°, juste l’océan ! Il y a les lueurs de l’aube qui commencent à poindre dans l’est. C’est magnifique. »

décrivait Sam Davies (Initiatives-Cœur) à la vacation de 5h ce matin. Dans ce décor magique, au très grand large du cap Lizard, les températures remontent doucement, le ciel s’éclaircit, ça sent le retour en terres connues. À un peu plus de 3 jours du final en Vendée, le suspense reste entier. Qui l’emportera ?

En retard à Gallimard, et sans doute un nouveau départ !

Si le passage du front a permis de bombarder à plus de 25 nœuds hier après-midi, depuis plusieurs heures, il faut négocier avec l’instabilité du vent en force et en direction. Une petite bulle a considérablement ralenti les ardeurs des foilers en pointe étalés en rang d’oignons sur 80 milles, d’Apivia le plus au sud à Seaexplorer – Yacht Club de Monaco le plus au nord. L’Allemand Boris Herrmann qui a connu hier une avarie de chariot de têtière de grand-voile continue à bien avancer sous voilure réduite. Les premiers sont attendus au dernier point de passage lundi dans la matinée, ce sera un poil plus tard qu’annoncé hier… Peu importe le timing, le moment sera crucial : le vent est annoncé aux abonnés absents, il y aura probablement un regroupement et un énième changement de leader (34 changements en tête de course depuis le départ !) avant de s’élancer sur la dernier ligne droite pleine balle au portant vers la ligne d’arrivée.

Pas de grand écart

Les quatre mousquetaires de l’arrière sur leurs anciens IMOCA Imoca #IMOCA à dérive poursuivent leur descente plein sud avec le même écart sur la tête de flotte : près de 250 milles ce matin entre Clément Giraud (Vers un monde sans sida) et Charlie Dalin (Apivia). Force est de constater que la route parcourue à ce jour par les quatre derniers IMOCA Imoca #IMOCA est plus courte que pour les premiers : 1 900 milles pour le plan Farr de 2006 (Clément Giraud) contre 2 400 pour le Verdier de 2019, LinkedOut. Pour le moment, la météo leur permet de couper le fromage, cela ne devrait pas durer !

ELLE A DIT

Samantha Davies - 5h10

J’ai un peu des courbatures partout car les dernières 24h ont été plus sportives. Là, ça glisse tout seul sous la lune. C’est une bonne nuit pour récupérer ! Ça vient de mollir. On a juste une dizaine de nœuds quasiment au près. Les dernières 24h étaient sportives depuis qu’on est sorti de la petite dorsale car il fallait enchaîner plusieurs changements de voiles. J’essaye de prendre soin de mon bateau alors j’essaye de ne pas naviguer trop surtoilée. En sortant de la dépression, je voulais tester mon bateau, parce que c’était des allures plus ouvertes, plus rapides, un peu plus « Vendée Globe » et là j’ai eu 2/3heures où ça bombardait avec une mer qui n’était pas très facile. C’était vraiment sympa parce que ça allait vite et j’ai pu bien tester le bateau. J’ai surveillé les capteurs et j’arrivais aux limites que je peux atteindre sur le bateau. Je me suis dit que c’était bien parce que ça correspondait à mes propres limites, celles de mon corps. C’est des moments vraiment sympas. Dans les moments plus difficiles il faut être bien installée dans le bateau pour subir ça. Là, je naviguais avec 1 ris dans la GV et mon gros J2.

C’est génial, ça fait tellement longtemps que j’attends de faire une vraie course en solo sur ce bateau, c’est le pur bonheur. Ce qui fait le bonheur aussi c’est que le bateau il marche, et là c’est un énorme merci à mon équipe. Il marche et je n’ai quasiment pas eu besoin d’ouvrir la boîte à outils ! Je peux me concentrer vraiment sur la navigation. C’est un plaisir de ne pas trop devoir penser au bateau, aux problèmes techniques et être seulement sur la navigation. Je suis dégoutée pour Isa elle ne mérite pas ça, elle faisait une super course. Son bateau est un peu comme le mien, on était un petit groupe avec Kevin et Boris avec ces anciens bateaux boostés. C’était vraiment une chouette bataille que l’on avait entre nous quatre, donc je suis vraiment dégoutée pour Isa. Elle va finir la course, je n’ai pas de doute. J’aurais voulu qu’on finisse notre bataille avec Boris et Kevin ! Je suis triste pour elle. Mais d’un côté c’est bien aussi, c’est pour ça que cette course est bien, c’est obligatoire de vraiment tester les bateaux avant le Vendée.

C’est dommage de n’avoir personne avec qui partager le paysage à bord en ce moment. Jusque-là, on a eu plutôt des nuages, un temps gris et là je suis sur le pont je vois une demi-lune. Il y a des étoiles dans le ciel, la lumière de la lune scintille sur les vaguelettes de la mer, il n’y a personne autour, horizon à 360°, juste l’océan ! Il y a les lueurs de l’aube qui commencent à se voir dans l’est.


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