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#Mini650

Les Sables - Les Açores : Jörg Riechers a remporté la 2e étape et François Jambou la course des protos

mardi 14 août 2018Redaction SSS [Source RP]

Si la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables s’est jouée majoritairement au près, la deuxième s’est, elle, déroulée au portant de bout au bout pour les leaders de la catégorie des Proto. Reste que si les deux manches ont été très différentes, en tête de flotte, ce sont une nouvelle fois les quatre mêmes marins qui ont animé les débats, en l’occurrence Jörg Riechers, Erwan Le Mené, Axel Tréhin et François Jambou.

Et c’est précisément dans cet ordre-là qu’ils ont bouclé, ce mardi, les 1 270 milles du deuxième round en moins de six jours. C’est dire si le rythme qu’ils ont imprimé a été élevé. C’est dire aussi si la bagarre a été belle. A l’arrivée ? Que des contents car si le premier s’est octroyé la victoire d’étape à la mi-journée, le deuxième s’est adjugé le titre de Champion de France de Course au Large 2018, le troisième a confirmé que son bateau, mis à l’eau il y a à peine deux mois, en avait sous le capot, et le quatrième a assuré sa place de premier au classement général. Leurs réactions à chaud.

Jörg Riechers (934 – Lilienthal), vainqueur de la 2e étape, 3 au général : « Enfin je gagne une course avec ce bateau ! J’avoue que ça me manquait un peu parce que depuis que j’ai ce prototype, j’ai fait des bons résultats, pas mal de podiums, mais je n’avais encore jamais décroché victoire quelle qu’elle soit, et ça commençait à me peser. Je me posais des questions, je me remettais un peu en cause… C’est une grande réussite car cette étape était vraiment dure, avec des conditions musclées. Clairement, c’est une première place qui fait du bien ! Je suis content surtout que dès le début, j’ai été privé d’informations parce que ma BLU ne marchait pas. J’ai fait toute la course sans connaitre ni la météo ni ma position. J’ai perdu Axel (Tréhin) et François (Jambou) au bout de deux jours sur l’AIS. Après ça, j’ai suivi mon routage et fait le maximum pour avancer vite. Je me suis dit que c’était ma dernière régate en Mini et qu’alors, tant pis si je cassais le bateau. J’ai bourriné d’autant plus que c’était ma dernière course sur le support et je ne voulais pas avoir de regret. Hier matin, je pensais que c’était peut-être la journée pour faire tomber le record Record #sailingrecord de Bertrand Delesne (304,9 milles parcourus en 24 heures, ndlr), mais non…. (Rires) En tous les cas, c’était bien. C’est une victoire qui fait plaisir et en plus, je termine 3e au général. Tout est cool ! »

Erwan Le Mené (800 – Rousseau Clôtures), 2e de la 2e étape, 2e au général et nouveau Champion du France de course au Large : « Le titre de Champion de France de Course au Large, ça, c’est fait et c’est cool ! Ça a été une super étape mais je suis un peu vert parce que le groupe électrogène que je fais réparer à Horta n’a marché que deux fois. Il y a eu une journée de soleil, ce qui a prolongé la vie de mes batteries parce que j’ai un panneau solaire volant de 100 watts, mais ensuite on a eu un temps couvert et je me suis retrouvé privé d’énergie. Je n’ai plus pu dormir et je n’avais plus de pilote pour manœuvrer, donc c’était chaud. Je pense que c’est ce qui fait que je ne peux pas défendre mes chances pleinement face à Jörg (Riechers). En même temps, quand je vois le rythme que j’ai mis, je me dis qu’il a vraiment bourriné. Je sais que les autres ont décroché un par un mais pas lui. Plus on était nord, plus on savait que ça allait envoyer. J’ai décidé de monter. Au classement, quand j’ai entendu que j’avais dégringolé, je me suis dit que c’était bon signe parce que ça voulait dire que les autres n’étaient pas sur la même option. Vingt-quatre heures après, j’avais récupéré la tête et j’étais bien content de mon coup. Au final, je n’ai pas eu si fort que ça : 30 nœuds maxi. J’ai hâte de voir la trace de Jörg parce que je ne sais pas par où il est passé pour faire une si belle course. Ça a vraiment été une étape de bûcheron. Franchement, c’était solide. J’ai envoyé un spi sur la ligne de départ et j’ai affalé à Nouch Sud. Il y a toujours eu une voile sur le bout-dehors ! Rentrer des Açores en moins de six jours, je ne suis pas sûr que beaucoup l’aient déjà fait en solo. Ça fait une belle satisfaction et clairement, aujourd’hui, mes repères de vitesse Vitesse #speedsailing du bateau ont changé. »

Axel Tréhin (945 – Tartine – Cherche du beurre), 3e de la 2e étape et 4e au général : « Comme lors de la manche aller, je termine 3e. Ça a été une très belle étape, avec des vitesses incroyables. Moi, j’ai fait 19,55 nœuds mais François (Jambou) a fait 22 ! Au final, je suis un peu vert parce que le troisième jour, j’ai constaté une voie d’eau et j’ai passé mon temps à écoper. Il y avait moyen d’aller plus vite, c’est sûr. Pour le record Record #sailingrecord des 24 heures, l’état de la mer ne s’y prêtait pas. En tous les cas, je suis content du bateau. Ce que j’ai vu lors de cette course me donne confiance. Pour le reste, je suis content. Finir 3e de cette étape, c’est bien surtout qu’hier, j’étais encore 5e. Au général, ce n’est pas hyper bien payé mais je prends ce qu’il y a à prendre. Le bateau a été mis à l’eau il y a à peine plus de deux mois alors une 4e place, ça me va. »

François Jambou (865 – Team BFR Marée Haute), 4e de la 2e étape et vainqueur au classement général : « J’avais réfléchi un peu à comment je voulais vivre cette étape. Soit j’allais chercher la victoire comme à l’aller et je savais que ce ne serait pas facile vu la concurrence, soit j’assurais la première place au général, ce que j’ai fait finalement. Je suis un peu déçu cependant, de ne pas avoir gardé la 3e place. Je n’ai pas vu venir Axel (Tréhin) à l’AIS. J’étais en mode « dodo-bannette » et je pensais que c’était réglé. C’est une erreur de débutant et ça m’apprendra. Le principal, c’est quand même d’avoir gagné la course. J’aurais signé pour ce scénario au départ alors je n’ai pas le droit de me plaindre. La course était belle avec une super escale aux Açores, mais aussi des conditions très complètes. Les gars qui gagnent ont super bien navigué et ça montre qu’il y a du jeu en Proto. Erwan (Le Mené) est champion de France, c’est complètement mérité et je suis content pour lui. Il a super bien navigué, il connait super bien son bateau. C’est vrai que le titre était quelque-chose qui pesait dans la balance aussi mais je n’oublie pas que c’est ma première saison en Proto. Mon bateau est facile à faire marcher mais il peut devenir absolument magique quand on connait les petites clés. J’ai encore du travail mais l’année prochaine, je vais démarrer la saison dans de bien meilleures conditions, c’est sûr ».

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